Le parena et l’Affaire Adama Traoré: l’indécence morale du Parena

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Récupération du deuil d’Adama TRAORE, comme fonds de commerce politique, voilà la brèche pour le Parena de se lâcher contre un gouvernement, pris, selon lui, au piège de la « bavure ». Le parti du Bélier blanc, dans son rôle d’invectives, en tant que parti d’opposant, serait passé inaperçu dans cette nouvelle sortie hasardeuse contre le gouvernement s’il n’avait pas lui-même commis l’impair, celui d’ignorer complètement, en cette circonstance de deuil, de présenter les condoléances à la famille endeuillée pour le décès d’un des leurs. En jouant sur le sentiment d’une famille attristée, dans le seul but jeter l’opprobre sur le gouvernement et le régime d’IBK, le Parena se fait hara-kiri, en choquant l’opinion pour une telle ignominie, synonyme, chez nous, de déchéance morale.

Mardi 19 juillet, le monde entier apprend qu’Adama Traoré, franco-malien, le jour de ses 24 ans, s’éteint, suite à une interpellation de la police, endeuillant toute une famille, tout d’un pays, sur fond de vive polémique, déclenchée, depuis Paris, relativement aux circonstances troubles du décès du jeune TRAORE. La famille du défunt, écœurée par la tournure des événements sur la mort du jeune Adama TRAORE, a juste réclamé justice afin que le flou soit dissipé sur la tragédie qu’elle a vécue. Vendredi 22 juillet se tenait une marche à Beaumont-sur-Oise, en France, pour faire résonner le nom d’Adama TRAORE encore un peu plus fort dans le but d’alerter les consciences civilisées sur le cas de ce jeune homme, décédé à la fleur de l’âge. Une manifestation calme, fière et digne, en témoignage du soutien pour dénoncer l’inacceptable.
La mort du jeune franco-malien, assimilée à une « bavure » policière, par ses proches, a entraîné, en France, deux plaintes déposées par la famille qui dénonce l’attitude des forces de l’ordre pendant et après l’arrestation de la victime. Transporté au pays de ses parents, le Mali, le corps d’Adama TRAORE a été enterré le 7 août à de Bamako, en présence de plusieurs membres de sa famille, les amis et proches et des citoyens anonymes.
Chasser le naturel, il revient au galop. Le Parena, qui se complait, chaque fois que l’occasion se présente à lui, dans les invectives politiques à l’encontre du gouvernement et du régime d’IBK, y compris dans les tristes situations, comme ce drame vécu par une famille malienne, n’a pas dérogé à sa réputation justicière, en se lâchant sur ses éternels proies politiques. Mais, cette fois-ci, le Bélier Blanc, dans la récupération politique enragée, dont il a le secret, autour de ce drame familial, et même national (en tout cas c’est vécu comme tel par beaucoup de Maliens), oublie de s’incliner sur la mémoire du jeune disparu, en présentant religieusement les condoléances, comme il se doit, en pareil deuil, à la famille endeuillée. Il est de bon ton, pour un parti d’opposant, de s’égosiller sur les supposées indélicatesses du gouvernement, mais de là à ignorer également de s’acquitter d’un devoir moral, qui convient à nos us et coutumes, le Parena de Tiébilé DRAME est tombé dans la bassesse culturelle et morale. Un oubli inconvenant à notre tradition et une grosse entorse à notre savoir-vivre légendaire qui demande toujours, avant toute chose, que l’on partage et compatisse à la douleur d’une famille endeuillée, avant d’exprimer quelles que émotions que ce soient sur les circonstances de cette mort naturelle ou accidentelle.
Hélas ! Les vertus de la bienséance et du respect de la tradition, le Bélier blanc n’en a cure, pourvu que la charge de l’invective politique, dont il veut asséner les coups sur le gouvernement et le régime d’IBK, atteignent sa cible. Obnubilé par son désir de relever sa côte politique, au plus bas, depuis le scandale des factures d’eau et d’électricité ayant éclaboussé son leader, Tiébilé Dramé (le citoyen malien qui ne paye pas ses factures), le Bélier blanc a cru bon d’incriminer le gouvernement dans un communiqué laconique, au ton outrancier, en commettant lui-même cette faute imparable, celle de négliger de présenter ses condoléances à la famille et prier pour le repos de l’âme de la victime.
Le fait que le communiqué du Parena émane de sa branche juvénile (les jeunes du parti), ne le dédouane pas de l’observation stricte des règles de civilité et de la convenance culturelle d’autant qu’il s’agit de la douleur d’une famille, voire de tout un pays. Plutôt que de faire l’avocat du diable, en déchargeant sur le gouvernement ce feu roulant de critiques et d’invectives, les règles de la civilité recommandaient aux responsables du Bélier blanc, en pareil deuil familial, de partager la douleur des parents d’Adama TRAORE. C’est de cette manière que l’on retrouve le respect dû à nos morts
Loin de dédouaner le gouvernement qui s’est pataugé dans un dérapage communicationnel (d’ailleurs vite réparé par le président IBK qui a reçu la famille de la victime), il nous paraissait décent, pour le Parena, de s’incliner, dans le communiqué de dénonciation qu’il a publié contre le gouvernement, sur la mémoire de la victime. Ce qui aurait pu soulager la souffrance de la famille endeuillée. Nulle autre attitude, en dehors de celle-là, allant dans le sens de la décence et l’humilité face à la souffrance d’Adama TRAORE, de la part du Parena, quoique pourfendeur politique attitré, peut être assimilable à une dangereuse outrance verbale à l’égard de la mort. Si le communiqué du gouvernement a suscité une vive polémique au sein de la diaspora malienne, le Parena, lui, non plus, ne fait pas honneur à la tradition et à la culture de notre pays, en négligeant de s’incliner sur la mémoire d’un défunt, au sujet duquel il n’hésite pas de faire de la propagande politique.
Pour le cas du gouvernement, c’est désormais plus atténué, car le président IBK lui est venu en rescousse, en recevant le plus solennellement du monde, à Koulouba, vendredi dernier, la mère, la sœur et l’oncle d’Adama Traoré. Il en a profité pour rappeler l’attachement de l’Etat à tous ses enfants aussi bien ceux de l’intérieur que de l’extérieur. Lors de cette audience, en présence de plusieurs ministres, le locataire de Koulouba a présenté, en son nom, et au nom du peuple malien, les condoléances les plus attristées à la famille TRAORE et à toute la diaspora malienne.
Qu’attendent de plus les responsables du Parena après ce geste du président IBK, garant de l’unité et de la cohésion nationales ? Si cette action du président IBK ne peut pas être considérée comme un respect de la tradition malienne face à la souffrance de la famille TRAORE, alors le geste d’oubli du Parena, de ne même pas s’incliner sur la mémoire de la victime, lui, est simplement une déchéance à la morale dont il doit assumer toutes les conséquences dans un pays de tradition au lieu d’exceller dans la propagande politique outrancière.
Face aux enfants issus de la migration dite de 2ème ou de 3ème génération, le président IBK, lui, ne se trompe pas d’autant qu’il en est convaincu que leur double culture est source de richesse. Ce que le gouvernement aurait pu gagner en s’y inspirant. Il aurait évité au Bélier blanc, pourfendeur politique devant l’éternel, de commettre un impair, aussi dramatique que celui-là…

Par Mohamed D. DIAWARA

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