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mardi 17 octobre 2017
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L’Etat, le FMI et les Affaires : le coup de Jarnac de Moussa MARA

Pour s’être aplati devant le FMI, ou pire pour avoir livré le pays, de manière irréfléchie, aux institutions financières internationales, en acceptant le principe des sanctions, sans aucune entrave, contre les auteurs des ‘’irrégularités’’ dans le cadre des marchés de l’avion et des matériels militaires, le gouvernement savait que ses jours étaient désormais comptés. Son Chef, un peu plus. Point sur un dilatoire sur fond de règlement de comptes.

En acceptant contre le bon sens et le principe de la présomption d’innocence de publier le résultat de deux audits indépendants sur des affaires liées à la souveraineté et au secret défense et de sanctionner les auteurs (et complices) des fautes commises dans la mise en oeuvre de ces décisions souveraines de l’Etat malien, le gouvernement MARA a pris le risque d’éclabousser davantage un Etat déjà passablement éprouvé par la gestion de la crise. Le scandale est aujourd’hui plus retentissant qu’il ne l’était avant que les secrets d’Etat ne parcourent les rues et les réseaux sur le Net. Dès lors peut-on se demander sur les réelles motivations de cette publicité suicidaire pour l’Etat malien qu’on voit trinquant et s’accoquinant avec des mafieux mis en examen et des tours de passe-passe dans des paradis fiscaux. Le jeu en valait-il la chandelle ?

La tentative de mystification

Aux temps d’Aristote, on disait que «L’intention fait la culpabilité et le délit.» Ceux qui ont permis cela avaient leur agenda et leur intérêt, loin de celui du confort de l’Etat malien. Au Premier rang desquels, à tout Seigneur tout honneur, le Chef du gouvernement Moussa MARA. De nombreuses coïncidences troublantes amènent, en effet, à s’interroger quant aux intentions avouables du Premier ministre, Moussa MARA, dont les jours dit-on sont comptés à la Cité ministérielle.

Est-ce dans cette perspective que des rumeurs ont été parcimonieusement créditées autour de la thèse d’une démission presqu’effective du Premier ministre ? Un Premier ministre qui ne serait plus d’accord de siéger avec des magouilleurs et des pilleurs du Trésor autour de la table du Conseil des ministres. Durant tout le week-end, on a ergoté, épilogué sur les contours d’un prochain remaniement. Parce que MARA ne serait plus d’accord avec IBK. Mais, ne s’agissait-il pas d’un conditionnement des esprits dans la mesure où la démission était presque un fait ?

Une responsabilité partagée

Nul ne pouvant se prévaloir de sa propre turpitude, Moussa MARA, tout auditeur et expert-comptable de formation qui connaît la gravité et toute la portée des actes qui étaient en train d’être posés dans le cadre des commandes au coeur de la polémique actuelle, ne peut faire fi de sa responsabilité solidaire au sein d’un gouvernement auquel il a pris part avant en tant ministre avant d’être bombardé Chef du gouvernement.

Personne n’a souvenance que l’ancien ministre de la ville a dénoncé quoi que ce soit et ou fait quoi que ce soit pour y mettre un coup d’arrêt dans l’intérêt supérieur du pays. Il aurait pu au moins démissionner pour se désolidariser s’il n’était pas d’accord avec les libertés supposées que le gouvernement était en train de prendre avec l’orthodoxie financière et budgétaire. En continuant donc à siéger hier comme ministre dans l’équipe Tatam LY, et à rester à la barre du navire gouvernemental, il partage, pis endosse pleinement et entièrement la responsabilité des errements supposés ou réels commis par les auteurs des irrégularités (ministres ou complices de ministres au sein de l’administration). En vertu de la collégialité et de la responsabilité gouvernementale que Jean-Pierre Chevènement traduit dans sa formule restée célèbre : «Un ministre, ça se soumet, ou ça se démet». Une variante de « ça ferme la gueule, ou ça dégage » !

Dès lors, le locataire de la Primature ne peut prendre alibi des résultats des 2 audits commandités, dans lesquels nulle part il n’est cité, pour crier sur tous les toits qu’il est blanc comme neige, qu’il n’a rien à voir avec la magouille qu’il faudra chercher du coté de Koulouba qui tient à couvrir les fautifs. Cela relève de la distorsion de l’échelle de responsabilité, et d’une grossière manipulation des faits.

Responsabilité à géométrie variable

L’acharnement et lynchage innommables sur deux pauvres membres de l’équipe au moment des faits (Mme BOUARE Fily SISSOKO, ministre de l’Economie et des finances et Soumeylou Boubeye MAIGA, ancien ministre de la Défense et des anciens combattants) ne relèvent que de la diversion sur fond d’une solidarité gouvernement qui se fissure désormais, aujourd’hui en privé, qui sait demain en public.

Mme BOUARE Fily SISSOKO, ministre de l’Economie et des finances et Soumeylou Boubeye MAIGA, ancien ministre de la Défense et des anciens combattants (MDAC) sont présentés dans les rapports d’audit comme étant les uniques responsables de tous les péchés d’Israël. Pourtant, dans le rapport du Végal, il apparait que d’autres personnes, non des moindres, ont joué un rôle tout aussi crucial. Echelle de responsabilité à géométrie variable ? A moins que tout cela ne procède d’un stratagème qui consisterait à mettre les donnés pour coupables sous les feux roulants des projecteurs, avec le but inavoué non seulement de les détruire ; mais également de détourner l’attention d’autres personnalités qui ne peuvent en aucun cas être étrangères à ce scandale.

Une grave équation de loyauté

Là où Moussa MARA dévoile son jeu, dans cette sale affaire dont le gouvernement doit être tenu solidairement responsable, c’est lorsqu’il tente de chercher frénétiquement auprès d’une structure de l’Etat un avis juridique sur les dépenses extrabudgétaires notamment dans l’affaire de l’avion présidentiel. Cette soudaine requête n’est-elle pas sans éveiller des interrogations sur le bien fondé et la finalité ? On se pose la question de savoir pour quoi, à quelle fin et contre qui cet avis va être utilisé ?

Dans la précipitation, le PM a omis de prendre en compte le fait que les dossiers relatifs à l’acquition d’un aéronef et à la fourniture de matériels d’habillement, de couchage, de campement et d’alimentation (HCCA), de véhicules et pieces de rechange est dejà en instance devant le Pôle économique. Par conséquent, aucune autre structure de l’Etat ne peut valablement émettre un avis sur la question. La Cour n’est-elle pas suffisamment informée peut-être pour MARA avec la publication des deux rapports ?

En tout cas cette requête incongrue de la part d’un Premier ministre fait uniquement par la confiance du Président IBK, soulève une grave équation de loyauté à élucider. Point besoin d’être un foudre d’intelligence pour réaliser qu’il y a dans cette démarche une accumulation de preuves pour charger le régime à la première escarmouche. Le PM Moussa MARA se sachant partant prépare donc sa retraite, avec de précieuses minutions contre le “vieux” qu’il disait hier seulement vouloir envoyer à la retraite. Si cela est de bonne guerre, la méthode utilisée tranche nettement avec tous les principes d’éthique et de morale. Mais aucun observateur avisé n’en attendait moins de cet homme en proie à des voies intérieures.

Par Bertin DAKOUO

 




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