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samedi 24 octobre 2020
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Législatives à Ouatagouna: sans la présence de l’armée, pas de vote

Le Collectif des ressortissants de la communauté de Ouatagouna, dans le cercle d’Ansongo, menace de boycotter les élections du 29 mars. Il pose comme condition notamment la présence active de l’armée nationale pour sécuriser le processus et la population.

La Coalition des ressortissants de la commune de Ouatagouna, dans une lettre, adressé au Sous-préfet d’Ansongo décide de ne prendre part aux élections législatives du 29 mars prochain. En cause, la coalition rappelle la « dégradation très alarmante » de la situation sécuritaire dans la commune.

Conséquence, le déplacement massif de la population ainsi que tout responsable administratif, politique ou coutumier soit sur Gao, Ansongo ou le Niger. Et, selon les données de la coalition, ils sont environ 3000 ménages déplacés internes vivant sans assistance, depuis le 7 février dernier, à cause de l’insécurité.

« Cette situation d’insécurité critique et généralisée ne permet pas à ces moments précis la tenue des élections législatives dans la commune, car nos populations ont été mises en garde par les occupants (les nouveaux maîtres) ou les nouvelles autorités de ne pas participer à ces élections à venir au risque de leur vie », indique la correspondance de la coalition.    

Dans ces conditions, tout en réaffirmant son plein et entier engagement auprès de l’État du Mali et de ses autorités, la coalition, pose des conditions à la participation des communautés au scrutin du 29 mars.

À cet effet, elle exige le retour immédiat et permanent du poste de sécurité frontalier de Labezanga ; l’installation d’une base militaire à Ouatagouna chef-lieu de la commune. Enfin, elle demande l’installation d’une autre base militaire à Fala Gourma pour sécuriser l’ensemble du Gourma.

Ces conditions sont des préalables préparatifs à toute tenue d’élection dans la commune.

« Réaffirmons notre engagement à ne laisser tenir ces élections projetées dans la commune », déclare la coalition qui n’écarte pas d’user de tous les moyens légaux pour le respect de ces conditions.

Joint par nos soins, le président de la Coalition Youssouf YEHIYA nous a rappelé que la décision des conditions à la participation des élections a été prise lors d’une assemblée générale le 11 mars dernier. Les 5 villages et 16 fractions de la commune de Ouatagouna étaient tous représentés par les responsables et notabilités. Paradoxalement, la rencontre s’est tenue  Gao dans la maison où le maire est logé.

« Une chose est sûre, nous avons décidé de ne pas voter dans ces conditions. Nous ne sommes pas prêts à nous sacrifier pour ces législatives. Nous n’allons pas nous exposer pour des députés qui vont nous abandonner après leur élection », a soutenu le président YEHIYA.

Toujours, à cause de l’insécurité, dans aucun village de la commune, les cartes d’électeur n’ont été distribuées. Elles sont toutes gardées à Ansongo. Aucune disposition n’est prise en prélude aux législatives. Et ceux qui doivent assurer les préparatifs de ce scrutin dans la commune sont presque tous à Gao.

« Il n’y a pas un seul candidat qui a mené la campagne. Nous n’avons aucune intention malveillante, mais nous voulons juste être protégés et sécurisés par l’État. Cela est un droit que nous réclamons », a expliqué Youssouf YEHIYA.   

Par Sikou BAH




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