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jeudi 21 septembre 2017
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Le préjugé, le défi et l’enjeu

Le nouveau Premier ministre n’est ni un messie ni un homme envoyé par la divine providence pour faire du Mali un pays de cocagne. La fabuleuse manifestation de confiance et de respect dont il jouit procède de son parcours d’homme d’État d’expérience et de rigueur dont toutes les chapelles s’accordent à lui reconnaître. Le préjugé favorable à son actif est à conjuguer aussi avec le contexte politique marqué par, d’une part l’élasticité des rapports entre une majorité très désorganisée et une opposition assez hargneuse, et d’autre part la lente et difficile maturation des acteurs politiques, à travers leurs nouvelles postures.

Le premier défi, de ceux assignés comme feuille de route, à l’occasion de la rentrée gouvernementale, sera sans doute de réussir à amener les acteurs du jeu politique à leur devoir d’écoute et leur obligation de partage. Parce que la démocratie, ce n’est pas la guerre civile, majorité et opposition (qui apprennent toutes deux) se doivent respect et estime. Parce que le patriotisme va de pair avec l’humilité, de part et d’autre s’impose à chacun le devoir d’introspection, de remise en cause permanente. Pour apaiser le climat politique tendu, en tout assez vif au plan verbal, le Premier ministre doit réussir ce premier challenge.

La France du président Hollande peut, à cet égard, servir de bréviaire à la classe politique malienne, par delà les postures, les ambitions et les agendas, pour se retrouver dans une union sacrée autour de la nation malienne qui, au regard de la détérioration dangereuse de la situation sécuritaire sur le terrain, pourrait, à nouveau, se retrouver à la croisée des chemins.

Relever l’enjeu sécuritaire, de la paix, le dialogue et de la réconciliation pour le nouveau Premier ministre, et pour l’ensemble de la Nation malienne, est loin d’être une alternative à la feuille de route, c’est un impératif catégorique. Le premier atout dont nous disposons pour reconstruire notre pays, au-delà de toutes les sympathies et de tous les soutiens militaires et diplomatiques, c’est notre unité, notre engagement et notre détermination communs, notre foi, une et inébranlable, en l’indivisibilité de notre Peuple. Cette guerre, il nous faut la gagner. Et nous ne la gagnerons qu’unis. Nous devons le réussir ensemble, ou périr ensemble. Pour cet enjeu, les deux Keïta (Modibo et Ibrahim) ne sont pas des messies encore moins des hommes providentiels, mais les bergers de notre peuple.

Par Sambi TOURE

 

 

 

 

 




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