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mardi 17 juillet 2018
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le Mali en deuil: 48 migrants périssent en méditerranée

Une fois n’est pas coutume. La mort vient hélas de frapper encore à notre porte, celle du pays tout entier. La mer Méditerranée aura encore englouti 48 de nos compatriotes le dimanche dernier. C’est le Gouvernement, à travers le ministère des Maliens de l’extérieur, qui l’annonce officiellement dans un communiqué en date du mardi 9 janvier 2018, dont nous avons reçue copie. Le département, qui présente ses profondes condoléances aux familles endeuillées, fait également état de 69 autres personnes qui se seraient sorties indemnes de ce naufrage lesquelles ont été identifiées, le 8 janvier 2018 par une délégation de l’Ambassade du Mali à Tripoli, au Centre de détention Tarick Sika.
Mis au parfun de la triste nouvelle, le Président de la République, après avoir incliné devant la mémoire des victimes, a ordonné hier lors du Conseil des ministres la mise en berne des drapeaux sur toute l’étendue du territoire national à partir de minuit le jeudi 11 au vendredi 12 janvier 2018 et a invité les communautés religieuses à organiser des prières collectives le vendredi, 12 janvier 2018 et jours suivants pour le repos de l’âme des disparus.
C’est un drame qui vient allonger la liste, déjà longue, des naufrages de migrants enregistrés de par le passé dans cette mer. Le pire, c’est que rien ne laisse espérer que ce sera le dernier. Bien au contraire. Ces genres de naufrages sont devenus tellement courants en Méditerranée qu’ils ont aujourd’hui tendance à être banalisés. Du moins, ils n’émeuvent plus grand monde. C’est comme si les gens, en entendant ces tristes nouvelles, se résignaient. Certes, il s’agit d’une situation très difficile pour le pays et les parents qui se voient chaque jour perdre les fils et les filles à mille lieux de la terre natale. Mais force est de reconnaître que les candidats à la migration n’ont plus peur de se lancer dans une telle aventure, dans l’espoir de rejoindre d’autres contrées où la vie serait meilleure. C’est la solution du désespoir. Ils sont tellement convaincus qu’ils n’ont pas de salut en dehors de l’Occident, notamment de l’Europe, qu’ils n’hésitent pas à braver les eaux, sur des embarcations de fortune, au risque de finir leur course dans le ventre des requins.
Ce qui n’est pas pour émouvoir outre mesure, les passeurs véreux. Mus par l’appât du gain, ce sont des gens sans foi ni loi qui se proposent d’aider les migrants, moyennant de l’argent, à opérer la traversée. Bien souvent, c’est lors des opérations de transbordement entre les embarcations de fortune et les bateaux, que se produisent les drames. La mauvaise qualité des bateaux utilisés ainsi que la surcharge sont aussi les principales causes de ces naufrages. Selon des témoignages, certains passeurs, pour une raison ou pour une autre, en viennent à faire couler une embarcation ou un bateau.
Aussi, tout se passe comme si l’Europe elle-même œuvrait à ce que les bateaux n’arrivent pas à bon port. L’opération Frontex s’est révélé une véritable hypocrisie.
Pourtant, la raison de ces départs est connue. Il s’agit de la mal gouvernance dans nos pays. En effet, c’est l’échec de bien des gouvernants à contrer le chômage des jeunes qui sont à l’origine de ces envies d’aller voir ailleurs. Condamnés à la précarité, à la misère, beaucoup finissent par se dire que rester, c’est mourir à coup sûr, alors qu’en partant, on se donne des chances de réussite. C’est pour cela que tant de jeunes Africains prennent le risque de traverser la Méditerranée.
En tout cas, cette tragédie du dimanche 7 janvier rappelle celle dont le pays a connu, il y a trois ans (le 19 Avril 2015) et qui reste encore vivace dans la mémoire collective. Il s’agit du naufrage d’un chalutier d’infortune dans la méditerranée aux larges de la Libye, lequel accident s’est soldé par la mort par noyade de 450 personnes sur les 700 occupants du navire dont 156 Maliens. Qualifié de tsunami par certains médias, ce drame était la pire des tragédies que le pays ait enregistrée.

Par Mohamed D. DIAWARA




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