Le ministre Ag Erlaf et les communales du 20 novembre: l’appel à l’esprit patriotique de la classe politique

26

Le ministre de l’Administration territoriale, de la décentralisation et de la réforme de l’État a présidé, hier lundi, les travaux de la réunion du cadre de concertation entre son département et les partis politiques, dans la salle de conférence dudit ministère. À l’ordre du jour de cette rencontre, le point des préparatifs des élections communales du 20 novembre prochain. Au cours de cette rencontre, Mohamed Ag ERLAF, a invité la classe politique à accompagner le gouvernement pour la bonne tenue du scrutin.

Pour entretenir la classe politique sur cette question, le ministre était entouré du président de la CENI, Mamadou DIAMOUTANI ; du délégué général aux élections, le général Siaka SANGARE ; le directeur général de l’administration générale du territoire, Allaye TESSOUGUE.
Les participants à cette rencontre ont souligné un certain nombre de difficultés d’ordre pratique et législatif liées à l’organisation du scrutin du 20 novembre.

Vive polémique
Au cours de ces échanges avec les responsables en charge de l’organisation des élections, les débats ont été dominés par le manque de clarté des textes régissant le scrutin du 20 novembre prochain. La difficulté majeure pour les acteurs politiques à ce niveau est de savoir s’ils doivent se conformer aux dispositions de l’ancienne loi électorale ou à celles de la nouvelle loi en vigueur depuis le 20 octobre 2016.
Sur ce point précis, le ministre Mohamed Ag ERLAF, a fait savoir que le collège a été convoqué sur la base de l’ancienne loi électorale. De même, la répartition des membres de la CENI actuelle a été faite sur les bases de l’ancienne loi, ainsi que la validation des listes des candidats pour les élections communales. Autres précisions de taille, les contentieux électoraux ont été tranchés sur la base des dispositions de l’ancienne loi.
Malgré ces explications, le ministre se dit incompétent pour dire laquelle des deux lois va régir les élections de novembre. La seule certitude, c’est que tout le processus a été piloté jusque-là avec les dispositions de l’ancienne loi, a souligné le ministre Erlaf.

Le bon sens
Pour mettre fin à la polémique, le ministre a invité les partis politiques à faire preuve de bon sens. Selon lui, il est clair que la nécessité d’organiser ces élections n’est plus à démontrer. Car, a dit le ministre, personne n’a intérêt à ce que ces élections ne se tiennent pas à la date prévue.
Mieux, a-t-il fait savoir, des partenaires techniques et financiers sont réticents à mettre la main à la poche en faveur des collectivités, à cause de cette situation.
C’est pourquoi le ministre a demandé aux partis politiques de faire des efforts pour mettre de côté les insuffisances constatées çà et là dans le processus électoral pour permettre aux élections de se tenir.
« Réfléchissons en hommes politiques et œuvrons ensemble à minimiser nos divergences. Certes, la loi a des insuffisances, mais cela ne doit pas nous empêcher d’aller aux élections », s’est-il défendu.
Autre préoccupation non moins importante soulignée par les participants, le manque de carte NINA pour beaucoup d’électeurs en âge de voter.
À ce niveau, la DGE a souligné que le fichier a été fait sur la base des données de la révision des listes électorales de 2015. Il a rappelé que la loi précise que tout électeur qui ne dispose pas de carte NINA ne peut pas voter, même s’il est inscrit sur une liste électorale.
Au cours de la rencontre, le Gal SANGARE a annoncé que les listes pourront être consultées par internet ou par SMS à partir du samedi prochain.

Tout est fin prêt
Faisant le point des préparatifs, le DGAT, Allaye TESSOUGUE, a souligné que tout est fin prêt pour le bon déroulement du scrutin. Selon lui, pour l’élection du 20 novembre prochain, nous avons 7 249 346 électeurs inscrits sur l’ensemble du territoire national répartis entre 21 737 bureaux de vote. Par rapport à ce budget, il a souligné que coût initialement prévu pour l’élection des conseillers communaux de ce 20 novembre 2016 est estimé à 12 028 042 000 F CFA. Ce montant a été revu à la baisse suite à la défection de certains partenaires financiers, et tourne aux environs de 10 milliards F CFA.
En outre, pour permettre aux nouveaux majeurs de voter suite à la révision annuelle des listes électorales de 2015, plus de 6000 nouvelles cartes NINA ont été personnalisées en 2016.
Selon le ministre, l’élection communale du 20 novembre aura lieu partout sur le territoire national à l’exception de 15 communes de la région de Ménaka, Gao, et Kidal, Taoudénit où il n’y a pas eu de candidatures.
Toutes ces informations données par DGAT ont été confirmées par la CENI au cours de la rencontre.
Abordant les aspects sécuritaires, le ministre annoncé qu’un accord est intervenu entre la MINUSMA, les groupes signataires et le gouvernement pour l’installation des autorités intérimaires avant le 15 novembre prochain. Cela doit permettre le retour de l’administration avant le jour des élections.
Il en est de même pour l’opérationnalisation du MOC.

Par Abdoulaye OUATTARA

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *