Search
mercredi 22 novembre 2017
  • :
  • :

La solution alternative du Forum civique

Le Forum civique, en partenariat avec la Fondation Rosa Luxemburg d’Allemagne, à travers sa représentation Afrique de l’Ouest, à Dakar ; organise, depuis hier lundi, à l’Hôtel les Colibris de Bamako, un Colloque international sur les questions sécuritaires, les conflits en Afrique et leur gestion. Il s’agit d’une initiative visant à impliquer les Africains dans la gestion de leurs problèmes, les réponses jusque-là proposées ou imposées par les puissances étrangères ayant montré leurs limites.

La cérémonie d’ouverture des travaux qui était présidée par le directeur de cabinet du Premier ministre, Abraham BENGALY, a enregistré la présence du président du Forum civique, le Pr Issa N’DIAYE. On y notait également la présence du directeur de la représentation Afrique de l’Ouest de la Fondation Rosa Luxemburg, Claus Dieter KÖNIG, de Mme Chritine Buchhodz, député du Parti allemand de gauche, Die Linke; de Lilla CHOULI de la Fondation Gabriel PERRY, ainsi que des députés du Parti socialiste.

Le thème de ce colloque international qui va durer trois jours (17-18 et 19 novembre) porte sur: «Regards africains alternatifs sur les questions de sécurité, les conflits et leur gestion en Afrique: le cas du Mali».

Selon le président du Forum civique, ce colloque est une initiative qui vise à mener la réflexion sur les crises récurrentes qui secouent notre Continent, depuis les indépendances, par les Africains et les intellectuels venus d’autres horizons. L’Afrique, dit-il, est malade des interventions et des ingérences des puissances étrangères. Mais, ces interventions, n’ont jamais apporté la solution aux crises africaines. Pour Issa N’DIAYE, tout le monde est responsable de cette situation pour avoir été complice ou associé, à un moment donné.

«Depuis quelques années, les crises africaines et les questions de sécurité, notamment dans les pays du Sahel, ont fait l’objet d’analyses et d’offres de solutions, voire exclusivement de la part des pays occidentaux. Ces analyses, pour une large part, ont souligné principalement leur dimension ethnique et surtout religieuse sous le vocable djihadiste, voire terroriste», a-t-il regretté.

Les réponses proposées ou/et imposées ont conduit, dans la plupart des cas, à des interventions militaires des puissances extérieures parfois sous le mandat des Nations Unies, a-t-il souligné.

«La France en est ainsi à sa 55ème intervention militaire en Afrique, depuis les «indépendances» de 1960, parfois seule ou en coalition avec d’autres pays européens, l’OTAN et les USA.

Mais, au vu des résultats obtenus, l’échec est patent. Pire, ces interventions ont aggravé la situation, approfondi et multiplié les crises, élargi les zones d’insécurité, généralisé un peu partout les guerres civiles aux conséquences dramatiques pour les populations, l’instabilité politique permanente ou récurrente et la régression (politique, sociale, culturelle, morale et économique) qu’on tente vainement d’occulter par  des indicateurs partiels et en général, fallacieux et illusoires», a-t-il dénoncé.

Le directeur de cabinet du PM, M. BENGALY, a apprécié cette initiative qui arrive à un moment où notre continent abrite les plus grandes tensions. Au Mali, l’heure est à la pacification d’une crise qui a débuté, depuis 2012, avec l’élaboration du document de préaccord conclu entre les acteurs de la crise, à Alger. En prélude à la reprise des discussions pour la conclusion d’un accord définitif, le gouvernement a voulu sensibiliser l’ensemble des forces vives de la nation sur le contenu du document de préaccord, a indiqué M. BENGALY.

Il a souhaité que des conclusions pertinentes émergent de ce Colloque international qui regroupe des experts de la question sécuritaire et des responsables politiques.

Il faut noter que le rendez-vous réunit des experts et des spécialistes des questions de sécurité de la sous-région (Algérie, Burkina Faso, Côte d’Ivoire, Mauritanie, Niger, Sénégal, Tchad) ; des chercheurs et acteurs citoyens d’Europe. A ces experts de la sous-région, s’ajoutent ceux du Mali, des élus de Gauche allemande (Die Linke) également membres du Parlement européen, des élus maliens ainsi que diverses personnalités de la société civile, des syndicats, des partis politiques.

Par Sidi DAO

 




Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *