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mardi 12 décembre 2017
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Les journées minières et pétrolières du Mali (JMP): trois nouveaux sites d’or s’ouvriront en début 2018

En 2016, la production d’or a apporté près de 280 milliards FCFA à notre pays. Cette contribution est en deçà des attentes de la population, a déclaré, hier mardi, à l’hôtel de L’Amitié, le Premier ministre, Abdoulaye Idrissa MAIGA, lors de la cérémonie d’ouverture de la 7e édition des Journées minières et pétrolières du Mali (JMP).

Plusieurs membres du gouvernement ont assisté à l’ouverture de ces journées qui se tiennent du 21 au 23 de ce mois sur le thème : « L’exploitation des ressources minérales intégrée à l’économie comme un facteur de développement durable ». Espace de valorisation des sous-sols maliens, plus de 400 délégués venus de plusieurs pays ainsi que des responsables des sociétés minières du pays prennent part à ces journées. Ils animeront des panels et stands prévus à cet effet.
Selon ministre des Mines, Tiémoko SANGARE, le secteur minier de notre pays commence à respirer lentement après la crise qu’a connue le Mali, en 2012, suivie de la chute du prix de l’or. Le ministre SANGARE a indiqué que cette crise a eu des incidences négatives sur les revenus du Mali et sa capacité à rechercher et à développer de nouveaux gisements pour soutenir et booster la production minière.

L’or supporte en grande partie l’économie du Mali
Selon le ministre des Mines, le secteur minier malien est sous exploité parce que sa production reste focalisée sur la l’exploitation industrielle et artisanale de l’or. Pourtant, soutient-il, le pays regorge d’énormes gisements vierges comme le fer, la bauxite, les lignites, les phosphates, le manganèse, l’uranium, le diamant qui sont moyennement exploités.
« La production d’or connait depuis quelques années un léger fléchissement du fait de l’épuisement des réserves de certaines mines d’or actuellement en production. La situation pourrait se rétrécir davantage si aucune action d’envergure n’est pas entreprise par l’Etat », a-t-il averti.
En dépit de cette situation, a-t-il vanté, l’exploitation de l’or continue à jouer les premiers rôles en termes de recettes d’exportation de notre pays. En 2012, il a confirmé que l’exploitation aurifère a rapporté près de 280 milliards de FCFA au budget d’État. À la même période, elle a également représenté 68 % des recettes d’exportation du pays, a ajouté le ministre des Mines. Avec une contribution de 22 % des recettes fiscales, l’exploitation de l’or a créé environ 12 000 emplois directs et participe à hauteur pour 6 % au Produit intérieur brut (PIB).
« Le secteur minier est devenu, depuis quelques années, l’un des maillons essentiels de l’économie malienne. Malgré cette contribution, nombreux sont nos compatriotes qui pensent que l’or ne brille pas pour les Maliens », rappelle-t-il, admettant que cette perception est légitime au regard des immenses richesses du sous-sol malien.

Vers l’interdiction du dragage
Dans les perspectives du département, M. Tiémoko SANGARE a informé qu’il y a près de 10 sociétés minières qui opèrent dans le pays. Certaines d’entre elles sont en phase de fin d’exploitation. Au même moment, annonce-t-il, la mise en activité de trois nouveaux sites de production d’or au premier trimestre de 2018 dans les régions de Kayes et à Sikasso.
En outre, son département travaille à l’élaboration d’une politique et d’une stratégie de développement du secteur des mines du pays. L’objectif de ces initiatives vise, selon lui, à améliorer la gouvernance du secteur, de doter le Mali d’une base et d’un système d’information géo scientifique performants, d’intégrer les secteurs minier et pétrolier à l’ensemble de l’économie malienne.
L’organisation du secteur artisanal d’exploitation de l’or figure également parmi les priorités. Celle-ci permettra de réduire les conflits et de protéger les titres miniers des sociétés d’exploitation. Par ailleurs, le ministre des Mines a réitéré son engagement et sa détermination à mettre fin au dragage en pleine expansion sur nos cours d’eau, en collaboration avec d’autres départements ministériels. Plusieurs chiffres concordants confirment l’existence de milliers de dragues sur les cours d’eau sans aucune autorisation.
Avec une production de près 46 tonnes d’or par an, le Premier ministre a déploré que la population jouisse peu des dividendes de cette exploitation du secteur. Selon lui, les attentes du gouvernement, de la population vis-à-vis du secteur de l’or reste grande. Le secteur ne semble pas satisfaire aux aspirations légitimes des Maliens.
« Il ne semble pas répondre aux attentes de la population. C’est un paradoxe que l’or ne brille pas pour celle-ci. C’est un paradoxe qui est mal vécu. Quand on a l’or, on est riche. Mais faisons en sorte que l’or brille pour tout le monde », a déclaré le chef du gouvernement.
M. Abdoulaye Idrissa MAIGA a relevé également que le secteur minier ne crée pas suffisamment d’emplois dans le pays. Il a profité de l’occasion pour exhorter les responsables des sociétés minières à intégrer dans les différents schémas d’exploitation l’être humain sans prix.
« L’être humain ne peut avoir un coût », a-t-il martelé.

Par Sikou BAH




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