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mardi 12 décembre 2017
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Mali 2014: 12 mois – 12 succès – 12 échecs

Le Nil s’approche du Caire. Inexorablement, la roue de l’histoire tourne, avec elle les cycles solaires. Celui de 2014 s’achève dans une poignée de jours. Le temps des congés, repos bien mérité de vos fidèles serviteurs arrive.

Pendant 12 mois votre journal, le Quotidien des sans voix a été à votre service sur la brèche de l’information. La rédaction s’est investie pour donner le meilleur d’elle-même. Grâce à votre constante fidélité, avec votre indulgence, elle voudrait présenter à chacune et à chacun de ses fidèles lectrices et lecteurs ses sincères excuses pour les ratés, les imperfections, et les désagréments involontaires.

Fidèles à sa ligne rédactionnelle, Info-Matin, est resté un journal engagé dans le limon du patriotisme et du nationalisme. Cela lui a valu quelques déboires, mais le sacerdoce du service public de l’information (le devoir d’informer) implique des sacrifices. Et notre journal, comme par le passé, paye et continue de payer la facture de ses prises de positions patriotiques. Mais, rien, absolument rien, n’entamera sa détermination à rester le journal des sans voix, la voix d’un Mali digne et de fierté qui dit non au pessimisme et au défaitisme, d’un Mali d’honneur et de vertu qui refuse la compromission et la corruption, aux passe-droits et à l’impunité, d’un Mali débout et déterminé à assumer son destin de Nation souveraine et respectée.

Pour ce Mali-là, Info-matin restera « débout sur les remparts… ».

A la suite du dossier des « cahiers spéciaux 2014 », qui ont retracé dans ses grandes lignes le parcours chronologique de l’année qui s’achève, Info-Matin est heureux de vous présenter son dossier bilan de 2014 intitulé : « Mali 2014 : 12 mois, 12 succès, 12 échecs ».

Il s’agit pour la rédaction de Info-Matin, à sa façon, de retracer et de vous faire revivre, à travers un dualisme relatif, les grands sujets d’actualité qui ont marqué l’année qui s’achève au cours duquel de fabuleuses bonnes choses ont été faites et réussies, d’autres moins bien faites. Il faut donc relativiser le choix. Aussi, avons-nous choisi de traiter, pour vous, les 12 sujets d’actualité qui nous ont paru comme des réussites et 12 autres qui nous ont semblé comme des échecs.

les 12 succès de l’année

Le Mali ce n’est pas que Bamako. Loin des clameurs citadines, 2014 aura été pour les ruraux, les paysans et les éleveurs, une année de fabuleuse aubaine. Avec le maintien de la subvention aux intrants agricoles, notamment, la réduction du prix de l’engrais de 1500 FCFA, l’augmentation du budget du monde rural (15% du budget national), le Mali profond a son compte, est et reste en phase avec le Président IBK et son régime.

Juste pour dire, à notre modeste avis, que 2014 n’a pas été que l’année des affaires, des scandales, des « aigris », des « lamentables » et des « incompétents ». Elle aura été aussi, après plus d’une décennie d’unanimisme politique, celle de l’amorce d’une fabuleuse redynamisation et revivification démocratiques.

2014 consacre le retour à une vraie pratique de la démocratie avec une opposition (qui a désormais un statut et qui officie dans sa chapelle de dénonciation et d’incantation, avec une objectivité légitime mais souvent avec excès et malveillance), et une majorité qui commence à peine à prendre la mesure de sa vraie fonction pour s’être cantonnée tout au long de l’année dans un rôle folklorique et d’accompagnement théâtral.

En effet, l’indolence d’une majorité abonnée absente sur les grands sujets de la Nation aura fortement impacté le débat et laissé le champ libre à l’opposition de théâtraliser la gouvernance, à saper les acquis et l’image du régime du Président IBK qui, malgré tous les grossissements et les dénigrements, joue la carte de la transparence. C’est, en effet, la première fois, dans la démocratie malienne, qu’un régime se plie aux exigences de la transparence en acceptant d’auditer sa propre gestion et en publiant les résultats.

Pour cette raison, l’année 2014 aura donc été pour le régime du Président IBK un test réussi de transparence qui est fille de la bonne gouvernance. Et pour cause, malgré les dénonciations, malgré les pressions inamicales et le jeu trouble de certains bailleurs, l’impasse prophétisée n’a pas eu lieu. Au contraire, les ponts sont rétablis entre le régime et les partenaires techniques et financiers. Et les affaires, celles se rapportant à l’avion présidentiel et aux équipements militaires, comme nous le prévoyions dans ces mêmes colonnes, ont fini avec l’année 2014, comme elles ont commencé.

Le Mali du consensus ventre mou est bien mort et enterré. La nouvelle gouvernance démocratique se veut franche et sincère pour permettre à chaque composante de la société politique de jouer son rôle. Pour ce faire, la restauration du dialogue en vue de celle de la confiance est un impératif. Le régime du Président IBK ne s’en est pas privé tout au long de cette année avec son opposition chaque fois que de besoin pour que nul ne se laisse gérer par la rumeur.

Sur tous les grands dossiers de la Nation, le Président a échangé avec l’opposition et les autres segments de la Nation : le problème du Nord, les affaires de l’avion, les relations avec le FMI, les pourparlers d’Alger…

Le dialogue politique et social engagé par le régime du Président IBK a eu le mérite de clarifier le jeu politique, de restaurer la vitalité démocratique de notre pays plongé dans le sommeil du consensus depuis plus de 10 ans, même s’il faut déplorer que par le jeu de la transhumance le parti présidentiel a pu se taper la majorité absolue à l’Assemblée Nationale.

Malgré un contexte difficile, face aux multiples défis sécuritaire et politique, le régime a repris et multiplié les initiatives. Le « dossier Mali » est désormais géré, non plus par la Cédéao ou son médiateur, mais par le Mali, aidé, il est vrai, par les amis du Mali et la Communauté internationale.

Hier chacun le sait, Koulouba interférait et empêchait même que certains n’aillent en prison. Pour le glaive de la Justice ne tremble pas, conformément à sa promesse aux Maliens, le président IBK s’est abstenu tout au long de l’année d’interférer dans les affaires judiciaires, confortant ainsi non seulement la séparation des pouvoirs, mais aussi l’indépendance de la Justice.

L’exemple le plus marquant de ce fair-play présidentiel a été la mise sous mandat de dépôt controversé du député de son propre parti, Bourama Tidiane TRAORE. Quand on sait que par le passé, des députés ont, en toute impunité « étranglé », « boxé » et « insulté » des pauvres citoyens maliens dans l’exercice de leur fonction, et que le RPM, parti présidentiel, qui a aujourd’hui la majorité absolue avec tout ce que cela comporte comme pouvoir, se laisse conter, on peut dire que la démocratie, la justice pour tous font du chemin sous IBK.

On ne peut évoquer l’année 2014 au plan national sans faire référence à la visite historique du Président IBK en Chine. C’est au moment même où la mission Christian Josz débarque à Bamako que le Président IBK est invité par l’Ami chinois. L’exemplarité de la coopération entre nos deux peuples et l’excellence des relations d’amitié et fraternité des autorités chinoises à l’égard du « grand ami de la Chine » qu’est IBK se traduira par une solidarité concrète qui restera dans les annales de l’histoire : un don de 18 milliards de francs CFA et a consenti un prêt sans condition de 8 milliards de francs CFA. L’Ami chinois tient là une promesse qui avait été faite à IBK en 2011, au nom du Parti communiste chinois, d’aider le gouvernement du président élu (le RPM et le PCC sont liés par un accord de coopération).

On ne peut épiloguer aussi sur les acquis palpables du régime, sans évoquer les mesures d’anticipation et la formidable réactivité que les autorités sanitaires ont mis en œuvre pour contenir et juguler l’épidémie du virus Ebola qui a touché notre pays au cours de cette année. Mais voilà, comme qui dirait l’autre, tout est bien qui finit bien. A la date du 15 décembre, toutes les personnes mises en observation n’ayant pas développé la maladie ont été libérées, le Mali d’IBK qui ne compte plus désormais de cas d’Ebola, a gagné une bataille. Mais la guerre contre Ébola se poursuit ; elle doit se poursuivre car elle n’est gagnée que si le virus est éradiqué partout totalement dans le monde. C’est pourquoi, la vigilance doit être de mise et la prévention se poursuivre.

Au terme de cette année 2014, le Mali d’IBK n’est pas si isolé que l’ont dépeint certains. Le Mali n’a pas certes réussi dans le contexte du retour arrogant des terroristes au Nord du pays, que la Minusma ait un mandat plus robuste, mais les forces internationales sont là aux cotés de notre armée pour garantir encore l’intégrité du territoire nationale. Malgré les incompréhensions et les impatiences de part et d’autre, la Communauté internationale maintient encore un soutien unanime à notre pays.

