Search
mercredi 20 septembre 2017
  • :
  • :

Les pépites du vendredi

Pour les canards, la semaine du 22 au 28 novembre a été riche en actualités et en infos croustillantes :  L’épidémie  du virus à Ebola qui continue de faire parler en passant par la nouvelle donne du paysage politique marquée par des retournements de vestes de certains leaders politiques ou encore les gaffes et les sorties inappropriées d’un ministre de la République devenu pour la circonstance un virus de la parole… Voici les pépites de cette actualité fortement politique.

Gabriel Touré: Toubib ou Fouquier-Tinville de la République ?

Ce ne sont pas que les journaleux qui sont les seuls à avoir des liaisons incestueuses avec la mélasse politicienne. Tenez, on a du mal à saisir, dans les colonnes d’un confrère (Le Reporter), ce toubib, le Dr Chaka Traoré, exerçant au CHU Gabriel Touré, qui dit avoir « plus confiance en l’OMS qu’en notre propre ministère », lorsqu’il dit à propos de l’introduction d’Ebola au Mali : «Il est venu jusqu’à nous par manque catastrophique d’anticipation et de perspective de la part de nos autorités. Pour pallier ce qu’on peut appeler incompétence, le seul espoir que je puisse exprimer, est que les organisations internationales continuent d’accompagner le Mali dans cette question de santé publique».

Autrement dit : c’est par la faute criminelle des autorités qu’on a droit aujourd’hui à Ebola au Mali. Et parce qu’ils sont d’une désolante incompétence, on ne peut rien attendre et espérer d’elles. Alors la prescription du toubib qui pourrait arborer gaillardement et sans complexe la robe d’Antoine Fouquier-Tinville est sans appel : il faut se tourner vers les organisations internationales.

Sauf que les petites têtes maliennes, savent, elles, que les organisations internationales sont aussi souvent une contre indication, car elles ne font pas que dans l’humanitaire et voient aussi que la Communauté internationale n’a jamais sauvé jusqu’ici aucun pays de la catastrophe.

Nomadisme politique: par amertume ou par réalisme ?

Expliquant à un confrère (Le Prétoire) les raisons de sa migration dans l’atelier de tissage, le président Oumarou Ag Mohamed Ibrahim dit : «j’ai été traité de tous les noms d’oiseau, de tous les péchés d’Israël. Je me suis dit que ça allait passer, car toute chose a une fin». Mais président, la politique politicienne ne finira jamais. Elle est la mangeaille de la politicaillerie, ragoutante pour les uns, dégoutante pour les autres comme vous.

 

  1. le choix du peuple

«Notre candidat a choisi d’aller avec IBK. Même s’il ne l’avait pas fait, moi personnellement, en âme et en conscience, j’allais partir comme beaucoup d’autres camarades. Parce qu’on avait foi qu’il peut régler le problème du Nord, c’est un homme à  poigne qui a fait toutes les hautes sphères de l’administration, c’est un homme d’Etat».

Vous n’avez pas à vous justifier, près de 78% de nos compatriotes ont fait le même choix gagnant que vous.

 

  1. la volonté de la base

« Dans la tradition du Nord, on n’est pas fait pour aller à l’opposition, nos militants ne sont pas prêts à aller à l’opposition. De notre intime conviction, les gens ont décidé de soutenir Ibrahim Boubacar Keïta et le CE a entériné cette décision qui n’a pas plu à Iba N’Diaye. Mais, il a été mis en minorité par les ténors du parti. Cela a créé une cassure entre les barons du parti qui soutenaient le FDR qui voulait aller à l’opposition et nous, plus une frange importante du CE. »

Comme le dirait la romancière, c’est là « l’os de la parole ». Au Nord, vos militants n’ont pas de conviction, ils suivent la direction du vent, et vous en bon Berger de votre troupeau vous les suivez. L’intolérant Iba N’Diaye, formé à l’école du centralisme démocratique, ne peut comprendre cela.

 

  1. la victoire logique

«J’étais détenteur d’un ordre de mission du RPM pour sillonner toute la 6ème région pour faire voter IBK qui n’avait que 4% et qui, au finish, a eu 54% des voix. C’est pour vous dire que j’étais parti avec la ferme conviction qu’il gagne et il a gagné. Ceci n’est pas resté en marge de la déchirure, du fossé qui s’est établi entre le CE et le leadership dont je fais partie».

