Search
mercredi 16 août 2017
  • :
  • :

Lutte contre accaparement des terres: des voix s’élèvent contre la loi «Hamidou Diabaté»

La Convergence malienne contre l’accaparement des terres (CMAT), en partenariat avec l’ONG FIAN internationale, a tenu les 9, 10, et 11décembre derniers, ses assises nationales, sur ses activités de luttes foncières et perspectives nationales, régionales et internationales.

A l’issue de la rencontre qui s’est déroulée au musée national du District de Bamako, plusieurs décisions ont été prises par les nombreux participants, notamment l’abrogation de la Loi Hamidou Diabaté; la révision du Décret de gérance de l’office du Niger; la vulgarisation de la Déclaration de Dakar ; la sensibilisation sur le rôle et les prérogatives des maires sur le foncier, pendant les élections municipales de 2015, etc.

Ces assises de trois jours, qui s’inscrivaient dans le cadre de la Journée internationale des droits de l’homme, ont regroupé, pour la circonstance, des victimes foncières, venues de plusieurs localités du pays.

Le but de la rencontre était de faire les points des actions, menées par le regroupement ; d’examiner le rapport d’étude sur la situation de Sanamadougou-Saou, Sansanding et San ; et d’élaborer un chronogramme pour 2015.

Le président de la CMAT, Soungalo KONE, qui a présidé les travaux, s’est réjoui de la tenue de ces journées d’échanges ayant permis d’informer les membres de l’association.

Dans son intervention, il a noté que depuis un moment le gouvernement est en train de prendre en compte leurs préoccupations dans la lutte contre l’accaparement des terres. Il en veut pour preuve les différentes rencontres qu’ils ont eues récemment avec les autorités sur la prédation foncière.

En dépit de cette volonté politique affichée de l’État, de nombreux défis restent à relever dans le secteur, pour rendre aux paysans leurs droits dans la dignité.

Selon leurs estimations, il y a des milliers de personnes qui attendent encore pour rentrer en possession de leurs droits.

Il est toutefois difficile, selon le rapport de la CMAT, d’obtenir des chiffres exacts sur l’ampleur du phénomène par le fait du manque de transparence qui entoure les transactions.

En effet, peu de contrat de bail ou de convention d’investissements sont rendus publics. D’ailleurs, le plus souvent, ils sont publiés par des organisations non gouvernementales.

Aussi, la rencontre a été l’occasion d’informer les participants des recommandations du Forum social africain contre l’accaparement des terres, tenu à Dakar, le 18 octobre 2014, auquel la CMAT a pris part, et qui a été sanctionné par une Déclaration.

Il ressort de ladite Déclaration que plus de 200 millions d’hectares de terres seraient aujourd’hui accaparés dans le monde entier.

Aussi, précise-t-il, les profits faramineux de l’élite sont construits sur la violation systématique des droits de la majorité de paysans, habitants de quartiers informels, pêcheurs, communautés d’éleveurs et malades, qui sont expropriés de leurs terres et moyens de subsistance par la violence, l’intimidation et les tortures.

La Déclaration de Dakar mentionne que la criminalisation des militants qui se battent pour la protection des biens communs est aujourd’hui un phénomène courant, quoique caché par les autorités. C’est pourquoi, elle indique que la rareté des terres arabes, qui est à la base de la crise hydrique et de la crise financière, n’est pas une donnée naturelle. Toutefois, elle est construite par des enjeux politiques, géostratégiques et fonciers.

En termes de recommandations faites par les assises nationales de la CMAT, il a été proposé la révision du Décret de gérance de l’office du Niger, sous l’angle de la décentralisation et de la valorisation des exploitations familiales; d’amener l’État à faire une délimitation de l’office du Niger et la publier.

Aussi, les participants encouragent les autorités à poursuivre les réflexions de recherche des pistes de sécurisation des espaces vitaux ; d’abroger la Loi Hamidou Diabaté; de vulgariser la Déclaration de Dakar ; de faire une sensibilisation sur le rôle et les prérogatives des maires sur le foncier, pendant les élections municipales de 2015.

Enfin, ils souhaitent le renouvellement du moratoire du 12  août dernier sur la suspension de l’attribution et transaction des terres d’État et des collectivités territoriales qui arrivent à terme en février prochain.

Par Sikou BAH 

 




Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *