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samedi 17 avril 2021
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Lutte contre le paludisme: les progrès du Mali salués

A l’instar de la communauté internationale, le Mali célèbre ce 25 Avril 2016 la 9ème édition de la Journée mondiale de lutte contre le paludisme couplée à la semaine Nationale de Lutte contre le Paludisme. En prélude à l’évènement, le ministère de la santé et de l’hygiène publique, à travers le programme national de lutte contre le paludisme (PNLP), a organisé une conférence de presse hier mercredi au siège de l’OMS. Cette rencontre avec les hommes de média a été une occasion pour les acteurs de faire point sur la situation de la lutte contre le paludisme au Mali.

La conférence de presse conférence était animé par le directeur du PNLP, le Dr Zakaria KONE, qui avait à ses côtés : le représentant de l’OMS au Mali, Check Oumar COULIBALY, le directeur national de la Santé, Abdoul Karim SIDIBE, le représentant du MRTC (sigle anglais du Centre de recherche et de formation sur le paludisme), Issaka SAGARA, etc.
Le représentant de l’OMS au Mali, Check Oumar COULIBALY, a souligné que la célébration de cette journée constituait, chaque année, une occasion pour l’OMS et ses partenaires de faire un plaidoyer au niveau des décideurs du monde pour la prise en compte, en priorités, des questions liées à la lutte contre le paludisme. Il s’agit aussi de sensibiliser les communautés pour qu’elles adhèrent aux différentes initiatives entreprises dans le cadre de la lutte contre cette pandémie. À l’occasion de cette édition 2016, l’OMS appelle à un engagement de haut niveau pour vaincre le paludisme qui a toujours un impact dévastateur dans le monde et notamment en Afrique où la maladie tue, chaque année, près d’un demi-million d’enfants de moins de 5 ans.
A l’entame de son exposé, le Dr Zakaria KONE a souligné qu’au Mali, la lutte contre le paludisme avait toujours été une priorité pour le gouvernement comme l’atteste l’adhésion du pays à plusieurs initiatives internationales, notamment : la mise en place du Programme national de lutte contre le paludisme en 1993 ; l’initiative Roll Back Malaria/faire reculer le paludisme en 1999 ; la déclaration d’Abuja du 25 avril 2000 ; les Objectifs du Millénaire pour le Développement (OMD) en 2000.
Selon lui, le taux de prévalence au Mali, a passé de 52 % en 201 à 35 % en 2013, ce qui a valu à notre pays d’être salué par le secrétaire général de l’ONU.

Faits saillants sur le paludisme
Selon l’OMS, plus de 3,2 milliards de personnes environ, soit près de la moitié de la population mondiale, sont exposées au risque de contracter le paludisme. Les jeunes enfants, les femmes enceintes et les voyageurs non immunisés venant de régions exemptes de paludisme sont particulièrement vulnérables à la maladie lorsqu’ils sont infectés. L’incidence du paludisme a baissé de 37 % à l’échelle mondiale tandis que le taux de mortalité a reculé de 60 % au niveau de toutes tranches d’âge confondues et de 65 % chez les enfants de moins de 5 ans. 88 % des cas de paludisme et 90 % des décès dus à cette maladie sont survenus en Afrique subsaharienne. On enregistre plus de 214 millions de cas de paludisme avec 438 000 cas de décès. Mieux, 80 % de ces décès surviennent dans 15 pays localisés en Afrique subsaharienne, dont le Mali fait partie.
En 2014, selon le Système Locale d’Information Sanitaire (SLIS), les formations sanitaires ont enregistré : 40,08 % de cas de motifs de consultation.
Les enfants de moins de 5 ans avec 3 650 187 cas et les femmes enceintes avec 813 386 cas en 2015 constituaient les principales cibles du paludisme dans notre pays. Parmi la Population à risque accru, à surveiller, nous avons : les personnes âgées, la population non endémique du Sahara déplacée au sud, la population des villes hypoendémiques, les Maliens de la diaspora et les familles en vacances au Mali, la Co-infection palu-VIH.
Par les principaux vecteurs de transmission, il y a en premier lieu le Complexe Anophèles gambiae sl avec ses formes chromosomiques ; l’Anophèle funestus. Au Mali, c’est le Plasmodium falciparum qui est l’espèce plasmodiale prédominante et responsable des formes les plus graves du paludisme chez l’être humain, a indiqué le conférencier.
Parmi les moyens de prévention, nous avons, entre autres : la lutte anti vectorielle : l’utilisation des moustiquaires imprégnées d’insecticide ; l’assainissement de l’environnement ; l’utilisation des répulsifs (serpentin…) ; l’utilisation des grillages aux fenêtres et portes ; le port des vêtements longs et couvrant presque tout le corps la nuit ; l’usage des larvicides ; la pulvérisation intra-domiciliaire (PID). Il y a aussi : le traitement préventif intermittent à la Sulfadoxine Pyriméthamine (TPI /SP) chez la femme enceinte ; la Chimio prévention du paludisme saisonnier chez les enfants de 3-59 mois.
En 2015, en termes de MILD distribués aux femmes enceintes, nous avons : 1 445 761 en 2015, 1 276 247 en 2014 et an plutôt, 847 482. En 2015 trois régions ont été couvertes : Sikasso : 1 873 696 MILD distribuées avec 97 % ; Ségou : 1 760 950 MILD distribuées avec 99,54 % ; Bamako : 1 760 950 MILD distribuées avec 92 % de couverture.
En matière de prise en charge des cas de paludisme ; il y a aujourd’hui, les Tests de Diagnostic Rapide (TDR) et les examens de la microscopie pour la confirmation biologique des cas ; les Combinaisons Thérapeutiques à base d’Artémisinine recommandé pour les cas simples, les médicaments injectables pour les cas graves.

Candidats vaccins
Actuellement, deux candidats vaccins sont en train d’être testés par le MRTC et ses partenaires à Bancoumana et à Doneguébougou, dans la région de Koulikoro. La phase constitue un espoir avec 100 % de protection d’après les premiers résultats obtenus aux USA. Si d’aventure, les phase 2 et 3 donnent les mêmes résultats, ils seront une arme majeure dans l’élimination voire l’éradication du paludisme.

Difficultés rencontrées : Insuffisance de financement pour la lutte anti vectorielle ; recours tardif aux soins ; retard dans la mobilisation des ressources en vue du financement du Plan stratégique (plan de suivi/Évaluation et Plan de communication) ; insuffisance de moyens logistiques pour un meilleur suivi des activités ; conditions de travail peu adéquates.
En somme, le Dr Zakaria KONE a souligné que malgré les difficultés rencontrées, nous constatons qu’il y a un réel engagement des autorités et des partenaires pour l’accès universel aux stratégies en vue d’accélérer l’évolution vers la pré- élimination du paludisme au Mali. Un Mali sans paludisme, tel est le résultat pour lequel le Gouvernement du Mali s’est engagé pour l’horizon 2030, a-t-il conclu.

Par Abdoulaye OUATTARA




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