Comme beaucoup de responsables de l’Adéma, le président Oumarou Ag Ibrahim a bien mouillé le maillot pour la victoire du candidat du RPM. Est-il le seul à avoir soutenu IBK au CE-Adéma ? Lui au moins, il n’a pas fait double jeu comme certains qui ont bien caché et cachent encore leur jeu à l’opposition.

 

  1. la bonne raison de quitter

«A trois reprises, j’ai été violenté verbalement, j’ai été insulté tant au niveau du CE et même devant le président et ancien chef de l’Etat, qui a dit à certains camarades : «Si vous reprenez ces propos à l’encontre du Président du Haut conseil, je vous renvoie de mon salon. Donc, ce sont toutes ces péripéties, toutes ces pérégrinations qui m’ont amené à faire ce choix».

Violences verbales et menaces physiques, qu’est-ce que la grande Adéma est devenue ? La politique ce n’est pas un sport de force physique, ce n’est pas l’inimitié, la confrontation physique, mais l’affrontement des idées dans la civilité, le respect et la tolérance mutuelle. Sinon, c’est tellement simple pour les gorilles du Palais d’aplatir les PPR, les Soumi, les Tiébilé, les Goïta (KOITA ?), et tous les autres empêcheurs de tourner en round.

Quand on vous emmerde dans la Ruche, les Tisserands vous accueillent à bras ouvert et avec une élégante gratitude.

 

Transhumance politique : les non-dits d’un vieux projet politique

Dans une interview fleuve qu’il a accordée à notre confrère de Infosept, le désormais ancien dirigeant du Parti Africain pour la Solidarité et la Justice, livre sa lutte et son combat contre ses tourments et ses démons. Dans une tirade nostalgique, il étale ses fantasmes, règle ses comptes avec ses amis d’hier et déclare la guerre à ses « ennemis » d’aujourd’hui.

 

  1. Adéma : l’éternelle trahison

Que reproche-t-il à l’Adéma ? La réponse d’Iba est sans équivoque : « c’est d’avoir violé un engagement, une signature et de soutenir une politique par rapport à laquelle on peut être beaucoup plus critique … Et je vous signale que ce n’est pas de gaité de cœur que je quitte l’Adema ».

Autrement dit, c’est d’avoir trahi, voilé son engagement. Ce qu’on appelle chez nous manquer à sa parole. Très noble de la part d’un dirigeant historique, sauf qu’à l’origine, l’Adéma, elle, est bien le fruit d’une trahison du Mouvement démocratique qui avait décidé d’aller uni dans un parti politique au lendemain de la chute de Moussa Traoré. Belle tentative de restituer par la manipulation une longue histoire de trahison politique, sauf qu’en politique, la trahison, dit-on, est question de date. Pardon, disons simplement par respect pour les politiques que « la trahison n’est qu’un mot inventé par les hommes pour confondre leurs frères qui ne pensent pas de la même façon qu’eux. »

 

  1. Iba : une ambition par procuration

Quant à son éphémère ambition de diriger le Mali un jour Iba N’Diaye radote : «Il ya une ambition qui demeurera toujours, c’est celle que nous avons, les vrais patriotes, les vrais démocrates que nous sommes pour le Mali.  Et cette ambition ne s’effacera jamais.

Ces exercices internes à l’Adema pour le choix du candidat sont tout à fait normaux dans une organisation démocratique. Mais, je crois qu’à chaque fois qu’il y a eu des menaces sur la cohésion de l’Adema, j’ai été de ceux qui ont fait preuve de décisions courageuses pour sauver la situation».

Quel joli conte de fée, il nous sort là ! Ma parole, c’est Noël avant la neige ! Mais qui n’est pas pour le Mali ? Il faut arrêter de réinventer le fil à couper le beurre avec cette histoire à faire dormir de « démocrates sincères » et de « patriotes convaincus » que Iba veut nous décliner en « les vrais patriotes, les vrais démocrates » !

La vérité n’est-elle pas une histoire de clans, pardon de Clan CMDT qui se retrouve autour de son parrain ?

Iba laisse-t-il l’Adéma orpheline ? Sa réponse déroute : « Je suis de ceux qui sont aujourd’hui  les défenseurs réels des valeurs et principes qui ont fondées l’Adema et aussi du bilan de l’Adema »

La transhumance rend méconnaissable et ins aisissable comme le dit l’adage «tounga te danbè don». Sinon Iba sait plus que tout le monde qu’on défend mieux l’héritage, les valeurs et principes d’un parti politique, online que offline, plus à l’intérieur qu’en dehors.

