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mercredi 12 août 2020
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Lutte contre l’excision: la nécessaire implication des communautés

Le Mali à l’instar de la communauté internationale a célébré la Journée internationale du 06 février « Tolérance zéro » aux Mutilation génitale féminine et l’excision (MGF/E). Cette journée est initiée pour permettre aux gouvernements, aux Systèmes des Nations Unies, aux organisations de la société civile et aux personnes de bonne volonté de faire le bilan de la lutte pour l’élimination des mutilations génitales féminines et projeter les actions à venir pour accélérer l’atteinte de la tolérance zéro aux MGF en 2030.

 « Investir dans les adolescents, filles et garçons, à travers la formation et l’information, afin d’assurer l’atteinte de l’objectif tolérance zéro aux mutilations génitales féminines en 2030 », tel est le thème international de cette journée qui est commémorée depuis 2004. Ce thème, selon les responsables de l’ONU-Femmes, offre davantage d’espaces de dialogues et de responsabilités pour les parties prenantes pour renforcer l’information et la formation des adolescents sur les violences basées sur le genre et les droits sexuels et reproductifs, en général, et les MGF/E, en particulier, en vue d’accroître leurs possibilités d’exercer leurs droits et de réaliser leur plein potentiel en termes de santé, d’éducation et de revenus.

Le Mali n’est pas resté en marge de cette journée du 06 Févier.  Elle a été une occasion pour le Ministère de la Promotion de la femme, de l’enfant et de la famille de diriger les communications vers les groupes cibles spécifiques comme les décideurs administratifs et politiques, les leaders communautaires, les leaders religieux sur les multiples et graves conséquences liées aux MGF/E, à l’effet d’agir.

Mais aussi, les activités de communication se focaliseront sur les adolescents et les populations pour leur pleine participation à la recherche des réponses appropriées pour éliminer la pratique des MGF/E.  « La journée du 06 févier a pour objectif de Renforcer les connaissances des adolescents sur les MGF/E et leurs conséquences, d’intensifier le dialogue inter générationnel entre les adolescents, les parents et les décideurs sur les défis liés à l’abandon des MGF/E, amener les secteurs à orienter leurs actions pour l’information et la formation des adolescents sur leurs rôles dans l’abandon des MGF/E  et amener les partenaires techniques et financiers à appuyer les projets des adolescents pour le renforcement de leurs capacités pour l’abandon des MGF/E. », a dit la ministre de la Promotion de la Femme.

Des chiffres inquiétants.

Signalons qu’en 2020, 4,1 millions de filles dans le monde risquaient de subir des mutilations génitales féminines. Selon le Fonds des Nations Unies pour la population (UNFPA), le coût pour prévenir les mutilations génitales féminines s’élève à 95 dollars par fille aujourd’hui. Les 30 pays où les mutilations génitales féminines sont les plus répandues, ont une population très jeune, dont au moins 30% sont des jeunes filles de moins de 15 ans. Dans les pays où prévalent encore les mutilations génitales féminines, ces pratiques sont désormais de moins en moins acceptées chez les jeunes âgés de 15 à 19 ans, contrairement aux adultes âgés de 45 à 49 ans. Par conséquence, les nouvelles générations ont aujourd’hui généralement plus de chances de grandir sans MGF par rapport à leurs parents, selon la même source.

Par ailleurs, selon l’Enquête de la démocratie et la santé du Mali (EDSM-VI), 73% des filles de 0-14 ans et 89% des femmes de 15-49 ans ont été excisées. Le même rapport révèle que 76% des filles ont subi les MGF/E avant l’âge de 5 ans ; 70% des femmes.  La méconnaissance de cette pratique fait que 68% des hommes pensent que l’excision est exigée par la religion et trois-quarts des femmes et des hommes pensent que la pratique de l’excision doit continuer, selon la même enquête.

Un problème de santé public

Les filles qui subissent des mutilations génitales féminines font face à des complications à court terme, telles que des douleurs intenses, des saignements excessifs, des infections et des difficultés à uriner, ainsi qu’à des conséquences à plus long terme pour leur santé sexuelle et reproductive et leur santé mentale.

Bien que principalement concentrée dans 30 pays d’Afrique et du Moyen-Orient, la pratique des mutilations génitales féminines (MGF) est un problème universel. Elle persiste également dans certains pays d’Asie et d’Amérique latine, ainsi que parmi les populations immigrées vivant en Europe occidentale, en Amérique du Nord, en Australie et en Nouvelle-Zélande.

C’est pourquoi, Mme la Ministre de la Promotion de la femme, de l’enfant et de la famille a insisté pour promouvoir l’élimination des MGF, des efforts coordonnés et systématiques, impliquant l’ensemble d’une communauté, sont nécessaires. « Ils doivent être axés sur les droits humains, l’égalité entre les sexes, l’éducation sexuelle et porter une attention particulière aux besoins des femmes et des filles ayant subi de telles pratiques », a-t-elle dit.

PAR CHRISTELLE KONE

 




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