Lutte contre l’émiettement syndical au Mali: un défi de la fédération des services publics

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Regroupant 7 syndicats nationaux, la Fédération nationale des services publics du Mali, affiliée à l’Internationale des services publics (FNSSP/ISP-Mali), à travers le Projet ISP/LO-TCO/ST (Solidarité-action pour la pérennité du secteur public) a organisé, hier mardi, dans la salle réunion du DFM du ministère de l’Agriculture, un forum national sur l’unité d’action syndicale et la restauration du check off au Mali.

Placée sous l’égide du président de la Fédération nationale des services publics du Mali, Karimou DIARRA dit TOGOLA, la cérémonie d’ouverture des travaux, de deux jours, s’est déroulée en présence de la Secrétaire sous régionale de l’ISP de l’Afrique francophone, Charlotte KALANBANI ; le président du comité de pilotage dudit forum, Issoufi MAIGA, non moins vice-président de la FNSSP/Mali. On y notait également la présence des représentants des 4 Centrales syndicales de notre pays ; des syndicats autonomes et des partenaires sociaux ; ainsi que les représentants de l’Assemblée nationale, du ministère du Travail et de la fonction publique et du Patronat.
Campant le décor du présent forum dans son contexte, le président du comité de pilotage a mis l’accent sur les bons rapports existants entre leur fédération et l’ISP, qui a eu à appuyer la FNESSP-Mali, à travers le financement de plusieurs projets et formation des leaders syndicaux qui sont affiliés (Projet check-off en 2010 et le Projet unité d’action syndicale en 2014).
Pour Charlotte KALANBANI, si ensemble, les syndicats ont pu obtenir des avantages permettant d’améliorer les conditions de vie et de travail de leurs membres (valorisation des salaires étalée sur 3 ans, l’augmentation de l’allocation familiale, la réduction de l’impôt sur le salaire, etc.) d’autres défis et challenges les attendent ; car, a-t-elle rappelé, aucun droit n’est donné, mais négocié et obtenu souvent par force.
« Comme on ne change pas une équipe qui gagne, nous ne changerons pas notre stratégie : lutter ensemble, a précisé la secrétaire sous régionale ISP de l’Afrique francophone. Et d’ajouter qu’ils doivent se donne les mains pour parler d’une seule et même voix, agir ensemble pour les problèmes des travailleurs et de la population du Mali.
Aussi, a-t-elle exhorté, les organisations syndicales à faire des alliances avec les autres acteurs de la société civile dont elles auront le soutien sur les questions qui affectent notre société toute entière.
Par ailleurs, Charlotte KALANBANI a invité les responsables et militants syndicaux à s’impliquer davantage pour la mise sur pied d’une véritable Plateforme syndicale qui servira de cadre de travail pour les années à venir et pour l’avenir du mouvement syndical malien.
Pour Karimou DIARRA, le secteur public est le fondement principal de la souveraineté d’un peuple. Et que ces travailleurs doivent par conséquent bénéficier d’une attention particulière afin de faire face avec efficacité aux besoins essentiels de nos masses laborieuses.
Par ailleurs, déplore-t-il, depuis la chute du Mur de Berlin et l’avènement d’une pressante mondialisation, les organisations syndicales, au lieu de s’unir pour affronter les difficultés économiques, politiques et sociales, ont été émiettées, fragilisant ainsi les travailleurs. Ce qui se traduit sur le terrain par la désyndicalisation des travailleurs et l’affaiblissement de la vigueur dans les actions syndicales.
«Si la diversité des couleurs fait la beauté d’un jardin, l’émiettement des structures et organisations syndicales, doublées de l’absence d’unité d’action syndicale demeure une épine dorsale contre l’essor du mouvement syndical », a-t-il martelé.
L’unité d’action syndicale doit être privilégiée en vue de sauvegarder pour mener à bon port la défense des masses laborieuses et le syndicat doit rester un espoir pour les populations désespérées.
Quant à la réinstauration du check-off, dira M DIARRA, elle résulte du constat de la faiblesse financière des organisations syndicales. Et elle vise à redonner aux syndicats, leur vitalité d’avant l’avènement du multipartisme au Mali, le 26 mars 1991.
L’indépendance d’un syndicat, souligne M DIARRA, dépend en grande partie de ses ressources financières. Malheureusement, a-t-il soutenu, à leur grande surprise, le check-off a été suspendu par un de leurs compagnons du 26 mars 1991 comme pour dire « plus de syndicat fort capable de nous nuire».
En tout cas, affiliée à l’ISP, la FNSSP/ISP-Mali compte sur les responsables syndicaux pour espérer créer un renouveau syndical, dans l’union, la solidarité…

Par Sékou CAMARA

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