Lutte contre la malnutrition: la nécessité d’une ligne budgétaire

L’ONG Save the children a organisé, la semaine dernière au Grand hôtel de Bamako, une journée d’échanges avec le Réseau des parlementaires en faveur de la nutrition en vue de leur expliquer la nécessité de la création d’une ligne budgétaire contre la malnutrition dans le budget d’État.

L’honorable Adama Paul DAMANGO a présidé cette rencontre, en présence des responsables de l’ONG Save the children, des acteurs de la santé, des représentants des finances publiques de notre pays, des membres du réseau des parlementaires en faveur de la nutrition, dont la finalité est la création d’une ligne budgétaire dédiée à la lutte contre la malnutrition.
Intervenant à quelques jours de la session budgétaire, M. Djaffra TRAORE, chargé de plaidoyers à Save the children, a indiqué que cette rencontre visait à renforcer la connaissance des parlementaires sur l’allocation budgétaire du domaine de la nutrition au Mali en vue de leur permet de défendre et de mener des plaidoyers à l‘Assemblée nationale pour une prise en charge conséquente de cette maladie dans notre pays, à travers l’ouverture d’une ligne budgétaire.
Aussi, a-t-il expliqué, la nécessité pour les honorables de mener des plaidoyers en faveur de la création d’une ligne budgétaire réservée au combat contre la malnutrition dans notre pays, dont la forme de croissance affecte 29 % de notre population.
Commentant ce chiffre, M. Djaffra TRAORE a souligné avec regret que ce taux représente le seuil critique de la malnutrition dans notre pays tout en indiquant : « si des stratégies de sa réduction ne sont pas planifiées rapidement le Mali ne serait pas en mesure d’atteindre ses objectifs de développement durable ».
Contre cette maladie, Djaffra TRAORE s’est réjoui de l’approche multisectorielle mise en place par les autorités sanitaires du pays qui, à son avis, n’est pas suffisante sans l’accompagnement conséquent et pérenne de la finance publique jusqu’à l’atteinte des objectifs.
A cet effet, il n’y a pas meilleure manière, a-t-il jugé, que la création d’une ligne budgétaire carrément dédiée à la lutte contre la malnutrition dans notre pays en espérant que cette journée allait servir de moyen pour jeter les bases de l’ouverture de sa prise en charge par le budget d’État.
De son côté, l’honorable Adama Paul DAMANGO a salué la collaboration qui existe entre le réseau des parlementaires en faveur de la nutrition et des partenaires techniques et financiers de la santé. Il a souligné que le cadre de concertation de cette collaboration serait d’un atout important dans la prise en charge de nombreuses questions de la santé.
Quant à la lutte contre malnutrition, elle figure parmi les priorités des autorités nationales parce que constituant de réel problème de santé pour avoir été la cause de 29 % un retard de croissance dans le pays, selon l’enquête SMART de 2015 citée par l’honorable DAMANGO. La même source précise que la prévalence de cette maladie varie d’une région à une autre. Et c’est la région de Sikasso qui affiche le taux le plus élevé avec 35 % alors qu’au même moment la prévalence pour le reste du pays varie entre 20 et 30 %.
La rencontre a été également l’opportunité d’informer les députés de l’adhésion de notre pays à l’initiative « UNITLIFE » qui est une contribution des sociétés minières dans la lutte contre la malnutrition aigüe dans nos pays. Il va s’agir donc aux députés de veiller à l’application correcte de cette décision dont la mise en œuvre débutera à partir de 2017.
En effet, lancée le 28 septembre 2015, en marge de la 70e Assemblée générale des Nations unies à New York, l’initiative « UNITLIFE » s’inscrit dans le cadre du renforcement des mécanismes de financement des programmes de lutte contre la malnutrition dans les pays de l’Afrique surtout subsaharienne. Elle repose sur l’engagement volontaire des États à mettre en œuvre à partir de 2017 une taxation financière de 0,01 dollar américain sur chaque baril de pétrole et de 0,60 dollar américain sur chaque gramme d’or en vue de réunir 100 millions de dollars par an. Sur cette base, il estimé que les sociétés minières devaient par an à peu près 5 milliards de FCFA aux autorités nationales pour la prise en charge et le traitement de la malnutrition.
La gestion des ressources de l’initiative « UNITLIFE » reposera, sous l’égide du Fonds des Nations unies pour l’Enfance (UNICEF), sur des critères stricts de transparence et de recevabilité tant au niveau de l’origine des contributions que du choix des affectations.

Par Sikou BAH

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