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mardi 1 décembre 2020
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Lutte contre l’insécurité alimentaire: l’évaluation de la situation 2020-2021

Le ministre commissaire à la Sécurité alimentaire, Redouwane Ag Mohamed Ali, a présidé, hier lundi, à l’hôtel Salam, la cérémonie d’ouverture de la 1re session du Cadre harmonisé d’analyse et d’identification des populations vulnérables à l’insécurité alimentaire et nutritionnelle au titre de la campagne agricole 2020-2021. C’était en présence de la représentante des partenaires techniques et financiers, Caroline SCHAEFER, non moins responsable du programme PAM Mali et les acteurs du système d’alerte précoce.

La représentante des partenaires techniques et financiers du groupe protection sociale, sécurité alimentaire et nutrition, Caroline SCHAEFER, a affirmé que les résultats des analyses de suivi réalisées en collaboration avec les clusters en période de soudure dans le cadre de la sécurité alimentaire et nutritionnelle dans le contexte COVID ont révélé certains dysfonctionnements au niveau des aires sanitaires et des marchés, ainsi qu’une dégradation des moyens d’existences et une forte insécurité alimentaire surtout dans la région du Liptako Gourma.
Elle a soutenu que même si les évaluations provisoires de la situation de la compagne agropastorale 2020-2021 mentionnent de bonnes conditions hydriques avec une pluviométrie excédentaire et une forte crue suscitant une appréciation moyenne à bonne surtout dans les productions vivrières, elle reste cependant affectée par la persistance de l’insécurité volatile marquée par des incidents sécuritaires dans les régions du centre et du nord ayant engendré l’abandon de terres cultivées par les populations.
Caroline SCHAEFER a qualifié le Cadre harmonisé comme un exercice permettant d’avoir des résultats acceptés de tous sur la base d’analyses consensuelles en matière d’évaluation de la sécurité alimentaire et nutritionnelle. ‘’C’est un outil fédérateur qui aide à la prise de décision et un instrument de mise en œuvre de la Politique nationale de sécurité alimentaire et nutritionnelle’’, a noté Caroline SCHAEFER.
Elle n’a pas manqué de reconnaitre que des défis importants restent à relever pour que cet exercice soit profitable aux populations vulnérables de façon durable. Mme SCHAEFER a évoqué la mise en œuvre des réponses dans le temps, une coordination renforcée et cohérente des acteurs pour gagner en temps, en ressources et avoir plus d’impacts.
Elle a enfin salué les efforts consentis par l’État malien et ses partenaires pour la mise en place du dispositif national de sécurité alimentaire chapeauté par le Commissariat à la sécurité alimentaire dans la dynamique de mise en œuvre de la Politique nationale de la sécurité alimentaire et nutritionnelle.
Le ministre commissaire à la Sécurité alimentaire, Redouwane Ag Mohamed Ali, a rappelé que le Système d’alerte précoce s’est engagé depuis quelques années dans un processus d’harmonisation des méthodologies d’évaluation de l’insécurité alimentaire aiguë, appelé Cadre harmonisé. Selon lui, le cadre harmonisé en tant qu’outil consensuel et fédérateur est implémenté et renseigné à partir des informations issues des différentes enquêtes d’évaluations de la situation alimentaire et nutritionnelle à travers le pays.
Le ministre commissaire à la Sécurité alimentaire a expliqué que les résultats de la campagne agro-syvo-pastorale 2020-2021 sont des facteurs contributifs les plus déterminants pour l’évaluation de la situation alimentaire et nutritionnelle.
Il a souligné que les informations font état d’une pluviométrie globalement suffisante pour les cultures malgré un démarrage difficile par endroits, mais provocant des inondations localisées à travers le pays ; d’une crue forte favorable aux cultures de riz de submersion libre et contrôlée et la production halieutique, mais qui a aussi causé des pertes de superficie de culture par endroits.
Aux dires du ministre, ces facteurs ont impacté les perspectives de récoltes qui s’annoncent moyennes à bonnes. Sur le plan pastoral, déclare-t-il, la biomasse est abondante, mais des cas de feu de brousse pouvant créer des déficits sont rapportés. Aussi, le commissaire à la sécurité alimentaire a-t-il souligné que la non-culture du coton va affecter la disponibilité de l’accès à l’aliment bétail.
« Malgré ces conditions climatiques favorables, l’impact de la maladie à COVID-19 a affecté certaines activités et l’insécurité ainsi que les conflits communautaires n’ont pas permis l’exécution correcte des travaux agricoles dans certaines zones du centre du pays où de nombreux déplacés internes ont été enregistrés. Les populations de ces zones, dont les moyens d’existence sont fortement entamés, pourraient connaitre des situations difficiles encore cette année », a déploré le ministre commissaire à la Sécurité alimentaire.
Il a appelé les participants à examiner avec professionnalisme l’ensemble des informations afin de cibler les populations les plus vulnérables et à proposer les réponses les mieux appropriées.

PAR MODIBO KONE




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