 

  1. IBK : un « ex bon grand frère »

Comment juge-t-il la gestion du régime de celui qu’il dit avoir été pour lui  un ex « bon grand frère », « quelqu’un qui est recommandable sur le plan des relations, avec les proches, les camarades et amis » ?

Iba n’Diaye «trouve que 90% des difficultés du pouvoir actuel viennent du pouvoir lui-même. Et, je pense que cela est à méditer et l’opposition y veillera pour que le pays ne brûle pas. J’ajoute aussi qu’avoir le pouvoir par le mensonge, le reniement, la violence verbale, reste une autre forme de coup d’Etat, surtout lorsque les promesses tenues ne sont pas réussies et que c’est totalement le contraire qui se fait de manière délibérée. Cela est condamnable… je parlerais honnêtement que en dehors de coup d’Etat militaire, il y a d’autres formes de coup d’Etat, comme avoir le pouvoir par tous les moyens et surtout les moyens qui sont répréhensibles au regard de la loi et de la morale universelle. Je pense que cela reste aussi une autre forme de coup d’Etat et il faudrait que les gens se ressaisissent et redressent le tir ».

On le savait d’une intolérance brouillonne, mais Iba fait dans une hargne malhabile. Il y a quel mensonge quand le peuple à près de 78% vote pour un bonhomme ? Pour qui prend-t-il Iba les Maliens ? Quel camp a usé de violence verbale pendant la campagne ? Qui a insulté IBK père et mère sur les ondes d’une radio de Bamako ? N’est-ce pas le démocrate sincère et patriote convaincu IBa N’Diaye, qui se renie lorsqu’il refuse le choix majoritaire de son parti de voter pour IBK et qui considère l’expression de la volonté souveraine du peuple malien en faveur de IBK comme un « coup d’Etat » !

Sinon pour les 90% des difficultés du régime, il a 100% raison.

 

  1. Iba N’Diaye : les dividendes du retournement de veste

Jouissant et s’extasiant lors de sa petite heure de gloire, lors de l’ouverture du congrès de son nouveau parti d’adoption, Iba N’Diaye se justifie: «Je ne suis pas ici, faut-il le souligner, par calcul. S’il s’agissait d’avantages multiples, d’argent facile, rapide et à la pelle, l’adresse est connue tout comme les numéros de téléphones et les contacts humains.

Je vous prie de me croire, car le lendemain du coup d’état militaire de mars 2012 nous aurions pu afficher d’autres choix et d’autres conduites»

 

Bien sûr, rien de cela ne procède de la Transhumance, c’est seulement dans l’ordre des choses que ceux qui se ressemblent s’assemblent. Les strapontins politiques ne sont que des bonus et des dividendes du tourbillon et du vacillement des convictions politiques.

 

  1. Iba et l’Adéma : les démons

du passé

«L’Adema d’aujourd’hui est dans les liens d’une alliance qui porte préjudice à sa crédibilité… Le nouveau président n’a pas été soutenu par l’Adema qui avait opté d’aller en soutien avec le candidat du FDR qui serait qualifié pour le second tour de l’élection présidentielle.

Le mieux placé à cette élection,  pour le compte du FDR, fut le président  Soumaila CISSE.

C’est en tant que responsable du FDR, à l’époque, que j’ai donné mon soutien.

J’ai décidé donc de prendre du recul au sein de la direction de l’Adema pour couper court à tout et j’ai constaté effectivement que l’Adema est allé en alliance durable avec le président de la république et la majorité qui le soutient… Le pays va très mal, les horizons se bouchent et l’avenir parait très incertain pour de nombreux Maliens à cause d’une gouvernance qui n’a pas son précédent.

De tout ce qui précède, mon choix s’est porté sur l’URD, membre fondateur de FDR, de l’opposition et deuxième force politique au Mali».

Simple retour de la manivelle. Iba apprend à ses dépens, 11 ans plus tard, que l’Adéma n’appartient pas à son président à fortiori à son président par intérim.

Cette Adéma qu’il voudrait incarner a bel et bien apporté son soutien à IBK, a voté pour IBK et se retrouve en toute logique en alliance durable avec « le président de la république et la majorité qui le soutient». En bon responsable, on tire, on sait. Les histoires du FDR, le pays va mal n’ont rien à y voir.

