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jeudi 22 juin 2017
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Le ministre Tiémoko à propos des activités de l’Orpaillage traditionnel: ‘il n’est pas exclu qu’une partie de la production finance le terrorisme »

En parlant de la sécurité, l’un des quatre défis auxquels fait face l’orpaillage, le ministre des Mines, Pr Tiémoko SANGARE, a fait savoir qu’il n’est pas exclu qu’une partie de la production d’or serve à financer les activités terroristes. C’était au cours du briefing traditionnel organisé par le porte-parole du Gouvernement, Abdel Karim KONATE, qui avait également invité le ministre de la Décentralisation et de la fiscalité locale, Alassane Ag Mohamed Moussa, pour parler de trois projets de loi.

Pour M. SANGARE, il s’agissait d’expliquer la communication verbale qu’il a eu à faire au cours du Conseil des ministres de mercredi dernier relativement à la fermeture de l’orpaillage pendant l’hivernage. La période concernée s’étendant du 15 juin au 30 septembre. Il a rappelé que sous la 1re République, cette fermeture était systématique. Après une période de relâchement, a-t-il poursuivi, il y a eu un arrêté interministériel réactivant la mesure d’interdiction de l’orpaillage en période pluvieuse.
Le ministre a énoncé les raisons qui sous-tendent cette mesure.
Il s’agit d’abord du risque accru qui entoure l’activité pendant l’hivernage. Et les tranchées deviennent humides, avec des risques d’éboulement, et il peut y avoir des inondations. À titre de rappel, le ministre a fait savoir qu’il y a eu une trentaine de morts, de 2010 à nos jours, pour ce qui a été déclaré.
Il s’agit ensuite de contrer l’afflux massif des jeunes pendant l’hivernage, privant les villages de bras valides pour les champs. Un afflux qui augmente le risque de famine pour lesdits villages, alors qu’il n’est pas évident que le manque à gagner puisse être comblé.
Selon le ministre, l’orpaillage représente 4 défis : environnemental, social, économique et sécuritaire. Pour le dernier, il a fait savoir qu’en raison de l’embrouillamini dans lequel se trouve le pays du point de vue sécuritaire, il n’est pas exclu qu’une partie de la production d’or finance les activités terroristes. D’où une nécessaire vigilance.
En ce qui est du défi économique, selon le ministre SANGARE, l’orpaillage a connu une croissante exorbitante ces dernières années sans que cela ne puisse être quantifiable. Aussi a-t-il annoncé l’installation de comptoirs par lesquels passera la production. Ce qui permettra d’avoir plus de visibilité.
Pour qui est de l’application de la mesure de fermeture de l’orpaillage, le ministre compte sur l’adhésion des orpailleurs.
«Mon intention est de ne pas avoir à recourir aux forces régaliennes de l’État. La clé de la situation est l’adhésion de la situation », a-t-il fait savoir. C’est pourquoi, a-t-il indiqué, il a pris contact avec la Fédération des orpailleurs qui a pris part à trois missions à Kangaba, Yanfolila et Kéniéba pour sensibiliser les orpailleurs.
À Kangaba, le ministre a eu l’agréable surprise de constater la prise de conscience des orpailleurs de la pertinence de la mesure de fermeture et, qui pour marquer leur adhésion, ont symboliquement déposé leur matériel d’orpaillage.
Pour terminer, le Pr SANGARE a soulevé une préoccupation majeure concernant les dragues qui prolifèrent dans l’illégalité et qui polluent dangereusement les fleuves.
Le ministère des Mines étant le seul à délivrer les autorisations, une correspondance a été adressée aux gouverneurs les invitant au strict respect de cette disposition. Alors que seulement 22 dragues sont autorisées par le ministère des Mines, il y a en réalité environ 4 000, a révélé M. SANGARE.
Le ministre de la Décentralisation et de la fiscalité locale, Alassane Ag Mohamed Moussa, pour sa part, a présenté trois projets de loi adoptés en Conseil des ministres.
Le premier, a-t-il rappelé, détermine les conditions de la libre administration des collectivités territoriales.
Selon Alassane Ag Mohamed Moussa, depuis les états généraux sur la décentralisation, il y a eu des échanges approfondis. Avec la signature de l’Accord pour la paix et la réconciliation, a-t-il poursuivi, il est apparu nécessaire de prendre en compte certaines préoccupations.
Les innovations qu’apporte le projet de loi, a-t-il soutenu, concernent la typologie des collectivités territoriales; les modalités de transfert des services déconcentrés de l’Etat aux collectivités territoriales et l’institution de comités consultatifs de sécurité au niveau régional et local. Il réaménage également les modalités de contrôle des actes des collectivités territoriales à travers, notamment, le recentrage du dispositif de contrôle autour des représentants de l’État.
Le deuxième projet de loi, qui porte sur le Code des Collectivités territoriales, consacre d’importants changements ou innovations concernant: l’introduction du suffrage universel direct pour l’élection des membres des conseils de cercle et c’est la tête de la liste majoritaire (même relative) qui devient président ; la définition des principes fondamentaux du droit budgétaire et comptable applicable aux collectivités territoriales ; et la précision des attributions et responsabilités des principaux acteurs de l’exécution des budgets des collectivités territoriales.
Ledit projet de loi détermine également les modalités pratiques de l’appui-conseil des représentants de l’État aux collectivités territoriales ; définit les missions de la Police administrative et fixe le cadre de mise en œuvre du débat public et des consultations villageoises.
Le ministre a précisé que la Police administrative ne fait qu’exécuter les décisions du Conseil. À ce titre, elle est un complément de la Police nationale, a assuré le ministre.
Le projet de loi adopté s’inscrit, en outre, dans le cadre de la transposition de la Directive n°01/2011/CM/UEMOA du 24 juin 2011 portant régime financier des collectivités territoriales au sein de l’UEMOA.
Le dernier projet de loi est relatif au Statut particulier du District de Bamako. Il transfère le contrôle de la collectivité District au ministre chargé des Collectivités territoriales et celui des communes aux représentants de l’État dans le District. Il y a l’introduction du suffrage universel direct pour l’élection des conseillers du District et le nombre des adjoints passe de 2 à 5.

Par Bertin DAKOUO




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