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mercredi 13 décembre 2017
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Levée de boucliers contre l’AFD-MALI: le président Tiéman contre-attaque

Ni opportunisme, ni travail fractionnel, ni tentative de récupération d’un quelconque projet présidentiel, telle était la substance du mémoire, en défense, du président de l’Alliance des forces démocratiques pour le Mali (AFD-Mali), Tiéman Hubert COULIBALY, exposé au cours d’une conférence de presse, avant-hier après-midi, dans un hôtel de la place

Entouré du premier vice-président du Rassemblement, Mamadou Papa SIDIBE, du Dr Modibo SOUMARE, Secrétaire général, du Dr Modibo SOUMARE, en présence de plusieurs autres présidents de partis et d’associations ; l’exercice auquel s’est livré l’homme fort de l’AFD-Mali avait tout l’air d’une contre-offensive. Ce, d’autant plus que la signature de la plateforme d’alliance du Rassemblent, le 30 novembre dernier, a été accueillie par un déluge de projectiles médiatico-politique. Pour beaucoup, le choix de la quinzaine de partis politiques de former un regroupement au sein du regroupement de la Majorité présidentielle se situe à la lisière de la traitrise.

Les objectifs et missions

Le premier vice-président qui devait en avoir gros sur le cœur du fait des soupçons qui n’ont pas tardé à fuser de toute part, ne s’est nullement encombré de gants de velours  en campant le décor. Pour lui, les choses sont claires: il s’agit d’une conférence de clarification. La clarification quant à l’appartenance à la Majorité présidentielle et la poursuite du même objectif de soutien au Président Ibrahim Boubacar KEITA.

D’ailleurs, faut-il souligner que l’AFD-Mali est aussi le « Rassemblement des forces citoyennes et patriotiques pour le soutien à la Vision, au Projet politique du Président de la République ».

Après le déblayage du terrain par le premier vice-président, le premier raid a été mené par le Secrétaire général de l’AFD-Mali, le Dr SOUMARE, dans une déclaration, sous forme de présentation des objectifs et missions du Rassemblement. L’article premier de la Plateforme d’alliance, a-t-il fort à propos rappelé, stipule en effet :

« Les parties signataires du présent protocole  décident solennellement : D’unir leurs efforts et de travailler ensemble dans le respect de leurs identités propres, et dans la solidarité pour assurer une pratique démocratique véritable dans notre pays ; mobiliser les forces politiques pour aider à la mise en œuvre efficace et efficiente de la vision et du projet politique du Président de la République ; de créer à cette fin une alliance dénommée « Alliance des Forces démocratiques pour le Mali »

Soutien sans réserve au chef de l’Etat

Un rappel d’autant plus utile pour l’Alliance qu’il met en lumière son objectif initial qui est la formation d’un grand parti politique à terme. Toute chose qui, avait expliqué le Secrétaire général, lors de la cérémonie de signature de la plateforme, permettrait de fédérer une masse critique de soutiens politiques, dans un Grand parti politique, pour animer avec intelligence la Majorité présidentielle.

Le rappel, en ce qui du second membre de l’article évoqué, ôte tout doute quant au soutien de l’AFD-Mali au chef de l’Etat.

Dans la même déclaration, l’AFD a salué la reprise de la coopération entre le FMI et notre pays.

L’AFD déclare également : « Nous soutenons sans réserve le président de la république son excellence Ibrahim Boubacar KEITA  et le gouvernement dans  cette mission combien difficile mais exaltante. Nous appelons l’ensemble de la classe politique à faire de cette question du nord une cause commune qui dépasse les clivages et les calculs politiques.

La réussite de cette mission conditionnera certainement l’application efficace du reste du programme de développement du Mali

Il me serait difficile de terminer mon propos sans appeler  à l’union sacrée contre la maladie à virus Ebola ».

« Aucune malice dans notre démarche »

Après ces généralités, c’était au président de l’Alliance, Tiéman Hubert COULIBALY, en bon général, de faire face au feu roulant des questions de la presse.

A la question de savoir si, entre le dépit exprimé par le chef de l’Etat, lors de sa rencontre avec la majorité présidentielle (le jeudi 20 novembre) : « Je suis resté sur ma faim », et la signature de la plateforme d’alliance de l’AFD-Mali (le dimanche 30 novembre 2014), soit 10 jours d’intervalles, il n’y avait pas une volonté de se poser en alternative crédible à une majorité nonchalante ?

