Lutte contre le virus ébola au Mali: 18 milliards pour gagner la guerre

Après avoir enregistré ses premiers cas de maladie à virus à Ébola et ayant pris une conscience nationale de la gravité de la situation, le gouvernement a élaboré un Plan marshal pour contenir la maladie. Un besoin de financement de 18 milliards en six mois a été soumis hier au Corps diplomatique représenté dans notre pays.

Conformément à ses engagements de transparence et dans le cadre d’une tradition bien instaurée d’informer régulièrement les Ambassadeurs et les corps diplomatiques représentés dans notre pays, le Gouvernement de la République du Mali, a organisé, hier jeudi 20 novembre, dans la salle de conférence du ministère des Affaires étrangères, une séance d’information à l’endroit des diplomates sur la situation de l’épidémie à virus Ebola dans notre pays et mesures prises par les autorités pour y faire face.

L’exercice était mené par deux ministres de la république : Ousmane KONE, ministre de la Santé et de l’hygiène publique ; Mamadou CAMARA, ministre de la Communication. Ils étaient assistés par le Pr Samba SOW, coordinateur du Centre opérationnel d’urgence.

Dans sa déclaration liminaire, le ministre de la Santé a situé la rencontre dans son contexte qui se veut celle d’un contact permanent avec les partenaires du Mali, avant de revenir sur la péripétie  de cette crise qui a frappé notre pays de plein fouet.

En tout cas, dès l’apparition du premier cas enregistrés sur notre sol, le gouvernement, selon ministre de la Santé, a mis en place un Centre opérationnel d’urgence. Ce centre, a-t-il expliqué aux diplomates présents, a été conseillé à la suite d’une mission conjointe de l’OMS dans notre pays. La décision, ajoute-t-il, a été prise juste 24 heures avant la découverte  du nouveau foyer de contamination.

Au plan politique, tous les ministres sont impliqués dans cette lutte aux premiers rangs desquels : le Premier ministre Moussa MARA.

Le Président de la République n’est pas resté également en marge de cette croisade puisqu’il a endossé lui-même sa tenue de commandant en chef contre l’épidémie.

En somme, toutes les mesures ont été prises, a rassuré le ministre KONE, pour contenir la maladie et éviter sa propagation.

A l’appui de son ministre, le Pr Samba SOW a présenté la situation,  l’évolution de la maladie à virus Ebola, avant de s’appesantir sur sa gestion au plan national.

Des précisions données par le coordinateur du Centre opérationnel d’urgence, il ressort que notre pays avait déjà pris la mesure de la menace bien avant l’entrée de la maladie sur notre sol. C’est dans ce sens que dès le mois de mars, le ministre de la santé et de l’hygiène publique a réuni autour de lui les responsables de santé pour discuter de la façon et de la manière à envisager pour faire face à la menace. Ce qui a conduit, a-t-il expliqué, une coordination des données, à travers la mise en place d’une équipe d’intervention. S’en est suivi également la mise sur pied d’un plan de  contingence ;  le renforcement du stock des médicaments ; la formation du personnel sanitaire. Sans compté aussi des visite inopinées du premier responsable du département dans des points d’entrée de la frontière avec la Guinée.

Toutes ces mesures préventives ont été complétées avec la mise en place d’un grand centre d’isolement et de traitement logé au sein du Centre national de la lutte contre la maladie (CNAM).

C’est ainsi que  27 ans suspects ont été testés au laboratoire SEREFO qui se sont tous avérés négatifs.

Cependant, toujours dans le cadre de sa stratégie de prévention contre le virus, le gouvernement, a indiqué le Pr SOW, a mis en place une unité de gestion des cas, une unité de surveillance épidémiologique, d’enterrement des morts ainsi qu’une unité logistique et de sécurité.

Malgré ces dispositifs, notre pays a enregistré son premier cas, le 21 octobre, une fillette de deux ans venue de la Guinée voisine avec sa grand-mère.

Une identification immédiate de contact a été lancée, laquelle a permis, selon l’orateur, de mettre en observation plus d’une centaine de personnes.

Mais au moment où le pays s’apprête à fêter la sortie de ces personnes de leur période d’incubation, qu’un nouveau cas s’est déclaré dans la Clinique Pasteur.

A la date d’aujourd’hui, la situation, selon le coordinateur du Centre opérationnel d’urgence,  se présente comme suit : le nombre de personnes-contacts comptabilisé par les services de santé est de 338. Parmi elles, 303, soient 90% sont suivies avec 2 contrôles quotidiens de leur température.

« Les personnes contacts liées au cas de Kayes ne sont plus en observation, car ce foyer de la maladie est éteint après une période de plus de 21 jours. Elles ne sont donc plus comptabilisées, d’où la baisse du nombre de personnes-contacts par rapport aux situations précédentes », a-t-il précisé.

Parmi les personnes-contacts, deux cas suspects ont été identifiés. Les tests se sont avérés négatifs.

Ce qui fait le bilan, selon ses calculs, n’a pas évolué et reste toujours de trois décès liés au patient guinéen, et un décès à Kayes (fillette de 2 ans), soit un total de quatre.

Parmi les personnes en contact avec le patient guinéen, une personne a été déclarée positive, et est en traitement par les services spécialisés.

Cependant, pour contenir la maladie, le gouvernement, après des efforts déjà louables déployés, a besoin d’un accompagnement des pays partenaires et amis. C’est dans ce cadre qu’un plan de lutte contre la maladie a été conçu par le gouvernement. La mise en œuvre de ce plan marshal nécessite, selon le Pr SOW, un financement de 18 milliards de FCFA dans les six mois à venir mais surtout d’un accompagnement de 6 milliards dans les deux premiers mois.

Une demande qui n’est pas tombée dans les oreilles de sourdes des amis du Mali puisque la France, par la voix de son Ambassadeur, a annoncé une contribution de 200 000 euros.

En sa qualité de doyen des corps diplomatiques, l’Ambassadeur de l’Afrique, qui dit prendre bonne note des besoins exprimés par le Mali, a assuré qu’il prendrait compte dans les prochains jours avec collègues diplomates pour voir dans quelle mesure qu’ils peuvent apporter leurs soutiens au pays.

Pour sa part, il a rassuré que les sociétés minières sud africaines présentes dans notre pays ne resteront pas en marge de l’élan de solidarité, à travers une contribution conséquente.

Par Mohamed D. DIAWARA

 

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