Maintien d’ordre et bavures policières: les éclairages du ministre Traore

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Le ministre de la Sécurité et de la protection civile, le général de brigade Salif TRAORE, a animé, hier lundi, une conférence de presse suivie de visite de terrain à l’École nationale de police. L’objectif de cette rencontre était d’expliquer aux hommes de médias les techniques et les moyens utilisés par les forces de sécurité pendant les opérations de maintien d’ordre. De même, il a profité de l’occasion pour donner des explications sur les derniers événements survenus à Boni.

Pour joindre la théorie à la pratique, l’équipe de journalistes a été conduite dans le cadre d’une visite de terrain, au Centre de tirs de l’École nationale de police à N’Tomikorobougou. Ce centre, ont précisé les responsables sécuritaires, situé au flanc de la colline, dans cour de la police nationale est le lieu d’entrainement de toutes les forces armées et de sécurité de notre pays.
Cette visite était dirigée par le directeur régional de la police district de Bamako, le commissaire divisionnaire, Siaka B. SIDIBE, qui avait à ses côtés tous les commandants des différentes compagnies de maintien d’ordre. Il s’agit du commandant du groupement mobile de sécurité (GSM), le commissaire divisionnaire, Checkné MAGASSOUBA ; le Commandant du maintien d’ordre de la garde nationale, le Cmdt Fany DIAKITE ; le représentant du groupement d’intervention de la gendarmerie nationale (GIGN), le lieutenant Jean Oumar TOURE.
En tant que directeur régional de la police du district de Bamako, le commissaire divisionnaire, Siaka B. SIDIBE, est à ce titre, le superviseur général de toutes les activités de maintien et de service d’ordre. Il a sous son contrôle, les 15 commissariats de Bamako. Pour mieux édifier les hommes de médias, il a procédé à la présentation des trois compagnies de maintien d’ordre suivie de démonstrations.
En cas de manifestation, le maintien d’ordre est assuré par une équipe de sécurité mixte, composée d’éléments de la police, de la gendarmerie et de la garde nationale. Cette équipe est aussi appuyée par la protection civile.
Après la présentation des hommes, le commissaire SIDIBE, a présenté aux journalistes les différents engins utilisés contre les manifestants, à savoir : les grenades lacrymogènes, les pistolets automatiques (kalachnikov), et les FLG (Fusil lance-grenade), etc.
Pour repousser les manifestants, les forces de l’ordre, bien organisées, utilisent les grenades à main, le FLG. Il arrive que, dans le but d’effrayer les manifestants, les kalachnikovs soient utilisées pour des tirs à balles blanches. Mais, pour le besoin de l’exercice, des tirs à balles réelles avec le pistolet automatique ont été faits par certains éléments devant les journalistes.
Selon le directeur régional, les manifestants ne sont pas pris comme des ennemis, mais plutôt comme des adversaires qui ne sont pas d’accord avec un état de fait dans la République.
« Nous avons en face de nous, des parents, des frères, des amis, etc. Ce ne sont pas des ennemis, c’est des adversaires qui, un moment donné, sont mécontents d’une situation », a-t-il expliqué. C’est pourquoi pour repousser les manifestants, a-t-il expliqué, les services de maintien d’ordre ont recourt le plus souvent au bouclier anti-manifestants. Puis, en fonction des forces en présence, ils peuvent utiliser les grenades à main qui sont jetées sous les pieds des manifestants pour les disperser.
Dans le cas des FLG, la sécurité fait, ce qu’on appelle dans le jargon, les tirs courts, qui sont les seuls autorisés contre les manifestants. Il s’agit de tirer à l’air et sous forces de courbe. L’engin, une fois propulsé dans l’air, explose et retombe en dégageant un gaz insupportable pour la respiration. Avec ces FLG, les tirs peuvent atteindre 100 à 150 m.
De même, la police peut faire recours aux tirs qualifiés de tendus dans le jargon. Ces tirs visent les obstacles et ne sont jamais dirigés directement contre les personnes. « On ne vise pas quelqu’un, même s’il n’y a pas de balle dans ces grenades, leurs impacts peuvent blesser un manifestant en cas de tirs directs », a-t-il dit. Aussi, le sens du vent est capital avec ces genres d’engins. Par ailleurs, les tirs sont effectués par des spécialités, des éléments d’élite pour éviter les dérapages.
Avant de quitter les lieux, le chef de la police régionale à montrer les douilles des cartouches utilisées pousser propulser les grenades ou les balles blanches, qui ressemble souvent à des balles réelles et crée des confusions en cas de problèmes.
« Notre objectif est de faire le maintien d’ordre en préservant les vies et les matériels », a conclu le chef de la police de Bamako.
Au cours de la conférence qu’il a animée au bout d’une journée marathon, le général de brigade Salif TRAORE a insisté sur l’importance de la communication dans les opérations de maintien de l’ordre. C’est pourquoi a-t-il fait savoir que tous ses services sont ouverts à la presse, en cas de besoins. Il a exprimé toute sa disponibilité à vouloir travailler avec la presse pour éviter les conséquences de la diffusion d’une mauvaise information sur la sécurité du pays. Selon le ministre, nous sommes encore dans un contexte de crise et les journalistes doivent être exigeants avec eux-mêmes dans le traitement de l’information pour éviter de paniquer utilement les populations.
À la suite du directeur régional, il a annoncé l’acquisition de canons à eau chaude, par les services de maintien d’ordre.
Dans sa vision, il ressort que le pays a choisi de procéder à une réforme du secteur de la sécurité qui met l’accent sur les ressources humaines. La lutte contre le terrorisme, la cyber- criminalité ; la sécurité au niveau des frontières est parmi les grands axes de cette réforme. De même, il s’agira de procéder à une réforme du secteur de la sécurité privée.
Abordant la question de Boni, le ministre a fait savoir qu’il n’y a pas eu de combat au sens propre entre les FAMA et les éléments djihadistes qui ont pris le contrôle de la localité de Boni, vendredi dernier.
D’ores et déjà, a-t-il fait savoir, nos forces de défense et de sécurité ont repris le contrôle de cette localité sans résistance.

Par Abdoulaye OUATTARA

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