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mardi 21 novembre 2017
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Les pépites du vendredi

Le projet d’Accord de paix et de réconciliation remis aux parties à la fin du 4ème round des pourparlers d’Alger ; l’arrestation et l’emprisonnement d’un député Rpm suite à une altercation avec le juge de sa localité, la rentrée politique de l’ex-parti majoritaire l’Adéma-Pasj et les mises au point de la Minusma suite aux critiques quant à sa mollesse et à sa passivité dans la lutte contre le terrorisme…, auront tous été balayés par la nouvelle du rétablissement des relations entre le Mali et les bailleurs de fonds, notamment le Fmi.

Nous vous proposons les pépites commentées d’une actualité densément fournie cette semaine.

I-POURPARLERS D’ALGER

Pourparlers d’Alger : on avance dans l’ambiguïté

Pour expliquer les tenants et les aboutissants du projet d’accord soumis aux parties par la Médiation algérienne, au terme du 4ème round des pourparlers, la «dream team» gouvernementale, lors de la Conférence de presse tenue mardi, a donné des cauchemars aux Maliens à travers ses explications alambiquées. La main sur le cœur, l’équipe gouvernement explique que le mot « Fédération » ne figure pas dans le document, et veut rassurer les Maliens que «Ce projet de préaccord est une avancée parce que pour nous, les points non négociables ne sont pas dedans, à savoir l’intégrité territoriale, l’unité nationale, la forme laïque et républicaine de l’Etat », alors qu’elle même est dans le brouillard le plus total.

En tout cas, Hamadoun Konaté, ministre de la Solidarité, de l’Action humanitaire et de la Construction du nord, ne fait dans la nuance pour relever les équivoques et les ambiguïtés que ses collègues diplomates (Zahaby et Diop) qualifient d’avancées. Comme par exemples, ces « Etats » et « Régions » qui se baladent dans le texte souvent en Majuscule et en Minuscule et souvent au Singulier et au Pluriel. Divergence de style ou de fond dans l’équipe gouvernementale ? En tout cas, dissonance dans l’appropriation et dans le rendu. Toutes choses qui font des « avancées » diplomatiques, des «ambiguïtés » cauchemardesques à corriger au plus vite. Des ambiguïtés pourtant qui ne sont pas si ambiguës que ça. Parce que même ceux qui n’ont pas le CP2 savent que Etat au singulier, c’est le Mali un et indivisible et Etat au pluriel, c’est la Fédération du Mali comprenant le Mali divisé et l’Azawad reconnu.

II- RETOUR DES

BAILLEURS DE FONDs

Soliloque d’un dinosaure de la guerre froide

Commentant l’actualité comme s’il coulait mettre les journalistes en chômage, le Parti du Bélier blanc dit saluer et se réjouir du retour des subventions du FMI, avant d’inviter le Président de la République à appliquer, avant mars prochain, date de la prochaine mission d’évaluation du FMI, les engagements pris avec les bailleurs de fonds par la mise en œuvre de leurs préconisations notamment les sanctions.

Sacré PPR, avec lui on est toujours Prêt Pour la Rodomontade. L’ex grand révolutionnaire est visiblement marri et ne voudrait surtout pas se satisfaire de « cette décision d’autant plus salutaire » ! Que le  Fmi dise que le Mali a respecté ses engagements et qu’il n’est pas de son ressort de s’immiscer dans la marche de la Justice, peu lui importe. Pour lui les « errements d’un Gouvernement dont le souci premier n’a pas été la bonne gestion des maigres ressources du pays » sont imprescriptibles. Même si c’est bon, ça reste mauvais pour lui. Comme quoi son logiciel reste bloqué au temps de la guerre froide.

A deux pas de la subversion

Dans son amertume de voir un bon filon de dénonciation lui échapper, notre PPR national fait feu de tout bois dans l’interview qu’il a accordée à notre confrère de ‘’Le Républicain’’.

L’ex-agitateur estudiantin et syndicalo-anarchiste qu’on croyait repenti appelle à la rescousse la société civile contre le régime : «Il faut que la société civile comprenne qu’elle aussi à sa part de responsabilité dans la mauvaise gestion de notre  pays. Car si elle ne dénonce pas, elle va être coupable. Qu’elle dénonce la mauvaise gestion et la mauvaise gouvernance de notre pays  comme fait le PARENA, comme fait l’opposition».

Attention PPR, de la mobilisation à la subversion, il vous reste deux petits pas. Or, Daniel Tessougué a été suffisamment clair pour dire que tous ceux qui violent la loi le trouveront sur son chemin. Quand on cravate un honorable député du parti majoritaire au pouvoir, cela doit tout de même donner à réfléchir à un opposant sans couverture.

Faute du chaos, l’opposition appelle à l’hécatombe

A la suite du bouillant PPR du Parena, M. Koné pense qu’après la reprise avec le FMI, «L’important est que le pouvoir mette en œuvre les exigences du FMI, notamment les corrections portant sur la réduction de la facture de Guo star, rectifiée à 40 milliards au lieu de 69 milliards de FCFA, la suppression du crédit bancaire, l’immatriculation de l’avion et autres. Si on arrive à satisfaire les exigences des bailleurs de fonds ce serait une bonne chose. Mais il reste les sanctions administratives que nous attendons… ».

Foi d’opposant teigneux, ils aboient  et tiennent à voir quelques têtes voler, ma parole ! Faute d’avoir eu le chaos, l’opposition veut voir une hécatombe pour ceux qu’elle appelle, les « prédateurs de la République ». Qu’il faut sanctionner, châtier, pourquoi pas chicoter publiquement pour faire taire l’Opposition !

L’opposition aboie

L’opposition Urd souffle dans la même trompette que le Parena. Encore un peu plus aux abois, comme au début de ces affaires, les amis de l’Opposition, se sont donnés le mot, pardon partagés les mêmes éléments de langage pour aboyer. Après PPR, Lassana Koné, vice-président de l’Union pour la République et la Démocratie (URD), estime que « Cette reprise de coopération est un soulagement pour toute la population malienne. Il faudrait maintenant suivre de près pour éviter de décevoir. Nous allons surveiller de près et dénoncer s’il y a des dérapages ». Allons, camarades, les concessions faites, les engagements pris et respectés par l’Etat malien au terme de la mission conduite par Christian Josz, du 12 au 25 septembre derniers, ont convaincus le FMI de la bonne foi des autorités et ont permis ce lundi le rétablissement des relations avec le Fonds. Les autorités du FMI estiment que la loi de finances 2015 remet les finances publiques sur une trajectoire soutenable. Après la Banque Mondiale, le Fonds Monétaire International, l’Union européenne confirme aussi «son engagement conséquent aux côtés du peuple malien». Soyez bons joueurs cette fois-ci,c’est fini. Game is over !

Le FMI passe l’éponge…

Commentant la décision de reprise des relations avec le FMI, le secrétaire général du Parena, Djiguiba Keïta, PPR, dans sa volonté de toujours tacler le Président de la République, confie à notre confrère de ‘’Le Républicain’’ : « Pour des errements d’une gouvernance qui n’avait pas souci des maigres ressources de notre pays, d’une gouvernance qui n’avait pas pris soins de nos ressources, comme un bon père de famille… nous interpellons le président de la République. Il faut absolument que les sanctions soient prises contre les prédateurs de la République ».

Ces affaires de sanctions ne passent pas devant par le Parquet de Daniel Tessougué, mais devant la juridiction du FMI qui est son Conseil d’Administration qui a statué ce lundi et a décidé de passer l’éponge sur les affaires.

A chacun, sa chacune dans une République : à l’opposition de hurler et vociférer sur tout et rien, à la majorité de gouverner, au Président de la République d’être au-dessus de tout ce beau monde là (même si le Parena pense qu’il est son égal)… et à la Justice de sanctionner « les prédateurs de la République ». Si le Président avait le droit de sanctionner quelqu’un, ça ne lui déplairait vraiment pas de chicoter certains de ces jeunes frères qui passent le temps à l’invectiver et à l’insulter.

La majorité dort

Commentant le rétablissement des relations entre le Mali et le FMI, la majorité présidentielle par un de ses porte-voix, Boubacar Touré dit Bou, secrétaire à la Communication du RPM et vice-président de la Convention des partis politiques de la majorité présidentielle, dit : « la rupture n’était dans l’intérêt de personne. Avec cette rupture les deux parties avaient beaucoup à perdre. Quelle que soit la situation interne, ce n’est dans l’intérêt de quiconque qu’il y ait une rupture entre le Mali et ses partenaires techniques. En cette période difficile, les Maliens doivent s’unir pour la cause du Mali ».

Quoi seulement un petit appel du bout des lèvres entre filet dans un canard ? Même pas un communiqué ! Pour une vitalité majoritaire, on aurait pu, faute de pouvoir mobiliser les troupes, danser du «Maraba yassa» et chanter partout : «djougou yé min fô a ma ke ten, «djougou yé min fô a ma ke ten», «Nn fingnè bora min, fignè douman, «Nn fingnè bora min, fignè douman».

Belle prêche dans un désert de mobilisation de la majorité qui gagnerait à se mobiliser vite fait avant que l’opposition ne réussisse à enrôler la société civile que PPR  a déjà fortement haranguée. Il faut que la majorité se réveille de son assourdissant et comateux sommeil et soit un peu plus agressive et pro active, sinon, l’appel sonnera en mars prochain comme dans le film : le médecin après la mort.

III- AFFAIRE

DU DÉPUTÉ EMPRISONNÉ

Tessougué : la loi, c’est moi

Le procureur général, Daniel Tessougué connaît son job et à une haute idée de sa fonction : respecter et faire respecter la loi. Pour que nul n’en ignore, il a organisé une conférence de presse dans son bureau, pour faire passer son message suite à l’arrestation d’un député par la Justice.

Il explique que c’est lui qui a donné l’ordre d’arrêter le député Bourama Tidiane Traoré du Rpm le Mardi 25 novembre entre 18heures et 19 heures :

«J’ai appelé le directeur national de la gendarmerie pour lui intimer de faire arrêter le député… mes ordres furent respectés… Tant que je reste procureur général, je mettrai en prison tout député qui frappe un citoyen!».

Bien joué Proc, fonce, tous les « aigris » de la République vous soutiennent contre les agresseurs des juges mais aussi contre les emmerdeurs et les prédateurs de la République qu’il faut aussi coffrer avec la même célérité. Ya foï ! « On verra ce qu’on va verra » !

Match Justice –parlement : 2 à 0 pour les juges…

On n’est pas dans une République des juges, mais par ici, les gens savent désormais qu’avec ces gens-là, il ne faut pas blaguer, surtout avec les poings. Mieux, avec l’embastillement de Boura, les honorables étrangleurs, boxeurs, insulteurs et agresseurs… doivent désormais comprendre que leur immunité parlementaire n’est rien d’autre qu’un torchon qui, ni les couvre, ni les protège du cachot : « L’immunité d’un député n’a aucune valeur en cas de flagrant délit. Si un élu est pris en flagrant délit, il est traité comme un simple citoyen sans qu’il y ait lieu à lever son immunité ».

Dans l’affaire du député de Ouéléssebougou, non seulement, chacun sait désormais d’une part qu’un député peut être coffré avec son immunité et d’autre part que l’Assemblée n’y peut rien. Ça fait deux à zéro pour les juges.

Affaire Ouéléssébougou : leçons pour les députés

Commentant l’affaire de l’emprisonnement du député Bourama Traoré de Ouléssébougou, le procureur général, Daniel Tessougué dit : « cette affaire est un moment très triste dans la vie de l’institution parlementaire ». Pire, c’est une sale affaire, une honte et une humiliation pour les honorables qui ont pris une raclée en plein jour. Aussi, pour l’avenir, le gardien de la loi et de l’ordre public conseille gratuitement aux députés de se mêler de ceux qui les regarde et savoir se maitriser : «les députés doivent savoir que leur mission n’est pas d’aller donner des coups de poing mais de défendre l’Etat et les citoyens qu’ils sont censés représenter ».

Ah bon, « défendre l’Etat et les citoyens » ça c’est dans quelle loi ça ! Ça se comprend, puisqu’on a une armée qui détale au moindre coup de feu (selon Mara), le Procureur général fait bien d’assigner aux députés  la défense et la protection de l’Etat et des citoyens, au lieu de passer leurs temps à étrangler, à boxer, à agresser, à tabasser des pauvres journalistes, douaniers, juges…

Daniel Tessougué :

grand avocat des juges…

Dans cette « triste affaire » du député de Ouéléssébougou, qui a tourné à l’avantage des juges, le Procureur général aura joué un rôle capital. Croyez-le bien sur parole, il a défendu la loi, et ce,  sans aucun corporatisme, dans l’intérêt de la loi, toute la loi, rien que la loi : «Ce n’est pas parce qu’un magistrat a été agressé que la justice s’est mise en branle; c’est parce (que…) Vu les dures conditions dans lesquelles travaillent les magistrats, il est inadmissible de les laisser agresser !»

C’est normal, il faut le dire, pour se rappeler au bon souvenir de ATT. Ce sont les magistrats qui sont dans les conditions les plus infra-humaines de l’administration malienne, ce ceux qui galèrent sous le soleil, ce sont eux qui sont exposés au front à la furie meurtrière des jihadistes, ce sont eux les moins bien payés de la République… Il est donc normal de les défendre.

… et de l’Etat aussi

Tout Procureur général et désormais emprisonneur de député qu’il est, Daniel Tessougué n’oublie pas aussi qu’il est le Ministère public, donc défenseur de l’Etat et du gouvernement. Aussi, face à la menace brandie d’une motion de censure contre le gouvernement, le Procureur général, sans faire de la publicité sur ses œuvres, contre-attaque et moralise pour mieux mâter les députés : «Il ne saurait y avoir de conflit entre les pouvoirs exécutif et judiciaire… En ce qui concerne la menace de motion de censure du gouvernement, pourquoi les députés ne l’ont-ils pas mise en oeuvre pour des choses pires que l’incarcération de leur collègue ? S’ils votent une motion dans le cas d’espèce, le peuple retiendra qu’ils sont élus pour défendre leurs intérêts et non ceux de l’Etat et du peuple ».

Dans le décompte des points, ça fait 3 à 0 pour les juges.

Ag Rhissa: Un avocat chargeur

L’affaire de la petite bagarre qui a opposé le juge et le député de Ouéléssébougou a donné lieu à une profusion de littérature. Des prises de positions qui n’ont pas toujours fait dans la dentelle. Comme celle du chef de la délégation officielle du parti à Ouéléssébougou, Ousmane Ag Rhissa, l’ancien ministre : « Ce qu’il (le député) a fait n’est ni militant, ni honorable, ni démocratique ». Autrement dit, c’est bien fait pour sa gueule ? En voilà un avocat chargeur qui fait preuve d’une fabuleuse solidarité entre camarades d’un même parti politique ! À se demander si Ag Rhissa, d’habitude pondéré, a été envoyé à Ouéléssébougou pour défendre ou pour enfoncer le jeune député. Normal que les juges l’ait gardé au gnouf pendant plusieurs jours. Et ça fait 4 à 0 pour les juges.

IV_ DIVERS

Minusma : faux mandat pour vrais pique-niqueurs ?

Sous les feux roulants de la critique depuis un certain temps pour sa passivité, son déploiement non stratégique sur le terrain et des énormes pertes qu’elle enregistre sur le terrain, la Minusma (Mission multidimensionnelle intégrée des Nations unies pour la stabilisation du Mali), a cru bon de mettre les i sur les points sur sa page Facebook. Pour les responsables du grand machin onusien déployé dans notre pays, « Le Mali est un pays souverain responsable de la sécurité à l’intérieur de ses frontières. Les Nations Unies ne sont pas responsables de la lutte contre le terrorisme au Mali. La MINUSMA appuie le gouvernement dans le regain de contrôle au nord du pays. Afin que la MINUSMA puisse mettre en œuvre son mandat, elle prévient et réagit aux attaques terroristes dans un but à court terme ».

Ce n’est pas de l’arnaque, ni de la tricherie sur la marchandise. C’est juste que le mandat de la Minusma est à géométrie variable, très onusien pour ne pas être compris et accepté par les uns et les autres. Mais c’est comme ça. Nulle part, dans le mandat de la Minusma, le terme « terrorisme » ou celui de « terroristes » n’apparaît. On y parle juste de « éléments armés ». Qui peut être terroristes ou non terroristes. Voici ce qui est écrit :

« Agissant en vertu du Chapitre VII de la Charte des Nations Unies, le Conseil de sécurité, par sa Résolution 2164 (2014), a décidé de proroger le mandat confié à la MINUSMA jusqu’au 30 juin 2015.

  1. a) Sécurité, stabilisation et protection des civils
  2. i) Pour appuyer les autorités maliennes, stabiliser les principales agglomérations, notamment dans le nord du pays, et, dans ce contexte, écarter les menaces et prendre des dispositions pour empêcher le retour d’éléments armés dans ces zones; »… Ce qui ne veut pas dire pour la Minusma combattre le terrorisme. Sauf que ça devrait tomber sous le bon sens que si on envoie des soldats dans une zone empestée de terroristes, non pour pique-niquer mais pour «écarter les menaces et prendre des dispositions pour empêcher le retour d’éléments armés dans ces zones », point besoin n’est de leur donner un mandat de les combattre. Mais bon, l’ONU a son lexique, les autres le leur aussi.

Adéma : le temps

de la communalisation

Le Parti africain pour la Solidarité et la Justice n’est plus. Pardon pour la chronique funèbre. Le grand parti qui a régenté la première décennie du pluralisme démocratique n’est, en tout cas, plus que l’ombre de lui-même. Rasant les murs, se complaisant dans un situationnisme alimentaire, se contentant de strapontins, la grande Adéma n’ose plus mobiliser ses troupes.

Tenez, pour toute rentrée politique le Parti de l’Abeille se satisfait d’une démonstration de force dans une commune secondaire de Bamako, la Commune II, tombée lors des législatives dans l’escarcelle des Tisserands. Et le président intérimaire de l’Adéma, Tiémoko Sangaré, s’en réjouit : « En commune II, l’Adema reste debout et encore plus fort qu’avant ». Bonjour alors, la communalisation de la Ruche, même Si on fait au passage porter le chapeau de la déconfiture aux « traitres » qui ont pris le large en pleine tempête. Comme c’est toujours le cas en politique politicienne.

Rassemblés par la Rédaction




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