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vendredi 23 avril 2021
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L’injustice aux deux visages

La joie des partisans du Rasta n’a duré que le temps d’une traversée de la ville. Immédiatement après la décision historique de la Chambre d’accusation de la Cour d’Appel de Bamako annulant la procédure et les mandats de dépôt, d’une part, et ordonnant de libérer les détenus, d’autre part, le ministre de la Justice Mohamed Sida DICKO, furieux contre ses bras armés (les hauts magistrats du ministère public) a convoqué ipso facto le Grand boss du Parquet, Arizo MAIGA. Face au refus des Avocats généraux de suivre aveuglement le ministère de la Justice dans cette prétendue affaire à faire dormir debout de déstabilisation des institutions, il ordonne à son Procureur général de faire pourvoi d’ordre du ministre de la Justice. Prosaïquement, il s’agit d’un acte par lequel le Procureur saisit la Cour suprême d’un recours dirigé contre la décision rendue ce mardi par la Chambre d’accusation de Cour d’Appel. La question divise davantage les réseaux.
Le ministre peut-il s’opposer à une décision de justice ? Pour les partisans de la Transition, les arrêts de la Chambre d’accusation (et les arrêts et jugements rendus en dernier ressort en matière criminelle, correctionnelle et de police) peuvent bien être attaqués et annulés pour cause de violation de la loi sur pourvoi en cassation formé par le Ministère public.
Mais, rétorquent les partisans de Ras Bath, quelle gloriole la Transition compte-t-elle tirer de l’entorse à la loi d’expression et à la violation de la loi en le maintenant en prison ? En effet, estiment-ils, les mêmes dispositions de la loi de 2016 relative à la procédure devant la Cour suprême du Mali dit clairement: «est, nonobstant pourvoi, mis en liberté immédiatement après l’arrêt, le prévenu ou l’accusé détenu qui a été relaxé ou acquitté, soit absous ou condamné à l’emprisonnement assorti du sursis, soit condamné à l’amende ou à une peine égale ou inférieure au temps de la détention. Il en est de même du prévenu détenu condamné à une peine d’emprisonnement, aussitôt que la durée de la détention aura atteint celle de la peine prononcée ».
Vérité des réseaux ou entorse à la loi ? Le débat fait rage et la position du Ministère est très combattue grâce arguments de Me Kassoum TAPO qui n’a pas hésité à mettre le pied dans le plat et dénoncer cette injustice aux deux visages dans cette affaire qui continuera de faire parler. Et pour cause, sur la page très suivie de Ouverture Média, il dit : « ceux qui ont fait le coup d’Etat (Crime imprescriptible) n’ont pas encore été amnistiés et c’est eux qui se plaignent d’un hypothétique coup d’État orchestré par de simples civils sans armes….Nous allons revoir le Procureur général demain pour discuter avec lui et essayer de le ramener à la raison pour qu’il libère les gens.
Son pourvoi, il a le droit de le faire, la Cour suprême l’examinera, mais qu’il mette en liberté ces innocents-là, parce qu’en le refusant, lui- même il viole la loi.
Il est en train de commettre une séquestration et une détention arbitraire. Si ça continue, on portera plainte. Il n’est pas au-dessus de la loi.
On portera plainte à la Cour suprême contre le procureur général. Nul n’est au-dessus de la loi. Quand le procureur enfreint à la loi, il peut être poursuivi ». C’est le sujet de votre Facebookan.

Thiero Ibrahima : Me Tapo est toujours éloquent quand il parle de droit, même à ceux qui ne sont pas connaisseurs de droit. Il maîtrise généralement son sujet. N’empêche qu’il reste aussi un homme politique. Et les politiques parlent, pas en trop, mais de trop. On attend de voir la réaction des autres PP pour en juger.

Bakary Kone : il maîtrise son travail et il m’a convaincu à 100%, mais la question, que je me pose, avec tout ce potentiel, il aurait pu contribuer à l’avancement du pays.

Kass Doumbia : j’ai écouté mon homonyme, il a été très convaincant. En fait, dans cette histoire le ministre de la Justice, le Procureur et le CNSP seront ridiculisés.

Samba Gassama General : c’est lui qui souhaitait faire arrêter les contestataires quand IBK l’a nommé à la justice. A ce moment-là, il aurait pu mettre en place des lois qui empêchent les arrestations politiques et au lieu de ça il a utilisé le système contre les opposants et aujourd’hui il vient crier partout. Des malhonnêtes comme ça là.

Kass Doumbia : cela ne change rien à ce qu’il a dit. Moi je ne le soutiens pas personnellement, politiquement je l’ai combattu, mais c’est un bon avocat. Et ce n’est pas parce que le régime IBK que j’ai combattu a été injuste que je vais accepter que les membres de ce régime subissent la même injustice, je ne change pas mes convictions en fonction de qui est au pouvoir.
S’il le fait en tant que politicien, cela le regarde et ce n’est absolument pas mon problème. En ce qui concerne Vital Diop et les autres qui sont détenus, la justice s’est prononcée. Il faut les libérer, le Procureur général et le ministre de la Justice sont en train de se ridiculiser. Si jamais le CNSP les garde en prison, alors nous allons prendre acte, cela veut dire que ce sont des prisonniers politiques. On verra ce qu’il s’en suivra.

Samba Gassama General : non seulement le CNSP n’existe plus, mais ils sont entre les mains de la justice pas du CNSP. Pour le reste, je suis d’accord avec toi ; ce dossier m’a l’air vide, il faut passer à autre chose.

Kass Doumbia : attention à ce que tu dis. Le Procureur général répond au ministre de la Justice, qui lui-même répond au pouvoir exécutif, donc le CNSP, tu dis que le CNSP n’existe plus? Tu me prends pour un enfant? Dans ce cas ton koro Assimi n’a qu’à démissionner, car son poste de vice-président n’existe pas, personne n’a voté pour lui. Tu dois arrêter de te faire porte-parole d’un régime illégitime et illégal. Tu dis de passer à autre chose? Allons-y donc, mais il faut au préalable libérer les gens qui sont détenus arbitrairement, sinon si tu veux tu peux aller dire à leurs familles de tourner la page pendant qu’ils sont encore en prison, s’ils sont d’accord alors on va tous tourner la page.

Coulibaly Siaka Ousmane : rien que de droit piétiné, Tapo dit que le ministre de la Justice n’est pas la justice. Et pourtant lui en tant que ministre avait arrêté arbitrairement les membres du M5-RFP. Maintenant, c’est la vérité que tu parles.

Todd Donn : ceux qui soutiennent l’injustice parce que c’est contre un tel aujourd’hui, demain ça peut être votre mère qui sera injustement incarcérée.
Peu importe l’adversité, c’est le respect de la loi qui fera un État cœur-noirs

Nasser Almoustapha : la justice au Mali est purement politique, les gouvernants font ce qu’ils veulent, c’est leur tasse de thé, ils sirotent quand ils veulent…
C’est vraiment décevant




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