Le pays n’allait pas mieux avant, pardi !

 

Soumi : le choix de la rancœur

«Les souffrances actuelles de notre Nation ne sont-elles pas les conséquences de la gestion hasardeuse imprimée à notre pays du fait d’un choix mal éclairé?

Le Mali semble à l’agonie, asphyxié par l’inertie gouvernementale, la valse-hésitation entre actions médiatiques ministérielles et réactions de survie, par l’absence de vision diplomatique et la chasse aux privilèges».

De quel choix parle-t-il notre désormais nouveau Chef de parti ? Celui de la gouvernance mise en œuvre ou celui des Maliens qui ont massivement voté contre lui ? Soumi Champion ne reste-t-il pas toujours quelque peu amère 15 mois après la raclée de la présidentielle ? « Bin baga to da la kolon tè ! »

Soumi prône-t-il le retour au consensus ?

«Le Mali ne grandit pas, il régresse vertigineusement.

Pourtant, combien de forces vives, combien de jeunes dynamiques, combien de femmes audacieuses, combien d’associations généreuses, combien de militaires dévoués, combien d’entreprises innovantes, combien de commerces inventifs, combien d’enseignants compétents, combien de … ?  La liste est incomplète, il y a tant d’énergies humaines dans ce pays à simplement mais véritablement mettre en confiance et en marche, avec un cap défini et partagé, pour que notre pays progresse, grandisse, s’unisse dans l’essentiel… Pourquoi ignorer ce capital humain? Pourquoi le laisser désespérer, dépérir, même agoniser?

Il est temps, grandement temps, urgemment temps de crier: STOP!».

En d’autres termes, pour que le Mali grandisse, il faut mettre tout ça dans le même sac, comme au bon vieux temps du consensus ; et « chacun en son âme et conscience et à l’unanimité » roule pour le Mali d’abord.

Il faut redéfinir  et partager le cap, dans la bouche du Chef de l’opposition n’est-il pas un appel de détresse à aller à la soupe ou plutôt à refaire l’union sacrée pour bouffer ensemble.

Le Mali est déglingué, asphyxié, à l’agonie… le Mali régresse, le Mali est bloqué, le Mali, le Mali, le Mali…

Le Mali est fatigué dè manou !

Urd : la gentille opposition

« L’URD doit dénoncer et combattre tous ces fossoyeurs de notre pays ». Bien évidemment quelle tautologie, c’est son rôle. Sauf que le concert de dénonciations stériles n’a jusqu’ici servi à rien. Alors Soumi demande gentiment à ses supporters l’union sacrée dans le fatalisme autour de la Nation : « Unissons nos forces, même les plus faibles, pour ne pas sombrer dans les abîmes du désespoir, et croire d’abord en la survie de notre pays et demain en sa vie, dans la solidarité, la justice, la paix et la prospérité »

Parena : Le grand derby oppositionnel

Face à l’Urd, le Bélier se devrait de gagner la partie de l’invective et de la dénonciation contre régime. Son adresse au congrès du parti du Parrain est en cela un chef-d’œuvre.

«Beaucoup de ceux qui dirigent aujourd’hui le Mali étaient fréquents à Kati. Beaucoup parmi eux ont fricoté avec la junte qui a failli détruire le Mali».

En l’absence de précisions quant au nom, c’est pure spéculation, supputations voire de la délation pure et simple. Parce qu’on peut aussi ajouter que beaucoup de ceux qui ne sont pas au pouvoir avaient appelé au coup d’Etat avant le 22 mars ; et beaucoup parmi eux ont rendu visite et conseillé nuitamment le Capitaine.

FDR: Sanogo fait toujours peur, et sacrement peur

«Il n’est pas étonnant que les mêmes qui ont eu les faveurs du capitaine Sanogo, les mêmes qui complotaient avec la junte contre la démocratie et la République soient ceux-là mêmes qui, profitant aujourd’hui de leurs positions dans l’appareil d’État, grenouillent pour que le capitaine Sanogo et ses complices échappent à la justice.

De manière indécente, ils envoient des SMS aux putschistes détenus pour les réconforter en attendant une libération prochaine. »

En effet, c’est très étonnant. Etonnant que ceux qui avaient le pouvoir entre les mains aient laissé le capitaine à l’air libre, sans l’arrêter et pire se soient mis à ses petits soins en lui convoyant chaque mois les sacs de millions dont chacun sait le montant… que ce soit les mêmes qui reprochent à ceux l’ont arrêté de vouloir le relâcher. A croire que le Capitaine leur fait toujours peur, et sacrement peur. Pourquoi ?