De tout ce qui précède, il convient, pour prêcher dans la même chapelle que le Dr Boulkassoum HAIDARA de « tirer les leçons » de cette année tumultueuse « qui a fait douter un peuple impatient » afin d’inverser la tendance désespérante. Pour «juguler ce phénomène discréditant», le Président IBK gagnerait à réexaminer les critères de choix de ses collaborateurs et des serviteurs de l’Etat.

Sans remettre en cause les critères de la compétence, de la probité, de l’intégrité, de la loyauté, de chacun et de tous, le constat est largement partagé et indéniable en cette fin année que d’une part, «l’administration centrale qui a le monopole du pouvoir de décision économique du pays, est encore détenue par ceux qui auraient dû faire profil bas, raser le mur pour ne pas dire s’exiler». Et d’autre part, que ceux qui sont sensés défendre le régime ne sont pas toujours informés et «associés à la prise des décisions qu’ils sont chargés de défendre, de diffuser et de faire consommer auprès de leurs militants, sympathisants et des populations». Enfin, il urge que le président IBK rassemble son camp et mette de l’ordre dans un gouvernement qui a allègrement et largement franchi tous les seuils d’incompétence et d’impopularité.

  1. Le respect de l’Accord de Ouaga

L’honneur et la fierté du Mali, comme le dirait l’autre, se trouvent dans les valeurs cardinales, dont le respect des engagements, dans le respect de la parole donnée. Pour s’être engagé le 18 juin 2013, à travers l’accord préliminaire de Ouagadougou en vue de la préservation de l’intégrité du territoire, de l’unité nationale, de la forme laïque et républicaine de l’Etat et du maintien de la paix et de la sécurité sur l’ensemble du territoire national, le Mali se devait d’être exigeant, vis-à-vis de lui-même, mais aussi vis-à-vis des autres parties prenantes à l’accord.

Après avoir institué un Ministère chargé de la réconciliation et du développement des régions du Nord, organisé les Etats généraux de la décentralisation, les Assises nationales du Nord, le régime du Président IBK, conformément à l’accord préliminaire de Ouaga dont il est issu, exigera dès le début de l’année le désarmement et le cantonnement des groupes armés. Parce que chacun sait, au-delà des récriminations de mauvaise foi que le pays, notamment dans sa partie septentrionale, est fier d’avoir gagné la bataille de la stabilisation et de la sécurisation à cause de la collusion des groupes armés avec le narco-terrorisme. Aussi, le Président IBK crut devoir lancer un appel à la Communauté internationale notamment à la Minusma afin d’aider son pays pour procéder au désarmement et au cantonnement des groupes armés, prévus aux articles 6, 7 et 11 de l’Accord préliminaire. Que disent ces articles ?

  1. « Le désarmement des groupes armés   (…) est accepté  par tous. La première étape  de ce désarmement est le cantonnement des éléments des groupes armés… » (Article 6)
  2. « Les Parties conviennent de  mettre en  place,  (…)   une  Commission Technique  Mixte  de Sécurité.  Présidée par  le commandant de  la MISMA/MINUSMA, (… qui) est chargée de:(…) élaborer (…) les modalités du cessez-le-feu incluant            notamment   les    arrangements    sécuritaires,   le cantonnement et le désarmement des groupes armés  du nord du   Mali  ainsi  que  le  redéploiement effectif  des  forces  de défense et de sécurité du Mali… » (Article 7)
  1. «(…) les Parties conviennent de mettre en œuvre, sous la  supervision de  la  MISMA/MINUSMA les  mesures suivantes: –               dans  le cadre  du  processus de désarmement qui sera finalisé après la  signature de  l’accord   global  et  définitif   de  paix,  les  groupes armés            signataires   s’engagent   à    procéder   sans     délais    au cantonnement de  leurs  éléments, sous  la  supervision et  avec  le soutien de la MISMA/MINUSMA, ainsi que  le concours  initial de la Force Serval, dans des sites définis conjointement… ». (Article 11)
  1. La défiance de la Minusma

Contre toute attente, la Minusma qui se concevait en terrain conquis, opposa à la demande malienne, une inamicale fin de non recevoir en des termes très peu diplomatiques : le mandat de la mission « n’est pas d’imposer quoi que ce soit à qui que ce soit », dixit Bert Koenders. La presse évoquera, à juste raison, une tension entre le Mali et la Minusma.

