Lutte contre les stupéfiants et précurseurs: 4,435 tonnes de drogues incinérées hier

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Conformément à l’article 136 de la Loi 01-078 du 18 juillet 2001, modifiée, portant sur le contrôle des drogues et précurseurs, l’Office central des stupéfiants a procédé, hier mercredi, à Dio, (cercle de Kati) à l’incinération de 3,5 tonnes de cannabis, 500 kg de psychotrope et 435 grammes de cocaïnes, pour une valeur marchande estimée à 500 millions de FCFA.

Placée sous la supervision De Youba Alfousseiny DIOP, substitut du procureur du Pôle spécialisé sur les questions de drogues de la Commune VI du district de Bamako, l’opération s’est déroulée en présence du directeur de l’Office central des stupéfiants, le magistrat-lieutenant- colonel Adama TOUNKARA ; du maire et le sous-préfet de la commune rurale de Dio, respectivement, Daouda KANE et Sadio KEITA.
On y notait également le déploiement d’un impressionnant dispositif sécuritaire, ainsi que la présence des éléments de la MINUSMA. Tous venus pour être des témoins oculaires de cette opération de clarification de l’OCS.
Selon le directeur de l’Office central des stupéfiants, c’est l’article 136 de la Loi 01-078 du 18 juillet 2001, modifiée, portant sur le contrôle des drogues et précurseurs qui prévoit que la destruction de ces produits se fasse en présence des représentants de l’autorité judiciaire et les membres de la Commission de destruction. En effet, précise-t-il, c’est sur la base de cet article que le Procureur de la république près le tribunal de grande instance de la Commune VI a ordonné, le 5 septembre 2016, la destruction de ces produits.
Les drogues incinérées, a-t-il souligné, ont été saisies, courant cette année 2016, par trois services de répression à savoir : l’Office central des stupéfiants (2,8 tonnes de cannabis, 500 kg de psychotropes et 435 g de cocaïne) ; la Police et la Gendarmerie se répartissent 700 kg de cannabis).
Par ailleurs, a fait savoir le magistrat-lieutenant-colonel Adama TOUNKARA, le but de cette incinération est, d’une part, d’éviter le retour de ces produits dans le circuit du commerce illicite ; et d’autre part, d’informer et de sensibiliser la population sur l’ampleur du trafic et de la consommation de drogue dans notre pays. Il s’agit enfin d’inviter, notamment la société civile à s’approprier l’enjeu de ce phénomène.
Pour rappel, l’Office central des stupéfiants (OCS) est un organe qui assure, sur le plan national, la coordination de l’action préventive et répressive contre le trafic illicite des drogues.
C’est un service central public placé sous l’autorité du ministre de la Sécurité et de la protection et composé d’agents de tous les services impliqués dans la lutte contre le trafic illicite de drogues, notamment (la police, la gendarmerie, la douane, la justice, la santé ou tout autre service d’apport nécessaire). L’OCS est composé de 12 antennes, dont 3 à Bamako et une dans chaque capitale régionale, excepté celle de Kidal dont l’antenne s’est repliée à Bamako en 2012, suite à la suite de l’occupation des régions du nord du pays.
L’OCS est également chargé d’assurer la coordination opérationnelle des actions de lutte contre le trafic illicite des drogues menées par les autres services de répression. À ce titre, il doit être prévenu, informé ou associé à toutes les opérations menées ou à mener par les autres services qui concourent à la lutte contre le trafic illicite des drogues.
Par ailleurs, il convient de signaler qu’au total, le nombre du personnel de l’OCS est de 108 agents sur toute l’étendue du territoire national. Un chiffre jugé nettement insuffisant pour lutter contre les trafiquants de stupéfiants. Mieux, le Mali est depuis quelques années, un lieu de passage des trafiquants de drogues du fait que la partie nord échappe au contrôle des autorités nationales.
En dépit de cette insuffisance de personnel, il ressort de ses statistiques qu’entre 2012 et 2015, l’OCS a effectué d’importantes saisies de drogues qui se chiffrent à 36, 400 kilogrammes de méthamphétamine d’une valeur d’environ 6 milliards de FCFA. En outre, durant la même période, il a saisi 20 kilos de cocaïne, d’une valeur de 900 millions de FCFA ; et 10 tonnes de cannabis (chanvre indien) d’une valeur de près de 1 milliard FCFA.

Par Sékou CAMARA

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