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lundi 27 juin 2022
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Komi Koutché, opposant béninois: ‘‘Emmanuel Macron gagnerait à engager un dialogue franc avec les autorités maliennes’’

L’ancien ministre Komi KOUTCHE, président la plate-forme d’opposition « S’engager pour le Bénin », qui était l’invité de RFI, ce mardi 22 février 2022, s’est exprimé sur la crise franco-malienne. Sur ce sujet, il a dénoncé ce qu’il qualifie de deux poids deux mesures de l’ex-puissance coloniale entre le Tchad et le Mali, deux pays dirigés par des militaires. De son avis, le président français a un traitement différent selon qu’il s’agit du Mali ou du Tchad. Par ce comportement, dit-il, on se rend compte que le président Emmanuel Macron se rapproche davantage d’un ordre incarné par les anciennes pratiques. «Emmanuel Macron gagnerait à engager un dialogue franc avec les autorités maliennes», a-t-il conseillé

A la question de savoir si le retrait de Barkhane et de Takouba du Mali était une bonne ou une mauvaise nouvelle pour notre pays et pour la sous-région, l’opposant béninois qui vit en exil, tranche.
«Je crois qu’il reviendrait à la France d’engager un dialogue constructif avec les autorités actuelles du Mali pour lutter contre le terrorisme, parce qu’on se rend compte que le président Emmanuel Macron se rapproche davantage d’un ordre incarné par les anciennes pratiques. Lorsque vous prenez le Mali aujourd’hui, l’argument fondamental qui est avancé, c’est le fait que les militaires veuillent se maintenir au pouvoir. Et vu sous cet angle, il y a un problème qui se pose parce que nous avons vu ailleurs des militaires au pouvoir qui sont pratiquement dans un schéma de mandat viager. Par exemple, au Tchad, le traitement n’a pas été le même.
Pourquoi ne fait-on pas une analyse détachée en se disant quelle est la solution que les militaires maliens apportent et en quoi on peut les soutenir tout en leur demandant de rester dans un agenda raisonnable ? », S’est interrogé Komi KOUTCHE.
Pour lui, il est clair aujourd’hui que le Mali et le Tchad ne sont pas traités à la même enseigne alors que les deux pays ont les mêmes caractéristiques, à savoir : des militaires au pouvoir.
Mais d’un côté, dit-il, nous voyons qu’il y a une bienveillance et de l’autre côté, nous voyons une certaine pression.
Selon lui, dans la plupart des pays, les peuples africains pensent que ce qui se joue au Mali est comme une question de dignité de la nouvelle Afrique.
«Je ne suis pas pour la présence des militaires au pouvoir, mais je crois que, pour un président comme le président Macron que nous continuerons de considérer comme le président de la rupture avec les anciennes pratiques, ce président gagnerait mieux à engager un dialogue franc avec les nouvelles autorités maliennes et à les amener à rester dans un agenda raisonnable qui puisse ouvrir la voie à la démocratie, plutôt que ce bras de fer qui est en cours. C’est cela qui rend la politique française un peu incompréhensible depuis un certain nombre d’années. Ce n’est pas seulement ce seul sujet. Le troisième mandat, c’est un coup d’État civil. Nous avons vu le traitement qui a été fait en Côte d’Ivoire. Nous avons vu le traitement qui a été fait en Guinée alors que c’est le même cas de figure. Il y a le président [Alassane] Ouattara et le président [Alpha] Condé, ces deux octogénaires qui se sont octroyés un troisième mandat dans les mêmes conditions. Mais la France a félicité le coup d’État civil de la Côte d’Ivoire et a désapprouvé celui de la Guinée. Il y a un problème de logique», a-t-il conclu.

Par Abdoulaye OUATTARA




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