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lundi 22 octobre 2018
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Lutte contre l’Insécurité alimentaire: un plan de réponse pour 3 millions de personnes

Les travaux de la 13e session du Conseil national de la sécurité alimentaire se sont déroulés hier au Centre international de conférence de Bamako sous la présidence du Premier ministre, Modibo KEITA.

Au cours de cette session, les membres du Conseil national de la sécurité alimentaire ont fait une revue l’état de mise en œuvre des recommandations de la 12e session et du plan national de réponse de 2015.
Aussi, les participants ont-ils partagé les résultats de l’évaluation définitive du Système d’alerte précoce de la campagne agricole 2015-2016 et des résultats du cadre harmonisé ; du plan national de réponse de l’année en cours avant de suivre les exposés de l’ensemble des Gouverneurs de région sur l’état de la sécurité alimentaire et nutritionnelle dans leurs localités respectives.
La session de 2016 s’est tenue dans un contexte marqué la réussite de la campagne agricole 2015-2016 jugée bonne dans l’ensemble avec une production de plus de 8 millions tonnes de céréales. Cette production est en hausse de 27 % par rapport à la moyenne des 5 dernières années et de plus de 15 % par rapport à 2014-2015.
Elle intervient également dans un contexte général marqué par une situation à la baisse du nombre des personnes en insécurité alimentaire sur l’ensemble du pays par rapport à l’année dernière et une stagnation du nombre d’enfants en situation de malnutrition qui, selon la représentante résidente de FAO au Mali, demeure un problème de santé publique dans notre pays. Si cet état reste récurrent, Mme Fatou SEID, a tout de même salué l’effort du gouvernement et de ses partenaires quant à l’assistance et l’appui aux populations les plus démunies et vulnérables du pays et particulièrement celles affectées par la crise sécuritaire et les chocs climatiques.
Cette année encore, les résultats du Cadre harmonisé font ressortir que près de 8000 ménages seront en situation d’urgence lors de la période de soudure, environ 400 000 en situation de crise caractérisée par un déficit alimentaire extrême et que plus de 2 millions seront sous pression, avec une consommation alimentaire réduite et ne pouvant faire face à leurs dépenses essentielles. Voilà pourquoi le Système d’alerte précoce a recommandé à l’État et à ses partenaires la mise en œuvre des actions de résilience prioritairement dans les communes en difficulté socioéconomique identifiées cette année ; la poursuite des actions de relèvement dans les zones qui étaient en affectées par l’insécurité alimentaire lors de la campagne dernière ; la poursuite des appuis humanitaires pour les régions du nord du pays et la reconstitution des moyens d’existence à l’endroit des populations déplacées et réfugiés de retour.
Afin de répondre aux besoins spécifiques des populations en état d’insécurité alimentaire et nutritionnelle, le plan annuel de réponse est conçu chaque année pour permettre une planification des activités et aussi une coordination du suivi des actions de l’ensemble des acteurs impliqués dans les opérations d’assistance et d’appui.
Selon le Commissaire à la sécurité alimentaire, c’est pour une population de plus de 3 millions de personnes que le plan annuel de réponse 2016 se focalisera en mettant en cohérence les actions conjointes de l’État et de ses partenaires.
Si le nombre de personnes, en situation d’insécurité alimentaire sévère pendant la période de soudure, est cette année au même niveau que l’année dernière, celui de personnes dites sous pression demeure plus important, a ajouté Oumar Ibrahim TOURE, avec plus de 2 600 000 personnes estimées en phase 2. Ainsi, le plan annuel de réponse 2016, rassure le ministre-commissaire, cherche à soutenir de manière forte cette frange de la population, à travers des activités de relance rapide et de renforcement de la résilience.
En s’alignant sur les priorités du gouvernement qui placent la sécurité alimentaire au cœur de ses préoccupations, les partenaires techniques ont salué la qualité du dialogue avec le gouvernement qui s’est concrétisée par la signature d’un Protocole d’entente.
Ce Protocole d’entente, a jugé la représentante résidente de FAO, est l’aboutissement d’un long processus ainsi que d’efforts de discussion et de coopération importants de la part du gouvernement et de ses partenaires. Bâti sur une vision commune de l’évolution de la problématique de la sécurité alimentaire dans notre, elle a laissé entendre que l’évolution du contexte, dans lequel se développent les crises alimentaires, a fait apparaître de nouveaux enjeux. Ce, d’autant plus que ces dernières années, on assiste à des crises récurrentes de nature et d’ampleur différentes, intégrant de nouvelles dimensions comme l’insécurité alimentaire chronique, la malnutrition et la volatilité des prix des denrées alimentaires.
Le Dispositif national de sécurité alimentaire du Mali (DNSA), pour faire face à ces nouveaux enjeux, doit s’adapter et se moderniser. C’est pourquoi l’accent, a-t-elle insisté, doit être mis sur la prévention et le renforcement de la résilience des populations. C’est là tout l’objectif de ce Protocole d’Entente, qui vise à mettre en œuvre une réforme pour accroître l’efficacité du DNSA dans la prévention et la gestion des crises alimentaires et nutritionnelles.
Cette réforme repose sur le principe essentiel du leadership, du rôle pilote de l’État dans la coordination et la conduite des opérations de prévention et de réponse aux crises.
Par ailleurs, Mme SEID, a également salué la mise en place du nouveau cadre de concertation des parties prenantes à la Sécurité alimentaire au Mali avec la tenue, le mois dernier, au Commissariat à la Sécurité alimentaire, de la première réunion de la Commission mixte de concertation.
Pour le Coordonnateur des donateurs du PRMC, il reste maintenant à rendre opérationnels rapidement le Secrétariat technique et financier ainsi que le Comité technique pour permettre à tous les partenaires de mieux collaborer et de s’atteler à la résolution des questions urgentes visant à apporter des réponses adéquates et efficaces aux besoins des ménages vulnérables.
Abordant dans le même sens, le Premier ministre a incité à l’accélération de la réforme du dispositif de sécurité alimentaire tout en exhortant les membres du Conseil national de sécurité alimentaire à la vigilance pour capitaliser les acquis. Dans cette perspective, il a rassuré que le gouvernement et ses partenaires seront mobilisés en vue de l’atteinte des objectifs.

Par Mohamed D. DIAWARA




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