Le RPM table sur 5 000 conseillers et 350 mairies: « nous le pouvons, nous le devons »

2

C’est sous le signe de la redevabilité que le nouveau président du Rassemblement Pour le Mali (RPM), Dr Bocary TRETA, a placé la conférence de presse qu’il a animée, hier à la Maison de la presse, pour parler des recommandations du 4e congrès ordinaire du Parti, mais également de l’actualité brûlante.

Il avait à ses côtés le vice-président Oumarou Ag Ibrahim ; le secrétaire général, Me Baber GANO ; la présidente de l’UN-RPM, Mme DIAWARA Aissata Lady TOURE ; la représentante de la jeunesse RPM, Zeïna.
En campant le décor, Dr TRETA été clair : la conférence de presse que son parti organise participe du souci, désormais, de donner l’information saine à la population ; celle qui vient de la source. Et pour cause, a-t-il justifié, dans le pays, il y a de bonnes choses et même de très bonnes choses qui se passent ; mais qui sont méconnues ou déformées. Aussi, a annoncé le patron des Tisserands, l’exercice de communication sera pérenne.

Un Congrès de cohésion
Pour le plat de résistance, à savoir le 4e congrès ordinaire du Rassemblement pour le Mali, tenu du 22 au 23 octobre dernier, il a parlé d’un devoir de redevabilité à l’endroit de nos compatriotes. Parce que, a poursuivi Dr TRETA, son parti garde en mémoire leur mobilisation exceptionnelle qui a conduit à l’élection du Président Ibrahim Boubacar KEITA, en 2013. Il s’agit donc pour sa formation politique de maintenir cet élan. C’est pour cela, a fait savoir le conférencier, que le congrès a été organisé ; un congrès qui, s’est-il réjoui, a été celui de la cohésion.
Dr TRETA a rappelé que le congrès qui vient de se tenir devait avoir lieu en 2014. Mais, a-t-il indiqué, le RPM avait ses problèmes ; mais également ses bonheurs, en l’occurrence l’élection de Ibrahim Boubacar KEITA à la magistrature suprême de l’Etat. Le Parti, a expliqué son premier responsable, devait passer d’une posture d’opposant, assumée pendant une décennie, à celle de parti majoritaire. Ce qui, à ses yeux, est exceptionnel.
Le président du RPM a ajouté que la prise de pouvoir a exigé beaucoup de don de soi pour se consacrer aux affaires de l’Etat. Ce qui a été fait au détriment de l’organisation du 4e congrès ordinaire du Parti.
Il y a par ailleurs, a rappelé le président TRETA, l’organisation des élections dans les meilleures conditions de transparence pour assurer l’alternance en 2013.
Relativement au congrès, le chef des Tisserands a indiqué qu’il a enregistré la participation de 57 sections de l’intérieur.

Les nouveautés
Il a fait savoir les nouveautés dudit congrès. Dans cette veine, il a rappelé qu’il a pris acte de l’érection de Ménaka et de Taoudénit en régions, avec 4 sections au niveau de chaque circonscription administrative qui ont été admises au congrès. Ce qui, a affirmé Dr TRETA, est enrichissant pour le Parti et illustre sa volonté d’œuvrer à l’opérationnalisation des nouvelles régions créées.
A cela, le conférencier a ajouté l’installation d’un Conseil des sages. Le RPM étant un Parti d’éthique, il a décidé d’avoir recours à ces sages qui sont les dépositaires des valeurs de la société.
Au nombre des nouveautés, et dans le souci d’une meilleure gouvernance, il y a la mise en place d’un Comité central qui est une espèce de parlement comprenant tous les députés ; les ministres ; les chefs d’institution ; les membres du Bureau politique national.
Le congrès qui a apporté un enrichissement au Parti, a rappelé le président du RPM, a mis en place une nouvelle Direction.
Le Tisserand en chef a réaffirmé que le congrès qui a permis de mettre les militants au même niveau d’information, a aussi été un moment de rassemblement et de cohésion. Il a assuré qu’il n’y avait aucune peur à aller au congrès ; parce que le RPM est une famille qui comme telle a ses mécanismes de préventions et de gestion des crises en puisant dans nos valeurs sociétales.
Le RPM, a poursuivi son président, est une famille qui a un chef qui n’est autre que le Président IBK que le congrès a consacré ‘’Président-fondateur’’ parce qu’il est une référence idéologique, politique et morale.
Le Dr TRETA a clos ce chapitre en martelant que le Parti sort, requinqué, de ce 4e congrès ordinaire.
Comme toute formation politique, le RPM a des ambitions et de très grandes, a indiqué son président. Au nombre desquelles, il a cité la réélection du Président IBK, en 2018, à la tête de l’Etat. Pour cela, un appel lui sera lancé. Il a aussi parlé de l’ambition de rassembler la Majorité présidentielle (CMP) dont il est d’ailleurs devenu le président. Désormais, le RPM et la CMP concevront et agiront ensemble. Ils formeront un même corps, a annoncé son président qui entend œuvrer à poser les jalons d’une organisation forte pour préparer l’investiture et la réélection du Président IBK en 2018.

