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mardi 19 septembre 2017
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Le crime de nos chefs religieux

Vilipendés et traités hier de tous les noms d’oiseaux pour certains pour avoir pris position en faveur d’un candidat, nos leaders religieux sont encore accusés, jetés en pâture et à la vindicte.
Leur unique crime : n’avoir pas donné raison à ceux qui estiment que seule devrait prévaloir dans le pays leur unique vérité, ceux qui estiment que la République ne devrait être que par eux et pour eux, ceux qui estiment que la Nation ne devrait respirer que suivant leur pulsions putschistes, ceux qui disent à cette révision constitutionnelle et pensent pouvoir instrumentaliser les plus crédules, notamment des mineurs pour renverser le Président IBK… afin de se faire une place au soleil de la Démocratie.
Hier, pour n’avoir pas obtenu leur soutien, ce sont les mêmes qui ont crié sur tous les toits à l’intrusion des religieux sur la scène politique. Ils ont décrété que LA DÉMOCRATIE ET LA RELIGION NE FAISAIENT PAS BON MENAGE. Ils sont allés loin en les accusant de connivence avec le Président IBK. Ils ont exigé que les religions restent en dehors de la sphère politique. Même si ces mêmes individus ne se privent pas de courir rejoindre ces mêmes chefs religieux pour quelques bénédictions ou à l’occasion de tenir leur meeting (en tout cas prendre la parole) dans les mosquées des leaders qui roulent pour eux.
Aujourd’hui, à la faveur de cette révision, ils ont commencé à s’en prendre à Chérif Ousmane Madani HAIDARA, le président du Groupement des leaders religieux pour être de mèche avec IBK dans cette affaire-là. Pourquoi ? Parce qu’IBK (et non le Mali) a construit une route reliant le village du Guide spirituel Tamani à Barouéli.
Après la position sans équivoque des chefs religieux que n’a-t-on pas entendu et lu sur les réseaux sociaux ? Des insultes de toutes sortes, simplement parce que, du haut de leur sagesse, les chefs religieux ont refusé de leur donner raison en demandant à IBK de retirer, selon leur desiderata, la loi constitutionnelle portant révision de la Constitution. Pour eux, c’est un crime de la part de nos religieux de ne pas être dans leur camp et d’afficher une position de neutralité dans cette affaire de référendum.
Que retenir de cette incohérence républicaine à l’égard des chefs religieux du Mali ? N’est-ce pas là une atteinte inacceptable à la liberté d’opinion et une intolérance inconcevable en démocratie ? Si chacun est libre de ses convictions en démocratie, pourquoi les chefs religieux n’ont-ils pas le droit d’avoir les leurs ? Peut-on décréter hier qu’ils ne doivent pas prendre position dans le débat politique et leur exiger aujourd’hui d’être dans un camp contre un autre ? Voilà la position de ceux qui disent se battre pour la démocratie dans notre pays. À moins que ce soit la démocratie selon leur bon vouloir et leur agenda inavouable ; une démocratie à géométrie variable.

Par Bertin DAKOUO




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