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lundi 17 juin 2019
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La loi sur le quota des femmes: récompense électorale ou début d’une révolution ?

L’Assemblée nationale va statuer, en principe aujourd’hui, sur le projet de loi portant sur la représentativité des femmes dans les postes administratifs et électifs. L’initiative est un vieux combat que les activistes féministes mènent depuis des années pour augmenter le nombre des femmes dans les postes de prise de décision.

En effet, si depuis l’instauration de la démocratie dans notre pays, des femmes ont su peser de leur poids et s’affirmer en politique dans les mêmes portions que les hommes, cette couche de façon générale souffre de manque de promotion.
De l’instauration de la démocratie à nos jours, ce combat a beaucoup évolué ces derniers temps ; et il était d’ailleurs au cœur des promesses de campagne des candidats à l’élection présidentielle de 2013, à l’issue de laquelle IBK a été plébiscité avec plus 77 % de voix.
Ce qui prouve à suffisance que la lutte pour le quota et la parité des femmes restent toujours d’actualité surtout avec la saisine par le gouvernement d’un Projet de loi tendant à augmenter le nombre des femmes dans les postes de prises de décision à hauteur de 30 %.
Ainsi, le Projet de loi sur le quota des femmes marque la volonté du Président IBK de donner plus de voix aux femmes dans les postes politiques et électifs.
Aussi, le régime tient à ce texte parce qu’il en a fait un message de campagne électorale lors de la présidentielle de 2013, en vue de récompenser les femmes pour leur engagement et mobilisation pour le pays.
Au fait, l’objectif de ce Projet de loi, s’il est adopté, est d’octroyer ou réserver 30 % des postes politiques et électifs aux femmes.
Cependant, au-delà des considérations politiques, la loi sur le quota des femmes suscite des débats parce qu’elle devrait également nécessiter des corrections au niveau de certains textes de la République pour éviter d’autres polémiques. Des légalistes vont dire que l’adoption de ce texte serait contraire à la Constitution malienne du 25 février 1992, en son article 2, qui stipule:« Tous les Maliens naissent et demeurent libres et égaux en droits et en devoirs. Toute discrimination fondée sur l’origine sociale, la couleur, la langue, la race, le sexe, la religion et l’opinion politique est prohibée».
Pour des acteurs plus avertis, il ne suffit pas d’adopter un texte pour faire plaisir seulement aux féministes, mais de veiller à ce que cette loi soit respectée par la classe politique. D’autant plus que le constat, établi, indique que notre pays est l’un des États ayant de record dans l’adoption des textes dont leurs applications ont toujours posé des problèmes ou qui tombent dans la désuétude.
Il s’agit d’éviter que la lutte ne soit un combat inachevé ou un éternel rebondissement, comme c’était le cas en France, il y a quelques années, si la loi venait à être adoptée à l’Assemblée nationale.
Mais en attendant, l’adoption de ce projet de loi qui marquerait également le début d’une révolution avec son application, les chiffres, en la matière, sont peu reluisants. Pour preuve : au cours des récentes élections législatives 2013, sur 1141 candidatures déposées pour 147 places au parlement, seulement 156 candidatures féminines ont été enregistrées pour un résultat de 14 places à l’Assemblée nationale, après le second tour. Avec le décès de SIMPARA Oumou Simbo KEITA, elles ne sont plus que 13 femmes à l’hémicycle. Également, lors du dernier remaniement ministériel, sur 29 ministres, les femmes n’occupent que 3 portefeuilles.
Par Sikou BAH




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