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samedi 21 mai 2022
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Lutte contre l’esclavage par ascendance au Mali: une loi attendue pour juin prochain

«Le texte de loi incriminant la pratique de l’esclavage par ascendance au Mali, déposé sur la table de l’Assemblée nationale, est prêt. Son adoption est annoncée pour juin 2015». L’annonce a été faite, hier, par la présidente de la Coalition nationale de lutte contre l’esclavage par ascendance au Mali, qui regroupe plusieurs associations nationales et internationales de défense des droits humains.

C’était lors de la traditionnelle réunion trimestrielle des membres de la Coalition nationale de lutte contre l’esclavage par ascendance au Mali, regroupant plusieurs organisations nationales et internationales de défense des droits humains, qui a eu lieu mardi dernier, au siège de TEMEDT, sis à Faso Kanu.
La rencontre était placée sous le patronage de la présidente de la Coalition nationale de lutte contre l’esclavage par ascendance au Mali, KEITA Fatoumata SISSOKO, en présence de plusieurs de ses membres.
Ces réunions périodiques, qui ont pour but d’évaluer et de planifier les actions de la Coalition, s’inscrivent dans le cadre de son projet: «Plaidoyer pour l’éradication de l’esclavage par le renforcement des capacités des leaders et organisations issus de couches sociales vulnérables au Mali».
Selon la présidente, conformément aux recommandations de leur troisième réunion trimestrielle qui exigeaient des responsables, à défaut d’avoir la loi incriminant la pratique de l’esclavage, adoptée en 2014, qu’elle soit au moins déposée sur la table de l’Assemblée nationale, la même année. Et depuis, le bureau de la Coalition en a fait sa priorité.
Cependant, a-t-elle soutenu, c’est le remaniement du gouvernement qui a surtout joué en leur défaveur, quant à l’adoption de la loi.
C’est dans cette dynamique, a rappelé Mme KEITA, que la Coalition nationale a effectué plusieurs démarches auprès de certaines personnalités; et fait des séances de travail avec les membres de la Commission Loi de l’Assemblée nationale, afin de parvenir à l’adoption de la loi incriminant la pratique de l’esclavage par ascendance au Mali.
KEITA Fatoumata SISSOKO s’est réjouie des résultats enregistrés par son équipe. Car, a-t-elle expliqué, non seulement le texte de loi incriminant la pratique de l’esclavage par ascendance au Mali est déposé sur la table de l’Assemblée nationale, mais surtout son adoption est annoncée pour le mois juin 2015. Toute chose qui dénote, à son avis, que leur combat qui ne date pas d’aujourd’hui commence à porter ses fruits.
Selon la présidente de la Coalition, l’esclavage, longtemps abandonné et méconnu des grandes sociétés, existe bel et bien au Mali, au Nord et au Sud (même à Bamako).
Aussi, a-t-elle fait savoir, l’esclavage est un crime. Et il faut que le Malien arrive à l’accepter comme tel et le définir comme tel. Et, il n’est un secret pour personne, il n’y a aucune loi dans le monde qui autorise un crime. D’où, le vibrant appel incessant de la Coalition nationale auprès des autorités maliennes pour adopter une loi incriminant cette vieille pratique.
Mieux, a-t-elle rappelé, la Constitution du Mali stipule que les citoyens naissent libres et égaux devant la loi. Cependant, au même moment, il y a des individus qui s’arrogent le droit de vie et de mort sur leurs semblables, sous prétexte qu’ils sont supérieurs à ces derniers qui leur appartiennent, à la limite.
Pour Mme SISSOKO, l’esclavage est déshonorant. Car, actuellement, l’homme ne doit pas se glorifier d’appartenir son semblable en oubliant qu’ils sont tous des créatures et des esclaves de Dieu.
Pour rappel, depuis sa création en 2006, l’association Temedt ne cesse d’interpeller les pouvoirs publics en les invitant à tout mettre en œuvre pour éradiquer l’esclavage et sauver ainsi les générations futures, victimes de l’esclavage par ascendance, contre cette pratique avilissante pour l’homme.
L’esclavage est une pratique ancrée dans les us et coutumes dans certaines localités et en certaines ethnies.
En tout cas, pour pouvoir la combattre afin de libérer des milliers de personnes et leurs descendances qui se trouvent embrigadées dans cette pratique dégradante et humiliante pour la dignité humaine, il faut une forte mobilisation de tous les acteurs politiques et sociaux, au premier rang desquels l’État, à travers l’adoption d’une loi l’incriminant.
Par Sékou CAMARA




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