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lundi 19 avril 2021
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Litiges fonciers en 3e région: Me Bathily accueilli en « sauveur »

À l’appel de coordination régionale des APM (Associations pour le Mali), les populations (essentiellement rurales) du Kénédougou étaient sorties massivement, vendredi dernier, pour réserver un accueil des plus chaleureux au président de l’organisation, Me Mohamed Ali BATHILY, ministre des Domaines de l’État et des affaires foncières. Une preuve que le foncier est une préoccupation majeure, dans cette région où la vocation première reste l’agriculture. Des différentes interventions il ressort que tous les espaces publics, certaines parties des écoles, les champs de culture et mêmes les cimetières font de spéculation foncière.

Dans la matinée du samedi 16 avril 2016, la même mobilisation était au rendez-vous dans la salle des spectacles Lamissa BENGALY, dans le cadre d’un meeting sur les accaparements des terres.
Sur les différentes banderoles, on pouvait lire, entre autres : « Pour le bonheur du Mali et le bonheur des Maliens, je soutiens le président IBK, son gouvernement et le ministre Mohamed Ali BATHILY ; je combattrais la spéculation foncière, l’impunité… je milite aux APM ; désormais, faisons confiance au ministre Mohamed Ali BATHILY pour une gouvernance foncière optimale, nous sommes là pour vous (ministre Bathily) ».
Le président de la coordination APM de Sikasso, Adama Namon COULIBALY, a souligné que tous les 16 chefs de quartier, les notabilités de la ville se sont impliqués pour la bonne réussite de ce meeting qui se veut un espace d’interpellation des prédateurs fonciers.
La coordination des APM de Sikasso, après plusieurs séances d’information et de sensibilisation, a décidé d’organiser ce meeting pour que le président des APM puisse venir à la rencontre de victimes d’accaparement des terres dans la région de Sikasso, a indiqué M. COULIBALY. Il a exprimé toute la satisfaction des militants des APM de Sikasso au ministre BATHILY. Aujourd’hui, à cause de la montée de l’injustice, notre démocratie est en passe de devenir une chimère pour les citoyens régulièrement victimes d’abus de la part de ceux qui sont censés appliquer la loi. Le combat des APM est de rétablir la dignité et l’honneur du Mali, à travers la lutte contre l’injustice et la mal gouvernance.
Celui qu’on appelle le « ministre des pauvres », en raison de son engament auprès des masses paysannes victime d’accaparements de leurs terres en flagrante violation des textes en vigueur, a été, depuis le poste de contrôle de jusqu’à l’hôtel du cinquantenaire escorté par une foule immense acquise à sa cause.
À l’entame de ses propos, le ministre a invité tous les participants à souhaiter prompt rétablissement au président de la République IBK, en visite médicale en France, ces derniers temps. Aussi, a-t-il reconnu, sa délégation n’a jamais fait l’objet d’un accueil aussi populaire comme à Sikasso, depuis le début de ses tournées. Me Bathily a souligné que depuis son séjour au Département de la justice, il s’est rendu compte que 80 % des procès, dans notre pays étaient liés au foncier.
« À cause de la mauvaise gestion de ce secteur, nous sommes face à une déconvenue sociale », a-t-il dit.
Face à l’ampleur des problèmes fonciers, il était normal, selon le ministre BATHILY, dans le cadre de cette visite, d’aborder ce sujet avec les populations en toute franchise. Mais tout en s’adossant aux lois, n’ont pas en protégeant des pratiques malsaines ou des réseaux qui se sont constitués dans ce domaine et qui sévissent contre les intérêts les plus légitimes de nos citoyens, a-t-il expliqué.
Pour changer la donne, il a appelé citoyens à renfoncer leur union et leur résistance contre l’arbitraire. Selon lui, la République, c’est la citoyenneté, l’État de droit n’a de sens que si le citoyen est reconnu dans ses droits. Mais l’État de droit ne saurait permettre que les lois soient des outils de privation du citoyen de ses droits, a-t-il soutenu. C’est-à-dire, un espace où celui à qui on a donné les prérogatives pour faire appliquer la loi s’octroie des pouvoirs au-delà de loi et des pouvoirs qui ne font qu’écraser les citoyens. Il est temps que nous nous érigions contre ces pratiques qui, pendant longtemps, ont fait l’objet de tabous, a-t-il dit. Aujourd’hui, la dénonciation et la force de la dénonciation, nous permettront d’endiguer cet arbitraire, a-t-il indiqué.
« Le citoyen est fort et le peuple est souverain », a-t-il conclu.
Sur le chemin du retour à Bamako, le ministre a fait une escale à Nièna où l’attendaient de milliers de sympathisants. Là, également, le ministre et sa délégation ont eu droit d’un accueil digne de leurs rangs de la part de ses hôtes. Ici, les problèmes ont pour noms : coupure du relais de l’ORTM, la pression démographique, le manque d’équipement du CSCOM, l’éloignement des services de la justice situés à Kignan à plus de 300 Km des populations du Ganadougou.
De son côté, le représentant de la jeunesse de Nièna, Adama SANGARE, a sollicité sa bonne grâce pour une gestion judicieuse dans un conflit communautaire qui oppose les DIALLO et les SANGARE.
La porte-parole des femmes a souligné les difficultés d’accès des femmes à la terre ; leur sous-équipement.
Le maire de la commune, Alassane Mamourou DIALLO, a demandé au ministre BATHILY d’intercéder auprès de ses collègues du gouvernement pour les préoccupations soulevées par ses administrés.
À la fin des débats, le ministre BATHILY a assuré les participants d’avoir pris bonne note de toutes les préoccupations soulevées.

Par Abdoulaye OUATTARA, envoyé Spécial




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