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samedi 22 juillet 2017
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Lutte contre l’extrémisme violent: l’heure du partage d’expérience

‘’Désarmement, démobilisation et réinsertion dans un contexte d’extrémisme violent’’, tel est le thème d’un atelier de deux jours, initié par la Commission nationale pour le désarment, la démobilisation et la réinsertion (CNDDR), réunissant les membres de la Commission cantonnement et intégration ; du Conseil national pour la réforme du secteur de la sécurité (RSS) ; des experts africains et qui se tient dans un hôtel de la place.

Trois interventions ont ponctué la cérémonie d’ouverture, à savoir celles du Haut représentant de l’Union africaine pour le Mali, Pierre BUYOYA ; du représentant de l’ambassadeur d’Allemagne, le Dr Alexander PLAPPERT ; et du président de la Commission nationale pour le désarmement, la démobilisation et la réinsertion, Zahaby Ould Sidi Mohamed.
M. BUYOYA a fait de la prévention, la clé de la lutte contre l’extrémisme violent et a présenté une approche globale du phénomène comme indispensable. Il a assuré du soutien de l’Union africaine à cette démarche qui s’inscrit en droite ligne de sa vision.
À sa suite, le Dr Alexander PLAPPERT, conseiller à l’ambassade d’Allemagne, a rapporté les félicitations de son ambassadeur pour la tenue d’un atelier d’une aussi grande importance et qui rentre dans le cadre de la coopération germano-malienne.
Il a rappelé que depuis la naissance de l’État du Mali, son pays entretient avec lui une coopération fiable. La République fédérale d’Allemagne étant d’ailleurs le premier pays à reconnaître le Mali indépendant. Aussi, l’Allemagne a-t-elle des engagements avec le Mali qui se manifestent sous de nombreuses facettes.
Si la coopération était axée sur le domaine du développement, à partir de 2012-2013, elle s’est étendue à ceux financier et sécuritaire. Ainsi, a révélé M. PLAPPERT, l’Allemagne a plus d’un millier de soldats et de policiers au sein des différentes forces internationales dans notre pays.
Preuve que le Gouvernement de son pays accorde une grande importance au DDR, il a contribué au Fonds fiduciaire de la MINUSMA à hauteur de 5 millions d’euros, soit plus de 3 milliards FCFA. Cela, pour la construction et l’opérationnalisation des sites de cantonnement.
Dans la foulée, le conseiller a annoncé que la réinsertion socioéconomique des ex-combattants pourrait être envisagée.
Toutefois, l’arbre ne doit pas cacher la forêt. C’est pourquoi M. PLAPPERT a pointé du doigt que nonobstant l’accompagnement de son pays et d’autres pays, le DDR n’a pas commencé à grande échelle. Ce, alors que l’Accord pour la paix et la réconciliation au Mali issu du processus d’Alger stipule que dans les 60 jours suivant la signature de l’accord, il sera mis en place, une Commission nationale pour le DDR. Deux ans après, il y a peu d’avancées en matière de démobilisation et de réinsertion, a-t-il alerté avant d’interpeller : « il est grand temps que le processus de DDR puisse commencer ; le plus rapidement possible ».
Le président de la Commission nationale pour le désarmement, la démobilisation et la réinsertion, Zahaby Ould Sidi Mohamed, a remercié l’Allemagne pour son accompagnement du processus de paix et de réconciliation dans notre pays ; ainsi que l’Union africaine qui a fait du présent atelier un cas d’école.
Pour lui, il s’agit de réfléchir avec les experts africains sur le désarmement, la démobilisation et la réinsertion dans un contexte d’extrémisme violent ; voire les leçons apprises, les défis surmontés, les problèmes actuels des pays africains.
Ce dernier point, a-t-il mis en exergue, est d’autant plus pertinent que même les Nations Unies se posent, en ce moment, la question de la relecture du ‘’Manuel de concepts des opérations de DDR’’. Et pour cause, a-t-il justifié, aujourd’hui, le DDR se passe dans un contexte d’extrémisme violent, parce qu’il y a sur la scène d’autres acteurs qui ne sont pas concernés par l’Accord. Ce qui lui fait dire qu’il ne s’agit plus d’un atelier formel, mais d’un atelier d’échanges.
« Le Mali veut écouter d’autres frères », a-t-il dit et de citer certains pays (Algérie avec le FIS ; Mauritanie ; Somalie qui est encore empêtrée dans ses problèmes) qui ont combattu l’extrémisme violent avec les moyens et les méthodes qui étaient les leurs. Le président de la CNDDR entend capitaliser toutes ces expériences pour se faire une idée du DDR chez nous.
Réagissant à l’interpellation du conseiller diplomatique, il a mis en avant la jeunesse de notre Commission pour le DDR qui n’a que 7 mois. Qu’à cela ne tienne, a-t-il poursuivi, ses structures sont opérationnelles dans 4 régions (Mopti, Tombouctou, Gao, Taoudénit). À Ménaka, a fait savoir Zahaby, le processus d’opérationnalisation est très avancé. Quant à Kidal, il compte sur le lancement du MOC qui, espère-t-il, interviendra le 20 de ce mois comme prévu.
Au cours des deux jours de réflexion, les participants seront édifiés sur les questions suivantes : ‘’prévention de l’extrémisme violent’’ ; ‘’désarmement non traditionnel’’ ; ‘’profilage, sélection, détention’’ ; ‘’déradicalisation et désengagement’’, avec les participants du Nigeria, de la Somalie, du Kenya et des organisations nationales et non gouvernementales ; ‘’réinsertion dans un contexte d’extrémisme violent’’.

Par Bertin DAKOUO




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