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jeudi 22 juin 2017
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La Minusma, le Mali et la donne djihadiste: les regards tournés vers l’ONU

La décision de l’ONU attendue. Le regain de violence de la part des groupes terroristes et narcotrafiquants dont les desseins ne sont autres que le crime, le trafic et la barbarie, constitue aujourd‘hui une menace grave contre la paix et la sécurité, non seulement au Mali, mais aussi dans la région et le reste du monde. Quelles dispositions prendre pour éviter de compromettre l’objectif de restauration de la paix dans notre? Quel nouveau mandat pour la MINUSMA dont le dispositif sécuritaire actuel a atteint toutes ses limites?

Depuis avant-hier, 10 novembre, le Conseil de sécurité s’est saisi de plusieurs dossiers sensibles de l’actualité brulante, à travers le monde. Si la question humanitaire en Ukraine ou encore la nomination des membres d’une commission d’enquête interne chargée d’examiner les attaques menées contre des installations des Nations unies pendant la guerre qui a opposé cet été Israël au Hamas dans la bande de Gaza ont dominé les débats, il n’en demeure pas moins que la situation sécuritaire au nord du pays constitue également une préoccupation pour l’organisme onusien qui assiste ses soldats victimes d’attaques terroristes, à longueur des journées.

Au regard de la situation actuelle sur le terrain, force est de reconnaitre que ce qui était acquis est aujourd’hui hélas sérieusement compromis. Dès lors, il apparait nécessaire pour le conseil de sécurité de convenir de nouvelles approches permettant de faire face au terrorisme et à la criminalité transnationale, en vue de sécuriser le processus du dialogue inter-maliens inclusifs d’Alger en cours. Une décision qui se justifie par le fait que les évènements douloureux qu’a connus notre pays, en 2012, ont partiellement restreint ou totalement anéanti la présence de l’Etat dans certaines zones des régions nord de notre pays. Toutes choses qui ont fait que la communauté Internationale demeure fortement mobilisée aux côtés du Mali pour ramener la paix et restaurer l’autorité souveraine de l’Etat sur toute l’étendue du territoire.

C’est ainsi que la solution pacifique prônée par les hautes autorités du pays a abouti à la signature de l’accord de Ouagadougou, du 18 juin 2013, et à l’adoption par le Conseil de Sécurité des Nations-Unies des résolutions 2086, 2100 et 2164. Ces résolutions ont eu pour conséquence, le déploiement d’une force de stabilisation de la paix qui grâce à l’appui de l’opération française Serval, a momentanément permis d’éloigné les groupes terroristes et facilité le retour des forces de défense et de sécurité maliennes et de l’administration dans les centres urbains.

Toutefois, malgré la signature du Cessez-le-feu, du 23 mai 2014, et le début des pourparlers inclusifs inter maliens, le 16 juillet 2014, sous l’égide de l’Algérie, la situation sécuritaire dans la région de Kidal ne s’est pas améliorée. Elle a d’ailleurs continué à se dégrader avec les groupes armés qui ont adopté une logique de guerre larvée et d’expansion territoriale.

Si cet élan a été favorisé par la fin de la Mission SERVAL et le repli des unités maliennes au sud, ce qui a créé un vide sécuritaire, un autre constat a été que les récentes attaques terroristes dirigées contre les troupes de la MINUSMA et la Force Barkhane, ont montré à suffisance la complexité de la situation sécuritaire de notre pays.

Ainsi, dans le vide sécuritaire ainsi crée, la MINUSMA se retrouve donc seule à faire face dans les trois régions au retour offensif des djihadistes, subissant ainsi des attaques terroristes visant ses convois, ses positions et ses installations.

Voilà donc des raisons objectives qui mettent en évidence le fait que la MINUSMA ne se trouve plus dans sa mission maintien de la paix classique, puisque le dispositif sécuritaire actuel au centre duquel elle se trouve a atteint ses limites.

C’est partant de ces constats que notre pays, par la voix du ministre des Affaires étrangères, a indiqué la voie, à travers deux alternatives en vue de parvenir aux objectifs fixés.

Selon Abdoulaye DIOP, la première option serait de renforcer l’action de la MINUSMA sur le terrain en actionnant toutes les possibilités qu’offrent les paragraphes 12 et 13 du dispositif de la résolution 2164 sous le chapitre VII avec, notamment, le redéploiement des forces de la Mission au nord de la boucle du Niger et en particulier dans les zones sensibles; la révision des règles d’engagement pour les adapter aux conditions du terrain; l’amélioration des capacités des forces en matière de renseignement; en donnant plus de fermeté à l’exécution du mandat, en invitant plus particulièrement les troupes de la MINUSMA à répliquer énergiquement aux attaques terroristes et poursuivre, si besoin en était, les assaillants.

Enfin, les forces de la MINUSMA, a-t-il souhaité, doivent être dotées de moyens et d’effectifs leur permettant d’ériger une brigade d’intervention mixte, MINUSMA- BARKHANE- FAMA formée et équipée pour mieux faire face aux réalités actuelles du terrain et lutter contre le terrorisme et la criminalité organisée.

La deuxième alternative préconisée par le chef de la diplomatie, est de créer une force d’intervention rapide comme il l’a demandé à l’occasion de l’examen du premier rapport du secrétaire général des Nations-Unies au titre de la résolution 2164.

La pertinence de la mise en place de cette force n’est plus à démontrer et par conséquent, je réitère ma demande et lance un appel au conseil de sécurité afin que des dispositions urgentes soient prises pour qu’elle soit opérationnelle dans les meilleurs délais.

Une telle force pourrait être constituée de contingents nigériens, tchadiens aguerris et d’autres pays, qui ont fait leurs preuves sur le théâtre des opérations.

Dans l’un des deux cas qui sera privilégié par le conseil, il a souhaité l’implication des forces armées maliennes (FAMA) dans l’exécution de leurs missions.

Par Mohamed D. DIAWARA

 




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