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lundi 22 octobre 2018
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Le ministre Tièman Hubert Coulibaly: « il n’y aura pas de transition en 2018 »

Le ministre de l’Administration territoriale était face à la presse, vendredi dernier, dans la salle de conférence de son département pour évoquer les efforts du Gouvernement concourant à la consolidation de la paix sociale dans le pays.

Au cours de cette rencontre avec les hommes de médias, Tièman Hubert COULIBALY, a annoncé que le Gouvernement prend l’engagement de respecter l’agenda électoral de 2018. Pour répondre à ceux qui émettent des doutes sur la capacité du gouvernement à organiser les élections présidentielles de 2018, le ministre soutient : «aucune transition n’est à l’ordre du jour en 2018 ; on ne peut pas décider volontairement de suspendre nos institutions».
Dans son exposé liminaire, il a fait l’état des lieux du processus électoral en cours. Les échanges ont aussi porté sur les sujets tels: l’opérationnalisation de nouvelles régions ; la matérialisation des frontières à la suite des affrontements frontaliers entre Maliens et Guinéens ; l’opération spéciale d’enrôlement de nouveaux majeurs ; et autres questions relatives aux efforts du Gouvernement dans le sens de la valorisation des données d’état civil ont été également évoquées.
Cette rencontre qui intervient au lendemain du report des élections de conseillers communaux, de cercles, de régions et du district du 17 décembre 2017 a été une occasion pour le ministre Tièman Hubert COULIBALY d’expliquer les raisons profondes cette décision du Gouvernement.
Cette conférence de presse est arrivée également à un moment où la décision du Gouvernement de reporter le scrutin fait polémique dans les milieux de l’Opposition politique. Accusé d’«incompétent» et d’«incapable» par l’Opposition, notamment par l’URD qui a réclamé son départ, le ministre Tièman a répondu, vendredi derniers, à tous ses détracteurs.
Selon lui, la convocation du collège électoral est la prérogative du Gouvernement, c’est aussi son droit de le reporter, s’il le juge nécessaire. Parlant justement de ce report, il a dit que le Gouvernement a pris une «décision sage», afin de donner la chance à tous les acteurs de participer au processus électoral. «Nous avons estimé que c’était bon pour le pays», a-t-il justifié.
Autre question polémique abordée par le ministre, lors de cette conférence de presse, lors d’une sortie médiatique récente l’opposition a exigé du Gouvernement l’établissement d’un «chronogramme clair et précis» pour les élections de 2018. Aussi, les Partis de l’Opposition soupçonnent le Gouvernement de vouloir reporter également l’élection présidentielle pour «maintenir le président IBK au pouvoir» au-delà de la période légale prévue. A la faveur de cette conférence de presse, le ministre COULIBALY a rassuré les Maliens et les partenaires du Mali quant à la volonté du Gouvernement à organiser ces élections aux dates prévues.
Le ministre de l’Administration territoriale, Tièman Hubert COULIBALY a rassuré tout le monde. «Il n’y a aucun agenda caché. Toutes les échéances électorales prévues pour 2018 auront bien lieu sauf si elles menacent la pacification du pays.», a-t-il dit.
Par la même occasion, il a répondu à ceux qui émettent des doutes sur les capacités du Gouvernement d’organiser les élections présidentielles de 2018 compte tenu du contexte sécuritaire préoccupant. Le ministre COULIBALY a rappelé que même dans les pays comme l’Irak, la Syrie, épicentre du terrorisme mondial, il a été possible d’organiser des élections. Pour lever toute équivoque, Tièman Hubert COULIBALY a dit : «aucune transition n’est à l’ordre du jour en 2018 ; on ne peut pas décider volontairement de suspendre nos institutions». Et en tant qu’acteur de la dernière transition qu’a connue notre pays en 2012,
il a affirmé, en connaissance de cause, qu’aucune transition ne peut faire les affaires du Mali dans le contexte actuel. «Nous avons été obligé d’écourter cette transition pour permettre au pays d’ouvrir les chantiers de la paix», a-t-il confié à la presse.
Selon lui, les régionales ont été reportées pour obtenir un consensus, afin d’organiser des élections inclusives dans un climat apaisé. «L’organisation d’une élection n’est pas difficile pour le Mali, car nous avons une pratique démocratique reconnue sur le plan international. Par contre, c’est sa réussite qui est un pari important pour nous. C’est pourquoi, nous avons reporté les régionales après une large concertation avec toutes les couches sociales et politiques », a-t-il clarifié.
Avant d’ajouter que la tenue d’élections crédibles, transparentes et inclusives permettra au pays de poursuivre son combat contre le terrorisme et d’assurer un développement harmonieux. «Ce n’est pas parce qu’il y a des terroristes au centre ou au nord du pays que nous allons refuser d’organiser des élections. Non, au contraire, nous le faisons pour renforcer davantage notre administration et nos institutions afin de mieux faire face à ces défis sécuritaires », a-t-il précisé.
Par ailleurs, le ministre de l’Administration territoriale est revenu sur les récents évènements tragiques survenus à la frontière Mali-Guinée. Occasion pour lui de rappeler sa rencontre avec son homologue guinéen pour maintenir l’harmonie entre les deux villages voisins à la frontière. «Le Mali et la Guinée Conakry sont deux pays frères sur le plan historique et géographique. Avec mon homologue guinéen, nous avons animé des débats publics dans les deux villages frontaliers pour rétablir la cohésion sociale qui a toujours existé entre les deux peuples frères de cette zone. Nous travaillerons davantage pour rétablir ces liens », a-t-il ajouté.
Sur le plan politique, il a surtout insisté sur le processus de délimitation des frontières, afin de faciliter leur sécurisation et de garantir l’entente, l’harmonie et la cohésion sociale dans les localités. «L’idée n’est pas de séparer les gens, mais de consolider les liens à travers une meilleure organisation et délimitation des frontières comme c’est le cas avec la République frère d’Algérie et le Burkina Faso », a-t-il indiqué.
En ce qui concerne l’opérationnalisation des nouvelles régions, M. COULIBALY assure que le Gouvernement tiendra tous ses engagements. «Nous allons travailler sur un plan annuel qui consiste à opérationnaliser trois régions par an. Le processus a commencé et nous allons avancer doucement ? mais sûrement », a-t-il promis.

Par Abdoulaye OUATTARA




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