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jeudi 18 août 2022
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Droits des enfants au Mali: des violations systématiques

La 15e édition de Oxyjeunes qui se tient du 6 au 10 septembre, a été lancée, le lundi dernier, à Koulikoro, dans un contexte où le respect des droits des enfants est de plus en plus menacé à cause des crises sécuritaire et sanitaire dans le pays. Ces situations ont privé des milliers d’adolescents de leur droit à l’éducation, à la santé.

« La protection sociale dans un contexte de Covid-19 : quelle réponse à la vulnérabilité des enfants du Mali ? » est le thème de la 15e édition de Oxyjeunes dont les travaux ont démarré, le lundi dernier, sous la présidence du chef de Cabinet du ministère de l’Économie numérique, de l’information et de la modernisation de l’administration, Sambel Bana DIALLO.
À ses côtés, il y avait le gouverneur de la région de Koulikoro, Lamine K. SANOGO ; la représentante adjointe par intérim de l’UNICEF, Macoura OULARE; le président du Parlement des enfants, Nouhoum Chérif HAIDARA ; et le représentant du maire de la commune urbaine de la ville.
Une soixantaine d’enfants venus de toutes les régions prennent part à cette édition de 5 jours pendant lesquels, ils apprendront des techniques de journalisme, de dessin, de chant, de prise de photo… Ces activités constitueront pour les enfants des moyens d’expression en vue de faire des plaidoyers en faveur du respect de leurs droits.
« À travers des ateliers de dessin, de théâtre, de musique et contes, de slams, de poésie et photos, les enfants seront au cœur de la promotion de leurs droits. D’autres canaux tels que la radio, la vidéo et les médias sociaux seront à nouveau explorés comme à l’accoutumée », a indiqué le Président du Parlement des enfants.
L’édition se tient également dans un contexte sécuritaire et sanitaire difficile pour le pays, dont les conséquences affectent des acquis des droits des enfants. A cet effet, dans son intervention, le Président Nouhoum Chérif HAIDARA dresse un bilan alarmant en s’appuyant sur des chiffres préoccupants : « plus de la moitié des enfants au Mali, soit 55,8 %, souffre d’au moins de trois formes de privations (eau, hygiène et abri) ».
D’autres n’ont même pas le droit le plus élémentaire, à savoir avoir un certificat de naissance. Malgré les efforts, encore 1/2 n’a pas d’acte de naissance, s’est-il lamenté.
Cette situation précaire du respect des droits des enfants a été aggravée par la crise sanitaire liée à la Covid-19 qui bouleverse le monde avec son impact sur l’économie, la santé, le développement de nos pays.
Elle a empiré la vulnérabilité des enfants, a constaté le jeune HAIDARA. Ainsi, au cours de 2020, près de 4 millions d’enfants ont été affectés par les conséquences de la pandémie, en raison de la fermeture des écoles, a-t-il déclaré.
Pour lui, les enfants, surtout les plus défavorisés, sont les victimes silencieuses de ces crises.
Outre ces violations, un nombre important d’enfants souffre également de la malnutrition chronique, du mariage d’enfants, a ajouté le Président HAIDARA. En effet, selon de nombreux rapports, le Mali est l’un des pays en Afrique ayant le taux de prévalence de mariage d’enfants le plus élevé.
Cette pratique dénoncée par des organisations de défense et de protection des enfants est encouragée par la religion et la coutume du pays.
« Des initiatives sont en cours toujours pour augmenter l’âge de mariage des filles à 18 ans. Mais, il y a toujours les barrières de la religion et des coutumes », a indiqué la Présidente du conseil consultatif enfants et jeunes du Mali, Néné GOITA.
En réponse à certaines de ces difficultés, l’UNICEF apporte son appui à 32 500 ménages comprenant des femmes enceintes, allaitantes ou un enfant de moins de 2 ans par des transferts monétaires et 7 563 femmes de groupements économiques recevront également de l’argent direct.
Indirectement, plus de 70 000 femmes issues des groupements économiques seront pareillement sensibilisées sur les Pratiques Familiales Essentielles (PFE).
Pour la représentante adjointe par intérim de l’UNICEF, Macoura OULARE, c’est un geste important, mais insuffisant pour résoudre les problèmes auxquels les enfants sont confrontés. L’alternative crédible est de s’attaquer aux difficultés en profondeur.
En plus des questions liées à la protection des enfants, la présente édition de Oxyjeunes, espère-t-elle, sera un cadre de consolidation, de tolérance, de paix et d’unification du Mali.

Par Sikou BAH
Envoyé spécial




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