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jeudi 22 octobre 2020
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Législatives: les candidats en proie aux bandits armés

Le candidat du parti PRVM-FASOKO, aux élections législatives, dans le cercle de Nara, Mamadou Bolly, a été attaqué, le vendredi dernier, par des hommes armés non identifiés. C’est la 2e attaque dans la zone contre des candidats aux législatives alors qu’ils se rendaient dans leur localité pour des campagnes.

L’insécurité menace la tenue des élections dans plusieurs localités du pays. Raison pour certains hommes politiques plaide pour surseoir au processus avant de sécuriser le pays. En effet, depuis l’ouverture des campagnes électorales, des candidats sont devenus des proies aux groupes de bandits. La plus récente en date est l’attaque orchestrée contre le candidat du parti PRVM-FASOKO dans le cercle de Nara, le vendredi dernier.

Selon l’un des responsables du parti joint au téléphone, l’attaque s’est déroulée entre Dilly et Mourdiah (région de Koulikoro). Elle a été menée par des hommes armés non encore identifiés, précise l’homme politique. Pour la mission, M. Bolly n’était pas seul. Il était accompagné par 5 autres personnes. Bilan : aucune perte en vie humaine, mais les biens emportés par les bandits.

« Le véhicule du candidat a été enlevé. Et les cinq autres personnes ont été dépouillées », a indiqué notre interlocuteur qui estime que cette scène est la preuve que des dispositions n’ont pas été prises pour sécuriser le processus.

« L’élection, ce n’est pas que le jour du vote. Il y a avant et l’après-vote. Au-delà des chefs-lieux de commune, il n’y a aucune présence de la sécurité. Les gens sont laissés à eux-mêmes », a décrié le responsable politique du PRVM-FASOKO.

Dans la foulée de l’acte, le Bureau exécutif national du parti a rédigé un communiqué dans lequel il condamne « avec le derrière énergie cette attaque d’une autre époque et dénonce cette attitude qui interpelle le Gouvernement et l’ensemble des partenaires du Mali ».

Aussi, le parti PRVM-FASOKO invite-t-il ses militants et l’ensemble de la classe politique à l’unité et à la vigilance pour mettre fin à l’insécurité sous toutes ses formes. En dépit de cette situation, le parti réaffirme son attachement à la tenue de ces élections. « Aujourd’hui, rien ne doit nous distraire dans le combat prioritaire qui est de sauver la mère patrie en danger. Les législatives sont une des étapes charnières de ce combat », indique le communiqué.

Auparavant, dans la même zone, c’est la candidate de l’Union pour la République et la démocratie (URD), Oumou Tounkara, qui a fait le frais de l’insécurité. Le mardi 10 mars 2020, alors qu’elle se rendait dans sa circonscription électorale pour battre campagne, sa délégation a été attaquée. Son véhicule et tout ce qu’elle avait comme biens ont été emportés par les malfrats.

Selon des membres de la délégation, elle a avait sur elle, une somme d’argent importante qui a été pris par les bandits. Toutefois, l’attaque n’a rien enlevé de la détermination de la candidate à poursuivre ses campagnes.

Autres localités en proie à l’insécurité : les régions du Nord et du Centre. Dans ces zones, le problème se pose également avec acuité. Ainsi, le mardi 17 mars, dans la région de Tombouctou, entre Léré et Niafounké des hommes armés non identifiés ont enlevé Mohamed Ag Ahmed dit Ahmed Dofana, candidat du parti RPM aux élections législatives dans le cercle de Niafounké. Après 48 heures de détention, il a été libéré. Le porte-étendard du RPM au moment de son enlèvement était accompagné des membres de sa famille.

Outre ces cas, dans la commune rurale de Ouatagouna ce sont des électeurs qui sont dissuadés par des groupes armés d’aller voter le 29 mars au risque de mort. Des messages que des populations qui prennent au sérieux pour des gens qui ont hésité à « assassiner le 1er conseiller du chef de village de Ouatagouna et le directeur d’école de la localité » en février.

Malgré les alertes données aux autorités politiques, administratives, militaires, aucune mesure n’a été prise. Conséquence : la ville s’est vidée de sa population. Et toutes les autorités sont venues s’installer à Gao. Selon le président de la Coalition des ressortissants de la commune Ouatagouna, Youssouf YEHIYA, il n’est pas question pour eux d’aller voter dans ces conditions.

Par Sikou BAH




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