En réponse, le président COULUBALY a fait savoir que l’échec de la majorité est aussi l’échec de chacun des partis politiques qui composent l’AFD. « S’il y a sanction de la part du Président de la République, nous sommes tous sanctionnés. Dans notre démarche, il n’y a aucune malice, il n’y a rien de pernicieux. Nous sommes dans le même mandat ensemble », a-t-il objecté.

Dans une fulgurante contre-attaque, Tiéman Hubert s’est interrogé : ‘’Pourquoi avoir un réflexe absolutiste consistant à empêcher certains partis politiques de former quelque chose de plus fort, à faire taire les ambitions qui veulent se renforcer ?’’

Il a souligné que l’AFD n’était pas le seul regroupement au sein de la Majorité. Il en veut pour preuve que même à l’Hémicycle il y a une diversité avec l’existence de groupes parlementaires autres que le RPM (APM, ADEMA-PASJ) qui soutiennent pourtant l’action du Président IBK. Ces regroupements sont tolérés à l’Assemblée nationale. D’où son incompréhension face au tollé général consécutif à la signature de la plateforme d’alliance de l’AFD-Mali.

En réaction aux préoccupations de certains acteurs politiques, il est formel : il n’y a pas lieu de crier à la trahison ou au complot.

« Nous n’allons pas faire un travail fractionnel au sein de la Majorité présidentielle », a-t-il tenté de détendre l’atmosphère empestée de soupçons pesants. Et de couper court, une fois pour toute, à toutes les supputations quant à la position de l’AFD-Mali : « Nous sommes membres de la majorité présidentielle. Non seulement on ne nous mettra pas en marge de cette majorité, mais aussi nous ne nous mettrons pas en marge. Nous sommes partie intégrante de la majorité présidentielle ».

Déficit de communication au sein de la Majorité ?

Une autre question qui méritait d’être élucidée est relative à l’accusation portée par certains milieux en ce qui est de la récupération par l’AFD-Mali du projet présidentiel de former un grand parti politique de Gauche (en fait une ambition du RPM dont IBK était le président et affichée comme sa feuille de route en vue de mettre en œuvre son programme présidentiel).

Sur ce point, le président COULIBALY a-t-il fait l’ignorant ou l’est-il réellement ? A moins que la question n’ait été mal comprise ? Dans tous les cas, il affirme n’avoir connaissance d’aucun projet similaire à celui de l’AFD concernant la majorité dont est membre le Rassemblement qu’il dirige. Railleur ou simple logique de dénégation, il encourage, si le projet existait, la réalisation d’une grande force politique. Il serait même prêt à parcourir le Mali pour poser les bases de ce grand parti au cas où il serait effectivement dans l’agenda de la Majorité présidentielle.

Divergence de vue au sein de la Majorité ?

Par rapport au FMI, certes l’AFD a salué son retour, mais son président s’est abstenu de tout commentaire sur la sortie de la majorité, lors de sa rentrée politique, accusant, par la voie du président de la CMP, des cadres d’avoir trahi la confiance du chef de l’Etat dans l’affaire d’achat d’aéronef et d’équipements militaires. « Je n’ai pas dit que des cadres ont trahi la confiance du Président de la République », a-t-il dit.

Par contre, est-il convaincu que le retour du FMI était une bonne chose pour le Mali. Et pour cause, a-t-il soutenu, le fait d’avoir des problèmes avec les institutions financières internationales posent également des problèmes dans les actes quotidiens de gouvernance.

« Je suis un offensif, pas un opportuniste »

En outre, Tiéman Hubert se défend d’être un opportuniste comme l’on voudrait l’affubler du manteau.

«Je ne suis pas un opportuniste. Les actions que nous posons ne le sont pas pour des dividendes immédiats. Je suis un offensif et je refuse d’être dans les cordes», a-t-il martelé en substance, faisant en évidence que l’heure n’est pas à la campagne, mais à la gestion du pouvoir. Et pour cela, il ne faut pas se laisser divertir par des choses qui n’en valent pas la peine.

A l’endroit de ceux qui soupçonnent Tiéman d’élargir la base de sa légitimité populaire pour un maintien dans le Gouvernement, en substance, il répond : « Je n’agis pas à l’ombre. Je peux faire autre chose, ma vie ne dépend pas de la politique. Le Président sait que je ne cours pas après un fauteuil ministériel. Je cours après la splendeur du Mali. Je ne suis pas intéressé par un fauteuil, mais par l’aboutissement de la reforme entreprise. S’il devait y avoir remaniement ministériel, le Président choisira ses hommes en toute conscience et selon son intérêt. Le Président connaît tout le monde et ce ne sont pas les agitations des uns et des autres qui l’influenceront dans son choix ».

Par Bertin DAKOUO




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