Le TAS sur la crise du football: les non-dits d’un verdict

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Au sujet du verdict du Tribunal arbitral sportif (TAS), tombé, tel un couperet, sur la crise du football, opposant le comité exécutif de la fédération malienne du football, dirigé par le général Baba Diarra et plusieurs dirigeants et clubs, il y a eu pas mal de fracas. Au-delà des supputations, les unes aussi contradictoires que les autres, le football, lui, déjà en bonne posture, n’est pas en cause.

A l’annonce du verdict de la TAS, tombé, tel un couperet dans la crise du football malien, tout a été dit ; la chose et son contraire, certains allant jusqu’à prévoir un destin apocalyptique pour le football malien qui, on le sait, ne s’est pas d’ailleurs mieux porté, au regard des résultats sportifs qu’il a engendrés, comme il l’est maintenant. Et cela, pendant plusieurs années. En fait, selon des éclairages du comité exécutif de la fédération malienne du football, dirigé par Baba Diarra, certes, le verdict du TAS lui amène, dans le cadre de la procédure stricte, à convoquer de nouvelles assises de l’instance dirigeante pour un réexamen des sanctions. Mais, il est clair que le tribunal arbitral sportif (TAS) qui, comme son nom l’indique, est une instance juridictionnelle qui ne peut pas sanctionner le football dans aucun pays du monde, y compris le Mali.
Dans la pure des hypothèses, s’agissant des sanctions, selon les points de vue d’un expert national du football, le TAS ne peut que punir les membres de l’équipe dirigeante du football. Dans le cas d’espèce, apprend-on, si le TAS, pour quelques inobservations que ce soient dans ce dossier, devait prendre des sanctions, il ne pourra le faire qu’à l’endroit des responsables du bureau fédéral. A en croire les spécialistes, même dans cette hypothèse de sanction, le TAS, en tant que tribunal, ne peut le faire directement à l’endroit des membres du bureau fédéral sans au préalable se référer à la FIFA, instance dirigeante mondiale du football, habilitée à sanctionner les membres des fédérations nationales de football.
Autre sujet de controverse : l’exigence de la tenue de l’assemblée générale, d’ici le 30 novembre prochain, à laquelle est astreinte l’actuelle équipe dirigeante est elle-même sujette à caution. Et pour cause ? Le TAS dans le cas de figure des sanctions de la FEMAFOOT estime que les intéressés n’ont pas été soumis au principe du contradictoire ; ce qui suppose que nul responsable de football ne peut être sanctionné sans être entendu. Sur ce point de tergiversation, comme l’ont révélé des avis d’experts, le TAS, en faisant obligation à l’actuel bureau fédéral de convoquer cette prochaine assise ne fait que reconnaitre à la fois ses prérogatives et sa légitimité sur le fonctionnement du football malien.
Qu’est-ce qui peut alors se passer maintenant ? En tout état de cause, selon les textes de la FEMAFOOT, il existe deux sortes d’assemblées générales : les assemblées dites ordinaires et les extraordinaires, chacune d’elles obéissant à des principes et règles nettement définis. Pour de nombreux avis d’experts, dès lors qu’il s’agit d’une seule question à l’ordre du jour, à débattre, l’instance indiquée pour ce genre de conclave est bien l’assemblée générale extraordinaire dont la procédure de convocation est enfermée dans des délais spécifiques.
Il y a aussi, comme en toute matière judiciaire, que la FEMAFOOT peut interjeter appel de la décision du TAS dans ce dossier. Nul ne sait encore (l’équipe du général Baba Diarra ne s’est pas encore prononcée sur cette possibilité), mais si elle doit le faire, elle a, selon les textes en la matière, un délai de 30 jours, à partir de la notification de la décision du TAS.
Tout compte fait, au-delà de querelles byzantines, où des apprentis juges ou autres manipulateurs chevronnés foisonnent à profusion, dans le dessein de manipuler l’opinion publique, il n’y aucune tourmente sur le football malien, qui amorce bien sa course vers les titres prometteurs, mais aussi l’équipe dirigeante du football malien maintient bien le cap. Pour ne pas se laisser déborder…

PAR Sékouba Samaké

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