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mercredi 25 mai 2022
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le Gouvernement et le projet d’accord de paix et de réconciliation: la recherche d’un consensus national

Dans la perspective de la reprise prochaine des pourparlers inclusifs inter Maliens à Alger, le Gouvernement a organisé, le samedi 7 février 2015, au Centre International de Conférence de Bamako (CICB), une rencontre d’information et de concertation, avec les Forces vives de la Nation sur le « Projet d’Accord de paix et de réconciliation au Mali » soumis par l’Équipe de la Médiation aux différentes Parties. Objectif: échanger en profondeur et recueillir les suggestions et recommandations des Forces vives de la Nation sur ledit document afin de renforcer les capacités de négociations et d’améliorer le Mémorandum de la délégation gouvernementale.

La rencontre a réuni, ce jour, les représentants des partis politiques de la majorité et de l’opposition, les organisations de la société civile, les autorités traditionnelles et coutumières, les associations religieuses, les syndicats des travailleurs et les organismes de droit de l’homme.
Quant à l’opposition, elle a brillé par son absence en refusant de prendre part à la rencontre.
En organisant cette concertation, à la veille de la reprise du cinquième round des négociations dont certaines disent de toutes les dernières chances, le gouvernement entendait échanger en profondeur et de recueillir les suggestions et recommandations des forces vives de la nation sur la synthèse appelée projet d’accord de paix afin de renforcer les capacités de négociations de paix à Alger, qui, il faut le reconnaître ne fait pas l’unanimité au sein de l’opinion et de toutes composantes du pays.
C’est en cela aussi qu’il faut saluer la démarche des hautes autorités du pays qui, sans exclusion aucune, vise à impliquer toutes les couches dans ce processus qui va désormais engager le pays dans le futur.
Cette rencontre intervient à un jour seulement après que le ministre des Affaires étrangères, de l’intégration Africaine et de la coopération Internationale, ait reçu en audience, le vendredi 6 février 2015, les Ambassadeurs des cinq Pays membres permanents du Conseil de sécurité des Nations Unies (Chine, États-Unis, France, Royaume-Uni, Russie).
Au cours de l’audience, il a fait le point de la situation politico-sécuritaire au Nord du Pays suite aux derniers évènements survenus dans la zone et leurs répercussions sur les pourparlers inclusifs inter Maliens en cours en Alger.
En faisant une rétrospective du processus, le ministre DIOP a rappelé que c’est à la suite de la visite à Alger, du Président IBK que l’idée du processus d’Alger a pris corps, avec la mise en place d’un Comité bilatéral stratégique algéro-malien. S’en est suivi des contacts informels puis formels avec les groupes armés qui se sont constitués en deux blocs distincts : la Coordination des Mouvements de l’Azawad signataires de la Déclaration d’Alger du 9 juin 2014 et les Mouvements d’autodéfense signataires de la Plateforme d’Alger du 14 juin 2014.
Ces mouvements armés, a expliqué le chef de l’équipe gouvernementale, se sont engagés, avec le Gouvernement du Mali, à résoudre pacifiquement le conflit du nord à travers un accord global et définitif.
Lancé officiellement en juillet 2014 à Alger, le dialogue inter Maliens comporte trois phases.
La première phase s’est déroulée, du 16 au 24 juillet 2014. Elle a été conclue par l’adoption d’une « Déclaration de cessation des hostilités » et une « Feuille de route » des négociations.
La deuxième phase a commencé, le 1er septembre 2014, et devrait se poursuivre jusqu’à l’obtention d’un projet d’accord de paix accepté par toutes les Parties en pourparlers. Le mois de septembre a été consacré à des écoutes de toutes les Parties : Gouvernement du Mali, Coordination, Plateforme, Représentants de la Société civile et des Communautés nomades. À l’issue de ces écoutes, la Médiation internationale a soumis aux Parties, en octobre, un document intitulé « Éléments pour un accord pour la paix et la réconciliation au Mali ». Sur la base des observations préliminaires sur ce document, la Médiation a remis aux différentes Parties, en novembre, un « Projet d’Accord de paix et de réconciliation au Mali» qui devrait être discuté en ce mois de février 2015 ;
Quant à la troisième phase sera marquée, selon le ministre, par une cérémonie officielle de signature d’un Accord de paix global et définitif sur le territoire malien, Accord qui permettra au pays tout entier de se tourner vers la construction d’un État de paix, de sécurité, de stabilité et de prospérité, au bénéfice de toutes les composantes de la Nation malienne.
En entendant, le Gouvernement, dans le cadre d’un exercice de restitution qu’il a instauré, a conduit, en octobre 2014, de larges consultations, à Bamako et dans les régions, sur les « Éléments pour un accord pour la paix et la réconciliation au Mali ».
Il a aussi organisé, en novembre, un Atelier national qui a offert à plusieurs acteurs de la scène politique, administrative, sociale et culturelle, l’occasion de s’exprimer sur ce document de la Médiation.
C’est donc dans cet esprit d’inclusivité du processus de paix induit par les pertinentes résolutions du Conseil de sécurité des Nations Unies, l’Accord de Ouagadougou et la Feuille de Route d’Alger, qu’il a été décidé par l’équipe de médiation gouvernementale, d’engager l’exercice du samedi, dans l’esprit d’un débat national d’information, d’échanges et de concertations, qui a permis d’aboutir ensemble à une position nationale de consensus par rapport aux pourparlers ; à un renforcement de l’argumentaire global du Gouvernement qui viendrait conforter les capacités de négociations de la Délégation gouvernementale ; de créer et de consolider un environnement national plus serein autour des pourparlers ; mais surtout de parvenir à une meilleure compréhension du rôle et de la responsabilité de la communauté internationale dans le processus de paix en cours, en termes d’accompagnement et d’appui indispensables à la réalisation du futur accord de paix.
En s’adressant à ces interlocuteurs du jour, le chef de la délégation gouvernementale s’est dit convaincu d’une chose : « Parce que la paix a ses victoires non moins glorieuses que celles de la guerre, le Gouvernement de la République du Mali nourrit la ferme volonté d’aboutir, au terme du processus d’Alger, à un accord juste et équitable mettant fin définitivement au cycle des rébellions à répétition et permettant d’entamer véritablement la relance de construction du pays et tout particulièrement de la reconstruction des Régions de Tombouctou, de Gao et de Kidal détruites par la violence, la haine et la barbarie ».
C’est pourquoi, au-delà des inquiétudes exprimées ça et là, le ministre Abdoulqaye DIOP, a rassuré que le Projet d’accord de paix et de réconciliation soumis par la Médiation préserve bel et bien l’intégrité territoriale ainsi que les formes unitaire, républicaine et laïque de l’État malien.
Rappelant à juste titre la crise actuelle qui a infligé, aux populations du nord du Mali, les souffrances cumulées des attaques armées, de l’occupation terroriste et la destruction des infrastructures sociales de base ainsi que du patrimoine culturel, le ministre des Affaires étrangères a souligné que la gravité particulière de la crise impose aux Maliens, le devoir de rechercher des solutions novatrices et courageuses pour remédier à la situation et poursuivre la construction nationale pour le bonheur du peuple malien ; mais surtout, impose au gouvernement d’accélérer la cadence des pourparlers. Car chaque jour qui passe est un jour perdu pour la paix, la sécurité, la réconciliation et le développement du Mali.
Par Mohamed D. DIAWARA




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