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samedi 4 avril 2020
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Législatives: coups-bas & trahisons

La bataille électorale rime aussi souvent aussi avec les coups bas. Ainsi, pour les prochaines législatives, dans plusieurs communes, certains partis politiques s’estimant trahis par leur directoire, n’ont eu d’autre choix que de migrer vers d’autres horizons où ils espèrent trouver un avenir prometteur.

La formation des listes électorales rime très souvent avec les trahisons, les surprises désagréables. En tout cas, ce n’est pas une pratique anodine dans la vie politique. Cette année, la prise en compte de la loi sur le genre, lors des législatives, a créé la frustration, le malaise dans le choix des candidats. Dans certains états-majors politiques, elle a été un prétexte pour écarter certains candidats à la candidature. Ainsi, de Bafoulabé à Nioro du Sahel en passant par Youwarou, des candidats ou leurs proches n’ont pas hésité à monter au créneau pour dénoncer qu’ils ont été trahis par leurs partis politiques.

Le parti pris

Ainsi, l’atmosphère politique était électrique le lundi 10 février dernier dans le cercle de Bafoulabé pour la formation de la liste RPM. Ici, ce sont les proches de Kissima KEITA qui appellent au scandale après que leur choix n’a pas été retenu par la conférence de section de ladite localité pour avoir été radié par le Bureau politique national du RPM. Or, c’est lui qui a été élu pour défendre les couleurs du Parti dans la commune.

Selon le récit de certains témoins, Issé DOUCOURE chargé de superviser la conférence d’investiture n’a pas respecté les textes, bien au contraire, il aurait imposé son choix. En effet, ayant échoué à faire un vote sincère, Issé, lui reproche-t-on, a rayé de la liste le nommé Kissima KEITA remplacé par Makan Oulé.

Pour eux, la décision de sa radiation est une violation d’un principe important de la démocratie et de la proximité des législatives. C’est la section qui valide le choix des porte-étendard. Cette règle démocratique, selon les partisans de M. KEITA, a été piétinée avec la décision du Bureau politique national du RPM.

Et pourtant, l’homme réputé pour son engagement en faveur du développement du cercle de Bafoulabé était une chance inouïe pour le RPM et son alliance dans la circonscription électorale lors de ces législatives. Il a à son actif de nombreuses réalisations et initiatives de bienfaisance. « Kissima a révolutionné la politique par ses multiples actions », s’en vantent ses partisans.

Après ce coup jugé bas, Kissima KEITA a renoncé finalement à son ambition politique de siéger à l’Assemblée nationale. Sollicité de toute part pour se constituer en candidat indépendant, il a refusé en affirmant qu’il serait victime de la même manière dans les résultats, avait déclaré M. KEITA à ses proches.

Deux députés passent à trappe

Dans la même région de Kayes, cette fois-ci à Nioro du Sahel, une situation similaire s’est présentée. Dans ce cercle, sur les trois députés, un seul est en lice. Les deux autres sont tombés. Pardon, ils ont été lâchés. La trahison est passée par là. En effet, l’Honorable Ousmane BATHILY, le transfuge du RPM qui a débarqué avec armes et bagages dans le MPM de Hady NIANGADOU, alors qu’il avait toutes les assurances d’être sur la liste, a été lâché après une nuit de longs couteaux tirés. À moins de 48 heures du dépôt de listes, il était forclos. Surprise pour le candidat à sa succession.

Idem pour l’Honorable Cheick Tahara NIMAGA du MPR, 8e vice-président de l’Assemblée nationale qui, malgré ses liens avec la famille chérifienne, aurait été viré de la liste sur instruction du BEC-MPR depuis Bamako. En dessous : le député lâché avait refusé de parrainer le président de son parti à la présidentielle. Donc, seul le député Mamadou Alpha DIALLO est en course au compte de son parti ADP-Maliba fortement soutenu par la famille du Chérif de Nioro, Bouyé HAIDARA.

L’essor individuel

Loin de là, à Youwarou, une autre surprise : c’est la décision du RPM de ne pas retenir l’honorable Mme DIALLO Aïssata TOURE. De surcroît, elle est la femme d’un cadre du Parti présidentiel, ancien secrétaire général de la présidence du Mali. Candidate à sa succession, elle a été obligée de quitter le Rassemblement pour le Mali afin de se présenter aux législatives comme candidate indépendante. Selon ses proches, le Parti présidentiel voulait la remplacer par une autre femme. Ayant compris le jeu de trahison, elle a alors quitté la famille des Tisserand pour réaliser autrement, ailleurs, son ambition politique : siéger à l’Hémicycle.

Après sa décision, elle écrit sur sa page facebook : « nous avons voulu cela autrement… Après notre démission du Rassemblement Pour le Mali RPM, nous irons défendre nos convictions sur une liste indépendante. Évincée non, nous n’acceptons juste pas de cautionner, l’essor individuel avec comme fonds de commerce le label ‘’Parti au Pouvoir’’ ».

Le prix de l’impertinence

En commune IV, l’honorable Moussa DIARRA apparaît également comme un exemple de trahison et victime de sa position défavorable à l’opération française au Mali. Le jeune député du RPM n’a pas été également retenu par son Parti. Il a été remplacé par un autre jeune du parti, Boubacar MAGASSOUBA, le vice-président du Bureau national de la jeunesse. Conséquence : il a rendu sa démission avant de migrer à la CODEM. Au compte de sa nouvelle formation politique, il part en alliance avec Moussa Asmy SANGARE de l’ADP-Maliba.

Le lâchage de l’ASMA

Ces législatives sont également le temps de régler les comptes qui s’accompagnent de trahisons. Ainsi, dans plusieurs circonscriptions, le Parti de l’ancien Premier ministre, Soumeylou Boubeye MAIGA est laissé pour compte par le RPM et l’Adema PASJ contrairement aux législatives avortées. Ainsi, comme une punition ou une vengeance, les partis politiques de la Majorité rechignent à nouer une alliance électorale avec l’ASMA-CFP.

Selon Maliweb, l’exception est le cercle de Gao où l’ADEMA-PASJ semble-t-il, est sur la même liste que l’ASM-CFP. Ailleurs dans le pays ni l’ADEMA-PASJ ni le RPM qui sont les deux poids lourds de la majorité présidentielle n’ont fait listes communes avec le Parti de l’ancien Premier ministre, SBM qui abat un travail titanesque au profit de cette Majorité. Pourtant les trois formations politiques étaient en alliances dans plusieurs circonscriptions électorales du pays lors des élections législatives avortées.

Le Parti de l’ancien Premier ministre est aujourd’hui dans une situation inconfortable dont il lui sera très difficile de se sortir, rapporte le site. C’est ce qu’estime un cadre d’un parti politique de la Majorité, qui pense qu’il ne pouvait en être autrement. « On ne peut pas débaucher les cadres et les députés d’un parti politique et être sur la même que celui-ci. C’est comme si vous donnez raison à ses ceux qui sont partis», justifie-t-il.

Par Sikou BAH




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