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dimanche 20 août 2017
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Le Régime, le fmi et les affaires: ce silence qui accuse…

Allo ! Personne pour répondre au nom de la veuve et de l’orphelin jetés en pâture à la vindicte des «aigris» et des «niango» ? A croire que la cascade des preuves accablantes de magouille et détournement de plusieurs milliards, à la suite des rapports d’audit de la Cour suprême et du Végal, les grands défenseurs de la République ont tous donné leur langue au chat.

En tout cas, depuis plusieurs semaines, sur le front chaud des affaires de l’avion et des équipements militaires, la parole publique est désormais orpheline.

Désormais, dans la République «tout-Com», ça ne twiste plus, ça ne chate plus, ça ne blablate plus ! Chut ! Ça chauffe, mieux vaut se mettre hors réseau, disons se déconnecter des turbulences de l’avion problématique et ne pas se mêler de l’affaire sophistiquée des équipements militaires.

Comme un coup de massue, la République branchée new look, high-tech, hyper-connectée est en silence radio. Quelle belle mélodie, le silence ! Le philosophe chinois Confucius n’enseigne-t-il pas que «le silence est un ami qui ne trahit jamais» ? On comprend pourquoi, les frères corses n’ont jamais ouvert la bouche, préférant l’omerta aux twists ravageurs. Ainsi devrait-il se comprendre le silence de mise comme nouveau mode d’emploi et nouvelle règle ?

Entre le silence gouvernemental sur les odeurs et les senteurs de ces affaires souveraines, comme le plus haut degré de la sagesse et l’expression la plus parfaite du mépris, beaucoup d’« aigris » de Maliens y voient plutôt un aveu. Un douloureux et inacceptable aveu de culpabilité qui n’enchante personne. En effet, tout « aigris » qu’ils aient été twistés, le digne peuple du Mali qui attend de voir rétablir son honneur au terme de vol inqualifiable (détournement de deniers publics et favoritisme portant sur près de 29 milliards de nos francs), sait se souvenir que bien avant Rome, Euripide rapporte que les anciens mettaient au défi les improbes et les pécheurs par :   «Parle si tu as des mots plus forts que le silence, ou garde le silence.»

« Le silence est un aveu.» Visiblement, les parleurs gouvernementaux ont opté pour la loi de l’omerta, « la vertu des sots » comme l’enseigne Sir Francis Bacon. Parce que ce soudain silence accuse et culpabilise leurs hauteurs et leurs postures. Alors que l’heure du sauve-qui-peut n’a pas sonné, il devient pesant, troublant et établi de manière si évidente, mais si triste, l’engagement et la loyauté envers la République et son porte-drapeau, IBK.

Un IBK et « son avion », et ses armes, dans l’oeil du cyclone de scandales nés d’une gestion supposée collégiale par un groupe investi de sa confiance, qui se terre, tourne le dos à ses responsabilités et se tait aujourd’hui. La république ne mérite pas ça, le Président ne mérite pas ça.

L’omerta est inconciliable avec la transparence. Et l’honneur du Mali promis ne se conjuguera sûrement pas avec des dizaines de milliards volés en silence ; la voix du Mali nouveau ne résonnera certainement point avec le bruit d’une quincaillerie.

Mais surtout qu’on n’espère pas étouffer par le silence les aspirations légitimes des Maliens à la transparence, à la vérité et à la fin de l’impunité.

Par Bertin DAKOUO

 




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