Les simulations du RPM
En ce qui est des communales, Dr TRETA a soutenu qu’elles seront un moment de vérité pour le pays. Il dit entendre les oiseaux de mauvais augure par rapport à ces élections. Ce qu’il juge dommage. Cela, parce que, a-t-il justifié, la compétition c’est entre les partis politiques et non pas contre l’Etat.
« Nous serons débout contre ceux qui ne travaillent qu’à la déstabilisation du pays », a mis en garde le président RPM. Ce, d’autant plus que le Mali est un bien commun et qu’il fait face à de nombreux enjeux qui nécessitent que tous ses fils se rassemblent autour de l’essentiel. Il a assené que semer les germes de la division, n’est la façon de faire la politique au RPM qui apporte son soutien au ministre de l’Administration territoriale, Mohamed Ag ERLAF qui a l’expérience et la compétence requises pour organiser ces élections et qui bénéficiera du soutien de tout le Gouvernement.
Le président du RPM a donné l’assurance aux sections que toutes les dispositions sont prises pour qu’elles aillent aux élections dans les conditions de dignité. Il a révélé que sur 688 communes, le RPM a des listes dans 682, dont 527 où il est tête de liste. Selon Dr TRETA, sur la base des simulations faites, son parti peut gagner dans 350 communes. « Nous pouvons et nous devons », a-t-il harangué. Sur la même lancée, il a dit que sur 12 115 conseillers qui seront élus, le RPM ambitionne d’en avoir 5 000. C’est un défi qui peut être relevé, a encouragé Dr TRETA.
Collant à une autre actualité, le conférencier a affirmé que la situation sécuritaire s’est fondamentalement améliorée entre le 4 septembre 2013 et aujourd’hui. Mais, concède-t-il, l’existence de situations résiduelles face auxquelles les FAMAS, la MINUSMA, les Forces internationales doivent apporter une réponse. Il a réitéré son soutien aux FAMAS et a exhorté à avoir conscience des conditions difficiles dans lesquelles elles travaillent. Il s’est incliné devant la mémoire de toutes les victimes de la crise du Nord et des autres parties du territoire. Il a salué la clairvoyance et l’engagement du chef de l’Etat à améliorer les conditions de travail de nos soldats.

Le principal enjeu
Par rapport à question du quota des femmes, le président du RPM dit qu’il est de 18% au niveau du BPN; mais que les 30% sont atteints au niveau du Comité central. Aussi, a-t-il assuré, les décisions principales seront prises au niveau de cette instance.
Parlant des alliances et de la gestion du pouvoir, le conférencier reconnaît leur délicatesse. Il a rappelé que le principal enjeu est sécuritaire, face auquel même le RPM ne compte pas. Aussi faut-il œuvrer à donner à l’État une grande légitimité pour faire face à cet enjeu.
En répondant à la question sur les Premiers ministres successifs qui ne sortent pas des rangs du RPM, son président a fait savoir que si le projet présidentiel ‘’le Mali d’abord’’ est porté par la CMP ; elle n’est pas la seule à le faire. Le président de la République peut bien confier la gestion d’un secteur à qui il a confiance. Et le RPM adhère à son choix comme l’illustre l’adossement du Gouvernement au vote de confiance des députés de la Majorité présidentielle.
Pour Dr TRETA ce qui compte, c’est changer le quotidien des Maliens ; de suivre la ligne tracée par IBK, à savoir travailler dans la droiture et l’intégrité.
Réaliste, il a confié qu’en 2013, le RPM savait qu’en 5 ans IBK n’aurait pas de solution à tous les problèmes. L’important pour lui, c’est le bilan. « Nous sommes en démocratie ; les choix sont libres », a-t-il souligné.
Le conférencier a précisé que la base politique d’IBK n’est pas le RPM ; mais la CMP. « Tout choix du Président IBK est le choix du RPM ».
En ce qui est de l’action de l’Opposition devant la Cour de la CEDEAO, relative à l’adoption d’une nouvelle loi électorale, il a rétorqué : « nous n’avons pas violé la loi ». Et de demander à l’Opposition d’être plus constructive et d’éviter les discours incendiaires, parce qu’elle n’est pas en conflit avec le Mali.

Par Bertin DAKOUO

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *