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mercredi 22 novembre 2017
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Lutte contre les violences à l’égard des femmes: un combat commun

Pour mieux informer l’opinion publique sur le fléau mondial que représente la violence contre les femmes et les filles, et pour agir en conséquence en vue de l’éradiquer, les Nations-Unies ont célébré, le 25 novembre 2014, la Journée internationale pour l’élimination de la violence à l’égard des femmes. Les 16 jours d’activisme contre la violence sexiste suivront ainsi (jusqu’au 10 décembre 2014, date de la Journée internationale des droits humains) et sera l’occasion de mobiliser et d’attirer l’attention des décideurs sur ce thème.

Par Violence à l’égard des femmes, on entend « tout acte de violence faites aux femmes, et causant ou pouvant causer un préjudice ou des souffrances physiques, sexuelles ou psychologiques, y compris la menace de tels actes, la contrainte ou la privation arbitraire de liberté, que ce soit dans la vie publique ou dans la vie privée». En moyenne, au moins, une femme sur trois est battue, victime de violence sexuelle ou autrement maltraitée par un partenaire intime au cours de sa vie.

Selon les données de la Banque mondiale, le viol et la violence conjugale représentent un risque plus grand pour une femme âgée de 15 à 44 ans, que le cancer, les accidents de la route, la guerre et de paludisme réunis. Plusieurs sondages mondiaux suggèrent que la moitié des femmes victimes d′homicide sont tuées par leur conjoint ou ex-conjoint ou compagnon. En Australie, au Canada, en Israël, en Afrique du Sud et aux États-Unis, 40 à 70 % des femmes victimes de meurtre ont été tuées par leurs partenaires selon l′Organisation mondiale de la santé (OMS). Selon le rapport 2014 des ONU femmes, en Colombie, une femme serait tuée par son compagnon ou ex-compagnon tous les six jours. Des centaines de femmes ont été enlevées, violées et tuées à Ciudad Juarez (Mexique) et dans ses alentours, pendant une période de 10 ans. On estime que, dans le monde entier, une femme sur cinq sera victime de viol ou de tentative de viol au cours de sa vie. La violence à l′égard des femmes a été signalée pendant ou après des conflits armés dans toutes les zones de guerre nationale ou internationale.

Entre 250.000 et 500.000 femmes ont été violées au cours du génocide du Rwanda de 1994; entre 20.000 et 50.000 femmes ont été violées pendant le conflit de Bosnie au début des années 1990. Ainsi, la violence à l′égard des femmes ne se limite pas à une culture, une région ou un pays particulier ni à un groupe donné de femmes au sein de la société et ses raisons profondes résident dans l′inégalité historique de pouvoir dans les relations entre les hommes et les femmes et dans la discrimination persistante à l′égard des femmes partout dans le monde.

En 2002, le ministère de la Promotion de la femme de l’enfant et de la famille du Mali a commandité une étude sur les violences faites aux femmes. Cette étude a identifié une vingtaine de formes de violences. Il s’agit: les injures, les coups et blessures, le gavage des jeunes filles en vue du mariage précoce, les viols, les sévices et excès sexuels au sein du couple, l’excision, le harcèlement sexuel, la répudiation, le lévirat et ou le Sororat, les mariages forcés ou précoces, le rapt de femme, la discrimination dans l’héritage et la succession, la discrimination dans l’accès aux postes de responsabilité administrative ou politique, le non-accès à la terre, les interdictions d’activités économiques, certaines formes de veuvage, la séquestration religieuse et ou le port forcé du tchador, le changement d’option matrimoniale, le changement d’option matrimoniale, l’abandon prolongé de femme pour raison d’exode, etc. L’étude a conclu que toutes les femmes maliennes sont victimes au moins de l’une de ces formes de violence identifiées et force est de reconnaitre que 12 ans après la situation ne s’est quasiment pas améliorée.  Selon la Ministre, Sangaré Oumou Ba, les violences faites aux femmes et aux filles ont toujours existé dans notre pays comme l’a confirmé l’étude commanditée par son département en 2002 et que ces violences se sont accentuées pendant la crise d’où le dépôt d’ une plainte, le 12 Novembre dernier, de six associations maliennes de défense des droits de la personne au nom de 80 victimes de viols , de violences sexuelles perpétrées lors de l’occupation dans les régions du Nord par les groupes armés. Cependant, elle déplore la persistance de vide juridique dans la législation nationale, notamment en ce qui concerne la violence domestique, le viol conjugal, le harcèlement sexuel, et l’excision, cela malgré les engagements pris par notre pays, à travers la ratification des traités internationaux et sous régionaux dans le cadre de la promotion des droits de la femme.

La violence à l’encontre des femmes est un grand problème de santé publique et une violation majeure des droits de la femme  et doit faire l′objet d′une priorité à tous les niveaux. Elle n′a pas été suffisamment placée au rang de priorités par nos autorités pour permettre un changement significatif et le leadership et la volonté politique sont critiques. Il serait temps de comprendre que les violences faites aux femmes nous interpellent tous, car comme l’a dit M. Ban Ki-moon, Secrétaire général de l’ONU dans son message 2014, «Il nous incombe, à nous tous, de prévenir et de combattre la violence à l’égard des femmes et des filles, en commençant par remettre en question la culture de la discrimination qui la perpétue. »

ADIARATOU SANGARE

 




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