Mara : le mal-aimé

de la comédie

« J’en appelle à la conscience démocratique du président de la République, s’il est encore en mesure d’agir, pour mettre fin aux micmacs politiciens du Premier ministre… que certains de ses membres, préoccupés par leur image, sont en campagne  électorale permanente tel, le  premier des ministres, qui prie chaque vendredi dans une mosquée différente!  On se demande pourquoi le Président laisse faire ces jeux politiciens dans les mosquées? »

C’est vrai que la « guerre improvisée » de Mara nous a valu honte et humiliation. Mais nous sommes comme chacun l’aspire pour la République encore dans une République laïque. Comment le président peut-il s’opposer et interdire à son Premier ministre de ne pas aller prier dans la mosquée de son choix ? Qu’après les mosquées que Moussa joseph Mara aille prier aussi dans toutes les églises du Mali, si tel était son souhait ou si telle était la recommandation de ses marabouts. Le président n’a rien à y voir.

 

Quand le Parena perd le Nord

« Les «Éléments de synthèse» issus des discussions d’Alger que tout le monde conteste sont le reflet du rapport des forces créé au Nord à la suite de  l’aventure de Kidal!

Outre un rapport des forces défavorable, l’action du gouvernement sur le Nord continue d’être caractérisée par un manque de vision et de leadership, des louvoiements et un manque criard de contrôle du Mali sur le processus de sortie de crise! »

Le diagnostic est clair, précis, et sans aucune réserve. Sauf que le génie dont le Parena se farde est discuté et largement partagé dans tous les grins. Le Nord, ce n’est pas le Parena. C’est une préoccupation commune de tous les Maliens. Ce n’est pas parce que le Parena n’y est pas que le processus est condamnable.

Avion présidentiel : le piège à Malinké

« Nous avons souhaité, lors de la rencontre du jeudi 20 novembre à Koulouba, que  le président de la République s’explique sur toutes ces  affaires. Nous avons souhaité qu’il nous dise combien a coûté le Boeing 737 présidentiel? 17 milliards (comme il l’a annoncé lui-même à Jeune Afrique)? 20 milliards (comme indiqué aux députés par le Premier ministre)? 21 milliards (selon le ministre des Finances)? Ou tout simplement 7 milliards 470 millions, comme le ministre de la Défense, co-signataire du contrat d’achat de l’avion l’a dit au Bureau du vérificateur général (BVG)?

Vous connaissez la réponse, le  Président ne veut pas s’expliquer. « Je ne le ferai jamais», a t-il dit!… Et pourtant, le peuple veut savoir où est la vérité? Quel est le prix d’achat réel de l’avion? »

Le Parena veut savoir ou le peuple veut savoir ? Pourquoi le Parena voudrait que le président de tous les Maliens se plie à sa volonté ? Pourquoi l’opposition voudrait-elle tout ramener au président de la République ? Et du reste, le Parena n’est-il pas en train d’enfoncer une porte déjà ouverte ? Deux audits ont été réalisés, tout est sur la place publique. Les Maliens savent déjà tout. Ils attendent seulement que les coupables soient punis. Dans un Etat, à chacun son rôle et IBK tient, sur ce coup, sa posture de Chef au-dessus de la polémique. Un piège à Malinké dans lequel il se refuse de tomber.

Mara : un PM omniscient qui ignore tout

Devant les Maliens du Sénégal ébahis, le Premier ministre gaffeur a dit à propos de l’introduction d’Ebola au Mali que  «L’imam guinéen décédé de la fièvre Ebola à la Clinique Pasteur savait bien qu’il était atteint de la maladie. C’est pourquoi il a contourné la frontière à Kourémalé »

Mais alors, si l’Imam savait, la clinique pasteur savait aussi. Et comment l’Etat malien, le gouvernement du Mali avec à sa tête un Premier ministre omniscient, a-t-il pu ignorer le danger qu’un tel safari mortel pouvait avoir comme conséquence sur notre pays ?

Camara : Une gaffe qui mérite une baffe

Le grand « aigri » de secrétaire général du comité syndical de l’ORTM, Abdourahamane Touré fait dire au Ministre Camara à propos de la décision d’annuler la cérémonie de Miss ORTM que « c’était en vertu d’une raison d’Etat contre laquelle lui-même ne pouvait rien… ».

Soit il n’a rien été de tel, auquel cas le syndicat joue en dessous de la ceinture ; soit il l’a effectivement dit (et jusqu’ici il n’y a pas de démenti formel), dans l’hypothèse, il s’agit d’une belle bourde, une gaffe ministérielle qui mériterait bien une bonne baffe présidentielle.

Comment en effet peut-on se décharger ainsi sur son Chef en toute irresponsabilité et impunité ? Parce que c’est se défausser sur le Chef de l’Etat que d’invoquer la raison d’Etat et de tenter de se blanchir en se présentant comme un agneau.

Soyons charitable comme Jésus ; pardonnons-lui, il ne sait pas ce qu’il dit. Sinon au Mali, tous les parleurs savent et disent toujours : si le message est mal transmis, ce n’est pas la faute de celui (ou ceux) qui m’ont envoyé, mais la mienne. Et Camara ne sait pas cela.

Camara : Le virus de la parlote

Dans une interview accordée à Malijet, le ministre de l’Economie Numérique, de l’Information et de la Communication se justifie sur le report de l’édition 2014 de Miss ORTM :

«Nous avons estimé que ce programme n’était pas en phase avec la gravité du moment, caractérisé par une crise sécuritaire et une situation sanitaire très complexe, avec la maladie Ebola ».

Il ne faut pas prendre les enfants du bon Dieu pour des canards sauvages. Quand les politiciens remplissent les palais de leurs militants, il n’y a pas d’insécurité et d’Ebola, mais quand il s’agit des aigris du bas peuple, on évoque la gravité de la situation du pays. Quelle république à deux vitesses !

Miss Ortm : c’est fini !

« Nous n’avons jamais demandé que l’élection soit annulée. Simplement qu’elle ne soit pas diffusée sur les antennes de l’ORTM en ce moment ».

Report ou annulation de Miss ORTM, quelle différence pour les aigris de téléspectateurs maliens ? Elle n’a pas lieu et elle ne sera pas (et plus ?) diffusée sur les antennes de l’ORTM, c’est aussi simple que ça. A qui le doit-on ? A la raison d’Etat. Et le ministre Camara ne veut pas assumer cela au nom et pour le compte de son président sous pression des islamistes du sud.

Miss Ortm : Laïcité malmenée ?

« Pas du tout ». Pour le ministre Camara ce sont les aigris qui cherchent « à monter les Maliens les uns contre les autres à des fins politiques ».

Sans infirmer que les islamistes aient pu faire pression et obtenir une telle mesure du président d’un pays laïc, le ministre Camara estime : « Quelles que soient les demandes de certains, le Mali est un Etat laïque, et le demeurera. C’est l’engagement pris par le Président de la République devant tous les maliens. D’ailleurs, le Gouvernement s’est battu pour que le respect de la laïcité figure dans le futur accord qui se décidera à Alger, il n’y a donc aucun doute sur cette volonté ».

Mais il vient d’où celui-là ? La laïcité n’est pas une volonté du président IBK et ne figure pas que dans le futur accord qui se décidera à Alger, elle est inscrite dans toutes les Constitutions du Mali depuis 1960. Et jusqu’ici elle n’avait jamais été remise en cause, au plan officiel…

HCI : Quelle sagesse politique!

Un responsable du Haut Conseil Islamique nous révèle dans Procès verbal à propos de la pression des islamistes pour l’interdiction de Miss ORTM à la télévision: «IBK nous a demandé, il y a quelques semaines, de prier à la grande Mosquée de Bamako pour qu’Ebola n’entre pas au Mali, que la pluviométrie s’améliore et que les pourparlers d’Alger aient une issue favorable. A cette occasion, il a publiquement demandé aux leaders religieux de lui faire dénoncer toute mauvaise pratique, leur disant qu’ils répondraient devant Dieu de leur éventuel silence face au mal. Nous avons décidé de l’éprouver en lui demandant d’interdire l’élection Miss ORTM, qui est indécente et contraire aux valeurs musulmanes. Demain, nous lui demanderons aussi de faire interdire, à la télévision publique, les feuilletons obscènes».

Ainsi donc, c’est IBK qui a instruit qu’on interdise, à la demande des islamistes, Miss ORTM en violation de la laïcité ? Quelle sagesse et quelle loyauté de la part de ce vénérable !

 

LA RÉDACTION

 




Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *