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mercredi 16 août 2017
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Les pépites du vendredi

La contre offensive du président de l’AFD, Tiéma Hubert Coulibaly, la débandade dans le rang du parti de l’abeille, les imprécisions de Nancouma KEITA sur le nombre d’élus du RPM, les déclarations de la majorité présidentielle sur ses « traitres »,la demande de libération du député Tidiane TRAORE et le troc de l’otage français contre des prisonniers terroristes sont des questions au cœurs de votre rubrique les «Pépites du vendredi 12 décembre 2014 ».

Nous vous proposons les pépites commentées d’une actualité densément fournie cette semaine. Hubert Tiéman Coulibaly : le droit de licence, le devoir de décence

Pris en « flagrant délice » de récupération situationniste et de clanisme opportuniste, tancé et flagellé de toutes part pour l’œuvre fractionnelle de sape qu’il a entreprise au sein de la majorité présidentielle à travers son si petit grand machin de Afd, Hubert Tiéman Coulibaly tente de se défendre à travers la conférence de presse qu’il a organisé mardi dernier. En guise de droit de réponse ? Non, en vertu du droit de licence que la politicaillerie lui offre de débiter comme sur ses prétentieuses ambitions de fédérer la somnolente majorité et de la mettre en mouvement.

Pour sa défense, Hubert Tiéman Coulibaly, tout furax, lâche : «Je ne suis pas un opportuniste, je refuse d’être dans les cordes, je suis un offensif». Quand un Coulibaly dit ça, il n’est pas seulement « dans les cordes », il est au tapis, et avec plein la gueule. Pas opportuniste Hubert Tiéman ? Mais voyons, n’est-ce lui la grande gueule du FDR qui a retourné sa veste et fait un virage à 180°, entre juillet et août 2013, pour débarquer avec armes et bagages dans le camp d’IBK qu’il traitait auparavant de putschiste ?

« Offensif » ? Hubert Tiéman, l’est à coup sûr mais dans les ralliements opportunistes et très porteurs. Après tout, la politique, au Mali, est bien une question d’opportunité à saisir. Mais dans ce vieux à la mémoire fidèle, le droit à la licence politicienne, aux rodomontades et autres pantalonnades doit s’accompagner d’un devoir pieux de décence. Apparemment, cela manque à Hubert Tiéman qui pense qu’en créant une faction au sein de la majorité, le but de son Afd «est de renforcer la majorité présidentielle». Oubliant que même en politique politicienne, « qui se justifie, s’accuse », le président de l’Afd  dit «Dans notre démarche il n’y a aucune malice. Je ne me cache pas, ce n’est pas ma façon d’agir en politique. Je ne suis pas intéressé par une course ouverte au fauteuil, mais je suis intéressé par le bonheur du Mali, les réformes foncières, le redécollage économique». 

Il a raison le Coulibaly, dans cette histoire de l’Afd, «il n’y a pas de malice». Seulement là où il y a un lézard, c’est l’ambition clanique, pardon l’intention (clanique du regroupement) qui est, dit-on, lancée par lequel on saisit le criminel, pardon, le diviseur. Sinon pourquoi, vouloir sortir de la majorité pour former une nouvelle majorité quand on dit être membre de cette même majorité présidentielle ?

Ce qu’on reproche à la «façon d’agir» de Hubert Tiéman, ce n’est pas d’être clandestine (on ne peut défendre un Président en fonction en rasant les murs), mais c’est d’être clanique, opportuniste et situationniste. Le Ministre et le politique de Hubert Tiéman devrait, tout de même, savoir qu’il ne trompe personne lorsqu’il dit n’être pas «intéressé par une course ouverte au fauteuil ». Sinon pourquoi il a rejoint IBK entre juillet et août 2013 ? Sinon pour le bonheur, les Maliens ont déjà fait confiance au Président IBK. Que Hubert Tiéman Coulibaly, trouve autre chose, pour s’occuper.

Adéma : demain la casse

Un « Mouvement pour le renouveau de l’Adema », un Manifeste pour dénoncer le clanisme, les complots, les coups-bas, une « Direction du parti (qui)a montré toutes ses limites», des militants déçus et proposent une rénovation de la Ruche… ça ne vous rappelle pas quelque chose ça ?

Bien sûr que si ! L’Adéma renoue avec ses vieux démons de la division ! Pour toute solution, avec un passé difficile que traverse le grand Parti africain pour la solidarité et la justice, Adéma, des jeunes loups aux dents très aiguisées estime qu’il faut un déclic, à travers une rénovation version Sankara, la « chirurgie sans anesthésie» : « La Direction du parti  a montré toute ses limites: clanisme, bas calculs, manque de visibilité, d’initiatives, opacité dans la gestion des ressources du parti, démobilisation des militants du sommet à la base ».

Autrement dit il faut balayer la veille direction estropiée qui a fait perdre le parti. Non, non, non, les initiateurs ne veulent surtout pas être taxés de démarche clanique, ils se veulent animer des meilleures intentions pour la Ruche :

« l’ADEMA traverse une véritable crise de confiance. Les militants à la base sont inquiets et ne cessent de se poser des questions sur l’avenir du parti. Ce mouvement est loin d’être une instance. L’heure est grave, il faut agir ! L’âge n’est pas un critère de compétence. Il nous faut choisir le meilleur parmi nous pour sortir le parti de cette situation ».

Et le meilleur, on peut le deviner, c’est celui qui a porté haut le fanion du parti ? Pas de divagation, rien n’est joué d’avance pour Dra. Et il fera bien d’aller prendre des leçons auprès d’IBK, l’ex-président de l’Adéma et donné, en toute logique à l’époque, comme le candidat naturel.

RPM : la grosse imprécision

Questionné par notre confrère du Procès verbal sur la situation actuelle de son parti, en termes de députés, de maires et de conseillers, Nancoma Kéita, secrétaire  politique du RPM et secrétaire exécutif de la Mouvance présidentielle, reste évasif et fait dans les «à peu près».

«Aujourd’hui, le parti a une présence assez confortable à l’Assemblée avec 75 à 80 députés, selon les sensibilités… Nous avons 900 à 1000 conseillers, à travers le pays. Nous n’avons pas à nous plaindre de notre représentativité sur l’échiquier politique», a-t-il confié.

Bien sûr, Monsieur le Ministre, qu’on ne se plaint pas au RPM de cette imprécision qui ressemble à une fabuleuse pagaille ! Mais les Maliens si. Parce que le RPM n’est pas, en tout cas, n’est plus, un parti quelconque qu’il doit être clair et précis (en chiffres et en lettres) dans sa démarche, ses prises de position, ses actions et naturellement son organisation interne, ses structures, ses élus. Question de rigueur quand on est un parti au pouvoir, et de transparence vis-à-vis du peuple dont le mandat n’est pas un blanc-seing. 75 à 80 députés, ça c’est quoi ça ? Ce n’est pas tout de même Cosa Nostra pour qu’on ne sache pas le nombre d’élu ? Cas même…

Majorité présidentielle: des traitres intouchables ?

A croire que « les Traitres » dont la Majorité présidentielle accuse d’avoir été à l’origine des déboires du régime sont si puissants que nul n’a l’audace de les indexer à plus forte raison de les nommer. Comme à la Convention des partis politiques de la Majorité présidentielle, au RPM on se contente juste de les dénoncer. En tout cas, le puissant secrétaire politique s’en abstient dans l’interview qu’il a donné au Procès verbal : « Nous n’avons pas à citer des noms». Mais, alors Ahmadou Krumah se trompait-il quand il disait que « les choses qui n’ont pas de nom ne méritent pas d’être dites » ?

Mea culpa, maxima culpa ! On est en politique, et en politique, tout est permis. Alors reconnaissons à la majorité présidentielle, à travers son secrétaire exécutif de continuer à dénoncer sans les nommer ceux qui ont trahi IBK : « il a été desservi, dans sa volonté de servir le Mali, par des  gens dans lesquels il avait placé sa confiance; ils n’ont pas été transparents avec lui. Je le répète, nous n’avons pas à donner des noms, mais les fonctions autour desquels les critiques se sont cristallisées doivent être revues par qui de droit pour sauvegarder l’essentiel pour notre pays. Nos déclarations avaient pour seul but d’être en communion avec le président IBK ».

Pour être en communion avec IBK, ça se voit bien que la majorité ne joue pas les enfants de cœur. Outre qu’elle n’a pas le COURAGE de désigner nommément les traitres dans ses rangs, elle a même la frousse de demander à ses camarades hauts placés (parce qu’elle parle de « autorités ») sur la véracité des allégations portées contre eux. Nancouma explique : «Nous n’avons pas échangé avec les autorités pour savoir leur vérité, mais nous avons présumé objectifs les rapports établis par des institutions assermentées. Le président a été victime d’un abus de confiance; il faut qu’il prenne des mesures contre tous ceux qui ont fauté ».

Comme ça, il revient à la « victime » de se faire elle même justice ? Pauvre IBK ! Où sont tes défenseurs qui ont peur de nommer et d’affronter tes traitres ?

Majorité présidentielle : arrêtez de vous lamenter, agissez

Dissertant sur la position de son parti quant au problème du Nord, le secrétaire politique du Rassemblement Pour le Mali (RPM), l’ancien ministre de l’environnement Nancouma Keïta dit :

« La solution du problème du nord ne consiste pas seulement à se fonder sur l’insuffisance de développement économique et social. En effet, les autres localités maliennes ne sont pas mieux loties. A Kéniéba par exemple, le Mali exploite de l’or depuis des lustres, mais il n’y a ni routes, ni électricité, ni assez d’écoles: pis, l’eau polluée de cyanure circule dans les agglomérations sans qu’aucune mesure de protection soit prise en faveur des populations ».

Ah, les sociétés aurifères, en plus du fait qu’elles n’ont fait briller l’or au Mali empoisonnent donc nos populations ? Info de taille ! Et venant d’un ancien ministre de l’Environnement, il faut simplement se demander si son « depuis des lustres » comprend aussi le temps qu’il était dans le gouvernement ATT.

Sans lui demander ce qu’il a fait à l’époque, que compte-t-il faire aujourd’hui que son parti est aux affaires. Parce que les Maliens ne vont pas se contenter de lamentations de la majorité, ils attendent de la majorité des actions concrètes pour le bonheur qui leur a été promis. Un cadre vie sain, de l’eau non polluée… c’est le minimum !

Nancouma Keita : la légalité mandingue

Le député Bourama Tidiane Traore doit s’offrir les services du secrétaire politique de son parti, Nancouma Keïta, qui a été de loin le meilleur dans sa défense. Pour lui, s’agissant d’un député, on peut se passer de la loi et les pouvoirs du juge quand les politiques mettent simplement la République en danger : « La loi est faite de telle sorte qu’on puisse se passer d’elle car la même Constitution qui parle de flagrant délit dit aussi que l’Assemblée Nationale peut demander la suspension des poursuites. Si ceux qui appliquent la loi ne peuvent pas comprendre cela, alors la République n’est pas en sécurité».

Ah bon, les juges ne pigent rien à rien dans la subtilité constitutionnelle ? Qu’à cela ne tienne, la liberté d’opinion étant consacrée, affirmer aussi tout de go qu’on la « loi est faite de telle sorte qu’on puisse se passer d’elle », procède surement de la légalité mandingue.

Lazarevic : du pain béni pour l’Opposition

Avec le flop qu’elle a essuyé à l’occasion de la reprise des relations avec les bailleurs de fonds, l’opposition était dans une belle tourmente. Au point d’avoir perdu la voix quelques jours. Mais voilà, par la ronde de l’actualité, elle revient à la vie. Et la libération de 2 terroristes en contrepartie de celle du dernier otage français constitue pour elle du pain béni.

Faisant contre mauvaise fortune, cause commune, l’Opposition malienne (FARE, PARENA, PDES, PIDS, PS, PSP, PVRM et URD), et tout en se « réjouissant de la libération du ressortissant d’un pays ami, arbitrairement détenu sur notre territoire » (en réalité pour faire un appel du pied à la France), tape sur son Tabalé national : le président IBK.

« 2- les terroristes concernés auraient dû répondre devant la justice du Mali des crimes qu’ils ont commis, le Président aurait pu alors, s’il y était contraint, exercer son droit de grâce,

3- En agissant en dehors des règles de l’État de droit, le Président fragilise davantage notre pays et met à nu l’incompétence et le manque d’anticipation qui caractérisent l’action de son gouvernement,

4- Il fait peu de cas de la justice, des victimes et de leurs familles, et encourage l’impunité, autre marque de fabrique de sa gouvernance. »

Belle leçon de légalité de la part de gens qui ont agi de la même façon quand ils étaient au pouvoir. Les Maliens n’ont pas oublié l’affaire Camatte. Et à l’époque, personne d’entre les apprentis opposants n’a pu dire que le président ATT n’avait pas respecté la légalité, avec le jugement baclé qui permis de libérer les terroristes.

L’opposition veut que se soit le président IBK, et personne d’autre, qui lui dise, le nom, prénoms, date et lieu de naissance des terroristes libérés en contrepartie de Serge Lazarevic ainsi que les motifs de leur libération. Parce que dans la conception qu’ils font de l’Opposition et dans la perception qu’ils ont de leur posture (compréhensible, ils apprennent l’exercice), les opposants pensent qu’ils ne sont pas de « simples chef de partis » mais qu’ils sont et devraient être au même niveau que le Chef de l’Etat qui est leur seule interlocuteur.

Can 2015: promesse audacieuse de Poulo

Recevant dans ses locaux en marge de la journée nationale des communes, en réponse au porte-parole des Maires Codem qui souhaiterait voir le Mali battre seulement la Côte d’Ivoire, le président de la CODEM non moins Ministre des sports, Housseini Amion Guindo alias Poulo, affirme avec panache et aplomb : « Je vous dis, et il n’y a pas de doute, le Mali va remporter la Can 2015″

Pour le dire, c’est dit. Sauf que ça là, ce n’est pas une promesse politique dont on peut faire semblant d’oublier. Il s’agit de Foot avec ses passions incontrôlables, et la CAN 2015, c’est dans demain, dans un mois. Comme on le dit chez nous: quand une nouvelle mariée loue sa beauté la nuit, le jour viendra. Au jour J, il faut espérer pour Poulo qu’il s’est tapé les services de très très-très bons marabouts… Sinon, il grimpera les collines de Badjagara en costume.

La Rédaction

 




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