Libération du domaine public: le soutien des honorables députés

Après le Président de la République, Ibrahim Boubacar KEITA, les familles fondatrices de Bamako et la Chambre de commerce et d’Industrie du Mali, la gouverneure du District de Bamako, Mme SACKO Aminata KANE, vient d’avoir un autre soutien de taille dans le cadre de son opération de libération des voies publiques, à savoir : les honorables députés de l’Assemblée nationale du Mali.

En effet, dans un rapport qu’elle vient de produire sur la question, l’Assemblée nationale réitère son soutien à l’opération de libération du domaine public en cours et demande des mesures d’accompagnement.
Lancée, le 21 juillet 2016, l’opération de libération du domaine public, faut-il le rappeler, continue de faire grincer les dents dans les milieux des commerçants détaillants.
La semaine dernière, l’Institution parlementaire s’est autosaisie du dossier et a aussitôt mis en place une Commission d’enquête, présidée par le président de la Commission des lois, l’honorable Zoumana N’Tji DOUMBIA.

Les péripéties et constats de la Commission
Dans leurs démarches, les membres de ladite Commissions ont rencontré les différentes parties prenantes. Et, tour à tour, ils se sont entretenus avec le Gouverneur du District de Bamako, SACKO Ami KANE, le maire du District et ses 6 collègues des Communes de Bamako, le Groupement de la Coordination des commerçants détaillants, le Syndicat des transporteurs, la Coordination des associations des marchés, la Chambre de commerce et d’industrie du Mali (CCIM).
Aussi, dans le souci de bien éclairer les lanternes des collègues députés, les membres de la commission parlementaire ont rencontré certains membres du gouvernement, notamment, les ministres de l’Urbanisme et de l’habitat ; du Commerce ; de l’Administration territoriale ; de la Décentralisation et de la réforme de l’Etat, etc.
De même, les membres de la commission ont rencontré de nouveau le maire du District de Bamako, suite au blocage de la construction du marché Rose révélé lors des échanges.
Par ailleurs, la Commission parlementaire a visité la célèbre «Rue Princesse» à l’Hippodrome, la Rue RDA et les alentours du Cinéma Vox et de la Cathédrale de Bamako.
Au cours de ces rencontres, la Commission a recueilli les avis des différents acteurs.
De son rapport, il ressort que les commerçants détaillants ont reconnu que les voies publiques et les grandes artères ne sont pas les lieux appropriés où ils doivent exercer leur commerce.
Dans le même temps, le Gouvernement a également reconnu que l’occupation des voies contribue à l’insalubrité et crée une concurrence déloyale avec les autres commerçants.
Durant son écoute, le ministre du Commerce a effectivement reconnu la nécessité de trouver pour les «déguerpis» des endroits de «recasement» pour leur permettre de mener à bien leurs activités commerciales.
Selon Abdel Karim Konaté, cité dans le rapport, «cela permettrait d’augmenter les revenus de l’Etat».
C’est pourquoi, en alternative, la CCIM a proposé l’aménagement de bâtiments administratifs et du Champ Hippique de Bamako, pour en faire des marchés modernes, où les commerçants déguerpis pourraient être logés.
Au cours des débats, des commerçants détaillants ont fait savoir aux députés qu’ils n’avaient pas été avertis à l’avance. Sur cette question, l’Assemblée nationale relève dans son rapport que cela constitue de la mauvaise foi. Car le rapport énonce que, bien avant l’actuel Gouverneur, son prédécesseur avait mis en place une Commission de 71 membres pour sensibiliser les détaillants sur cette opération.

Les suggestions et conclusions
Dans les échanges, certains détaillants ont surtout manifesté leur refus d’aller dans les marchés à l’intérieur des quartiers. Toute chose que les honorables députés désapprouvent.
«Si les détaillants veulent des endroits appropriés, ils doivent accepter de s’installer dans les marchés des quartiers. Car le commerce, c’est une question de chance. N’importe où que vous vous installiez, vous aurez toujours votre chance», a expliqué le Président de la Commission.
Le rapport de la Commission parlementaire met également en cause certains maires de la capitale, lesquels ont délivré des autorisations avec des dates précises. En effet, dans les autorisations provisoires délivrées par ces collectivités territoriales, il est indiqué des délais de validité d’un an.
Voilà ce qui frustre certains de ceux qui se sont vus déguerpis avant la fin de l’année.
Dans le rapport, l’Assemblée nationale réitère son soutien à l’opération et demande des mesures d’accompagnement. Elle appelle à la tenue rapide d’une rencontre avec le Gouvernement, qui sera coprésidée par le président de l’Assemblée nationale et le Premier ministre, pour trouver une solution rapide et définitive.
Les députés proposent également la mise en place d’un Comité de suivi pour mieux gérer l’après opération.
Le rapport de la Commission parlementaire souligne aussi la nécessité de faire des équipements marchands modernes dans les autres capitales régionales, pour éviter les mêmes problèmes à l’avenir.
Ces propositions des élus de la nation viennent renforcer les initiatives déjà prises par les autorités compétentes pour trouver un terrain d’entente avec les victimes de cette opération.
Ainsi, le jeudi dernier, le président de la Chambre de commerce et d’industries du Mali a lancé, jeudi 18 août dernier, une opération de recensement de toutes les victimes de cette opération. Pour ce faire, une Commission ad’ hoc de suivi et d’évaluation de cette opération a été mise en place.

Par Abdoulaye OUATTARA

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