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vendredi 20 mai 2022
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Lutte contre l’excision/MGF: 2776 villages ont abandonné la pratique

Chaque 6 février, le Mali à l’instar de la communauté internationale célèbre la journée internationale de la tolérance zéro à l’égard des mutilations génitales féminines (MGF). Organisée par le ministère de la promotion de la femme, de l’enfant et de la famille, c’est la région de Bougouni qui a l’honneur d’abriter la présente 19è édition, placée sous le thème central de : «Accélérer les actions pour mettre fin aux mutilations Génitales Féminines au Mali ».

La cérémonie de lancement officiel de l’édition de 2022, s’est déroulée en présence des autorités administratives, locales et traditionnelle de la région de Bougouni.

On notait également la présence des partenaires techniques et financiers dont Yves SASSERANTH, représentant de l’UNFPA et représentant du système des Nations Unis au Mali.

«Accélérer les actions pour mettre fin aux mutilations Génitales Féminines au Mali », tel est le thème de cette la présente édition dont le pari de l’organisation a été gagné par les populations de la cité de Banimotié.   

En campant le décor, le représentant du maire de Bougouni, Issa Coulibaly s’est d’abord réjoui du choix porté sur sa commune pour célébrer l’édition de cette année.

Selon lui, la lutte contre les violences basées sur le genre cadre parfaitement avec la politique gouvernementale mise en place. Puisse qu’elle s’inscrit en droite ligne de la volonté affichée des plus hautes autorités du pays dans ce combat contre les MGF/E.

M. Coulibaly a aussi profité de cette tribune pour faire savoir que l’accompagnement des autorités régionales ne fera pas défaut dans ce combat. Chose qui s’explique par la mise en place de 236 points focaux dans la région de Bougouni.

Quant au représentant de l’UNFPA, Yves SASSERANTHI, prenant la parole au nom du système des Nations Unies au Mali, a indiqué que depuis plus de trois décennies, l’abandon de cette pratique est au centre des réflexions et actions des acteurs de développement et des communautés.

Malgré les efforts déployés, les statistiques restent interpellateurs.  Selon lui, 73% des filles de 0-14 ans et 89% des femmes de 15-49 ans ont subi l’excision. De celles-ci, 7 sur 10 et 9 sur 10 ont connu une quelconque forme de MGF/E, d’après une enquête menée par l’EDS en 2018.

« Nombreuses sont les filles et femmes qui portent chaque jour, avec elles, les conséquences des MGF/E et de manque d’accès aux services de prise en charge adéquat. Il s’agit ici, certes d’une question de santé mais aussi des droits humains ; comme : le droit à l’intégrité physique, le droit à l’information, le droit de choisir, le droit à I ‘éducation, et même le droit à la santé. Le manque d’information et de services adéquats ne permet pas à la femme de jouir pleinement de son droit de choisir. Qu’ils en soient tous et toutes félicités et remerciés », a-t-il dit.

Le représentant des Nations Unis a aussi reconnu les efforts du Mali dans la lutte contre les MGF/E. Il s’est, à cet effet, réjoui que 2776 villages ont abandonné la pratique ; soit 23% des 12 000 qui se sont engagés à abandonner l’excision.

« En prenant la décision d’abandonner cette pratique, ces communautés ont jugé utile de sauver, dorénavant, leurs filles et femmes de tout danger lié à l’accouchement et autres » a-t-il avancé.

De son côté, le représentant du ministre de la Promotion de la femme, de l’enfant et de la famille, Chiaka MAGASSA, a souligné que les mutilations génitales féminines recouvrent l’ensemble des interventions qui consistent à altérer ou à léser les organes génitaux de la femme pour des raisons non médicales. C’est pourquoi, elles sont considérées comme une violation des droits humains des femmes et des filles ; notamment ceux liés à la santé, à la sécurité et à l’intégrité physique.

Cependant, selon le secrétaire général du département, Chiaka MAGASSA, il faut des efforts conjugués impliquant l’ensemble des acteurs ; y compris les communautés ; pour promouvoir l’élimination de ce phénomène.

Ainsi, dans cette lancée, des actions ont été renforcées dans notre pays sur les plans politique, institutionnel et juridique.

De même, en 2021, l’accent a été mis sur les activités d’information, de sensibilisation, de plaidoyer et de renforcement des capacités, de prise en charge des conséquences liées aux MGF/E.

A noter qu’au compte du programme Initiative Spotlight, les partenaires techniques et financiers qui accompagnent notre pays dans cette lutte, ont remis des matériels au département.

Lesquels doivent permettre d’accéder l’abandon de la pratique des MGF/E. Il s’agit de : 250 tablettes pour les producteurs de données ; 600 téléphones mobiles destinés aux jeunes adolescents des groupements féminins ; 500 exemplaires de la publication statistique de l’UNICEF sur les MGF/E et 500 exemplaires de la bande dessinée « La bande Awa ».

PAR CHRISTELLE KONE




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