Lutte contre l’Insécurité à Bamako et périphérie: le devoir du bon citoyen

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Déploiement sécuritaire impressionnant dans les coins et sur les sites névralgiques du pays ; fouille systématique des personnes et des engins paraissant suspects ; descentes musclées des forces de sécurité dans les zones criminogènes de la capitale ayant permis de nombreuses arrestations. Telles sont mesures immédiates prises par le ministère de la Sécurité intérieure et de la protection civile, depuis la fin de la semaine dernière à suite de plusieurs attaques à mains armées qui se sont succédé à Bamako et environnants. Si ces nouvelles dispositions sécuritaires sont à saluer, elles ne sauraient, par contre, produire les fruits escomptés sans une collaboration franche de la population.

« Mieux vaut tard que jamais », dit-on. Après plusieurs attaques à Bamako et dans les périphéries ayant occasionné des pertes en vies humaines et des blessés, le ministère de la Sécurité intérieure et de la protection civile, qui semble prendre la mesure de cette insécurité grandissante, a sorti la grosse artillerie. C’est d’ailleurs pourquoi, depuis quelques jours, l’on assiste à un déploiement impressionnant des forces de sécurité suivi d’un ratissage par les forces spéciales en appui des unités de police, de gendarmerie et de la garde nationale. Des descentes musclées qui ont permis d’interpeller, à ce jour, plus d’une centaine de personnes suspectes, dont les vérifications d’identité sont toujours en cours.
Si aucune indication n’est encore précise sur l’arrestation des commanditaires des attaques du poste de péage de Sanankoroba, dans la périphérie de Bamako, de la supérette de Djélibougou, commune I, et de Ecobank en plein cœur de la capitale, le moins que l’on puisse dire, c’est que les différentes arrestations ci-dessus citées sont à saluer. Même s’il est sûr que certains fugitifs, qui sont activement recherchés par les limiers, sont toujours dans la nature et que rien ne dit que d’autres bandits de grand chemin, qui ne rêvent certainement que de commettre les mêmes forfaits comme celui du jeudi dernier, ne sont pas dans la nature. Une chose pour lequel il faut absolument travailler à éviter, en raison des conséquences désastreuses que de telles actions auront immanquablement sur les plans économique, social, politique, mais aussi psychologique.
Et ceci ne pourrait se faire sans la vigilance maximale, dans une synergie d’actions où la collaboration franche des populations est requise. Car il s’agit avant tout de la sécurité du pays, qui ne saurait être l’affaire des seules forces de défense et de sécurité, mais qui requiert la contribution de tous.
En tout état de cause, les différentes interpellations intervenues à ces derniers jours sont d’autant plus méritoires qu’elles tendent à montrer à quel point, nos forces de défense et de sécurité, engagées sur plusieurs fronts, entre autres, face à la nébuleuse djihadiste, mais aussi face à un ennemi intérieur tapis dans l’ombre, ne rechignent pas à la tâche dans l’accomplissement de leur mission de sécurisation du territoire, des personnes et de leurs biens, avec les moyens de bord.
C’est pourquoi, malgré toutes les critiques, justifiées ou pas, contre les autorités, les Maliens doivent se serrer les coudes pour sauver le pays. Car, au-delà des individus, c’est du destin de la Nation tout entière qu’il s’agit.
Autrement, à force de jouer les Saint Thomas et de voir la diversion dans toutes les actions d’un gouvernement visiblement à la tâche, l’on court le risque de se faire surprendre par un ennemi qui pourrait surgir là où on l’attend le moins. En tout état de cause, il est bien connu qu’en matière de sécurité, il n’y a pas de risque zéro. De même, aucun pays, fut-il développé, ne peut dire aujourd’hui qu’il est suffisamment armé pour faire face à l’insécurité. Mais le plus important c’est de travailler à en minimiser les risques.
En la matière, le renseignement paraît l’une des armes les plus efficaces pour déjouer les plans de ces apôtres de l’apocalypse et de l’obscurantisme. Cette information, elle s’obtient avec une bonne collaboration de la population. D’autant qu’on est dans un pays aux moyens limités où la modicité des moyens pourrait être partiellement suppléée par la franche collaboration des populations qui doivent plus que jamais jouer leur partition. Non seulement, en fournissant aux forces de sécurité, tous les renseignements nécessaires, mais aussi en faisant preuve de civisme et de patriotisme.

Par Mohamed D. DIAWARA

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