Lutte contre l’exploitation sexuelle des enfants: ECPAT luxemboug sensibilise en commune III

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Le RECOTRADE (Réseau des communicateurs traditionnels), en partenariat avec l’Association «Mettre fin à la prostitution, à la pornographie et à la traite des enfants à des fins d’exploitation sexuelle (ECPAT Luxembourg) », a organisé, hier mercredi, une journée d’information et de sensibilisation au siège de l’ONG Enda Tiers Monde à Bamako-Coura.

Les travaux de cette journée dont l’ouverture était présidée par le cinquième adjoint au maire de la commune III, Ibrima Siré FADIGA, ont regroupé le Coordinateur des chefs de quartier de la commune III, Mamadou SISSOKO ; les Chefs de quartier ; des Leaders religieux (chrétiens et musulmans), le Secrétaire exécutif du RECOTRADE, Sékou DEMBELE ; la représentante du RECOTRADE de la commune III, Mme Mariam Sipa TRAORE, en présence du représentant de l’ECPAT Luxembourg, Boubacar MAÏGA.
À l’ouverture des travaux, la Coordinatrice de l’ECPAT Luxembourg de la commune III, Mme Fabienne DIAKITE, a souligné qu’en vue de défendre les intérêts et les droits des enfants, son association a mis en place plusieurs dispositifs pour lutter contre l’exploitation sexuelle des enfants à des fins commerciales (ESEC) dans les pays en développement.
Pour ce faire, ECPAT Luxembourg au Mali a initié un projet de 4 ans (2015-2018) d’un montant de 955 926 euros, soit 630 911 160 FCFA, dans le district de Bamako et les régions de Ségou, Sikasso et Mopti pour l’éradication de cette pratique.
Les enfants bénéficiaires du projet sont les adolescentes et jeunes filles en situation de rue à risque ; les filles victimes d’exploitation sexuelle ; les enfants des Centres d’écoute communautaires ; les enfants pairs éducateurs ; le parlement des enfants ; les enfants de l’Association pour la Promotion des Jeunes et Enfants communicateurs, etc.
Par ce projet, ECPAT Luxembourg et ses partenaires visent, d’une part, à prévenir les risques d’exploitation sexuelle des enfants, par des actions de sensibilisation auprès des enfants, des familles et des communautés du Mali, et d’autre part, à prendre en charge les enfants victimes d’exploitation sexuelle pour le rétablissement de leur bien-être.
De son côté, le Secrétaire exécutif du RECOTRADE, Sékou DEMBELE, a souligné qu’il nous appartient, en tant que parents, leaders communautaires, société civile de jouer notre rôle pour protéger les enfants contre cette pratique qui détruit.
En effet, malgré d’énormes dispositifs mis en place par des conventions et traités internationaux, force est de constater avec ECPAT Luxembourg que ces victimes demeurent invisibles, non entendues, non prises en charge.
Une étude quantitative et qualitative réalisée par ECPAT Luxembourg au Mali, en mars 2013, dans les localités de Kayes, Sikasso, Ségou, Mopti et le district de Bamako, montre que 28,3 % soit 417 enfants sur 1 472 enfants de l’échantillon (enfants vulnérables) ont été victimes de prostitution et de traite à des fins sexuelles. Plus de 90 % de ces victimes sont des filles.
Des filles, principalement dans la tranche d’âge de 12 à 15 ans, sont abusées sexuellement en échange d’une protection, d’un bien matériel ou tout simplement d’argent, un billet de 1 000 CFA, soit 1, 45 € qui est le prix d’un abus sexuel.
L’exploitation sexuelle des enfants à des fins commerciales se définit comme l’abus sexuel d’un enfant par un adulte en échange d’une rémunération en argent ou en nature payée à l’enfant ou à une tierce personne. Elle constitue une forme de violence contre les enfants et une pratique criminelle qui viole des droits de l’enfant.
Un enfant correspond à toute personne âgée de moins de 18 à ans tel que défini par la Convention des Nations Unies relative aux droits de l’enfant (CDE).
Les auteurs de crimes sexuels utilisent souvent la force, la tromperie et la violence pour contrôler et manipuler l’enfant dans le but de l’exploiter.

Par Abdoulaye OUATTARA

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