Il aura fallu la visite au Mali des membres du Conseil de sécurité des Nations unies pour arrondir les angles et décider la Minusma à s’exécuter et à s’impliquer pour réunir les groupes armés signataires de l’accord de Ouaga avec le gouvernement afin de mettre en chantier un «projet opératoire de cantonnement des groupes armés du nord du Mali». Projet décliné en Projet dit de «cantonnement du Fonds de consolidation de la paix » qui sera signé, du reste le 13 mars, lors de l’ouverture des pourparlers sur le sujet à Bamako entre le ministre de la Réconciliation nationale et du Développement des régions du Nord, Cheick Oumar DIARRAH, et le représentant spécial du secrétaire général des Nations Unies et chef de la MINUSMA ; projet portant sur trois sites devant être identifiés dans le nord du Mali et financé à hauteur de 3 millions de dollars.

Mais depuis la désastreuse visite de MARA à Kidal, c’est patatras, c’est adieu le processus.

  1. La volonté de Dialogue avec les rebelles

Toujours dans le cadre du respect et de l’application de l’Accord préliminaire de Ouaga, conscient que la consolidation de la paix, la réconciliation nationale et l’impératif de la stabilité politique sont ses objectifs primordiaux, tout au long de l’année, l’Etat a montré sa volonté inébranlable et sa bonne foi dans le cadre du dialogue avec les groupes armés, dont le summum est le processus qui est en cours à Alger, processus appelé « pourparlers d’Alger ».

La visite du Président IBK à Alger en ce mois de janvier est donc pleine de sens et révélatrice de la volonté d’anticipation et d’ouverture dans ses efforts de recherche de solution à l’épineux problème du Nord. C’est en effet, à la demande du Président IBK que la République soeur d’Algérie s’est impliquée et a pris la tête de la médiation qui s’enlisait avec Ouaga. Aujourd’hui, après plusieurs mois d’échange sous la conduite de la médiation algérienne, les lignes ont sensiblement bougé, et beaucoup ont laissé tomber le masque. Si les faucons du MNLA restent empêtrés dans leur logique, beaucoup d’observateurs pensent que pour le Mali le bout du tunnel n’est plus si loin que ça. Avec l’adhésion et le soutien de la France à la médiation algérienne, il se dit qu’un accord de paix est désormais à portée de main. En janvier comme le presse le France ? Le tout c’est de quel accord s’agira-t-il.

Telle une rengaine, l’Etat malien avec le Président IBK en tête, a toujours réaffirmé tout au long du processus, sa volonté de dialogue et de réconciliation en vue de trouver une solution définitive à la crise. Il en a été ainsi lors de son message à la Nation :

– Le 26 mars dernier, 23è anniversaire du 26 Mars 1991 :

«En cette veille du 26 Mars, occasion solennelle de commémoration de la révolution malienne qui a permis le dialogue avec la rébellion d’alors, puis la signature historique du Pacte National en 1992, je veux renouveler mon appel aux mouvements rebelles du Nord. Qu’ils viennent autour de la table !

Qu’ils acceptent, sans atermoiements et sans subterfuges, le dialogue qui nous permettra de valider un avenir mieux assuré pour nos régions septentrionales aux vulnérabilités hélas réelles

Qu’ils fassent en sorte qu’apaisés et remobilisés, nos frères et soeurs des camps de réfugiés puissent envisager sans tarder le retour dans leurs sites respectifs! Mais qu’ils viennent à ce dialogue tant attendu avec la certitude que l’Etat restera unitaire, un et indivisible».

Le 19 mai dernier, après les évènements de Kidal :

« La souveraineté du Mali sur toute l’étendue de son territoire n’étant pas négociable, … le Mali ne perdra jamais de vue une de ses valeurs cardinales, à savoir le respect de ses engagements.

Nous allons donc au dialogue, convaincus que nous sommes que le salut passe impérativement par là. Le salut si, bien entendu, toutes les parties, le gouvernement du Mali, la communauté internationale, les mouvements armés, s’acquittent de leurs engagements, chacune à son niveau de responsabilité.

C’est à ce prix que sera capitalisé le formidable élan de solidarité internationale dont notre pays a bénéficié et pour laquelle je renouvelle la gratitude de toute la Nation. C’est à ce prix que peut prospérer le fragile processus de pacification et de réconciliation de notre pays ».

C’est dans cet esprit et animé de ce même élan qu’un haut représentant du Chef de l’Etat pour le dialogue inclusif a été institué. C’est dans ce même état d’esprit et pour donner toutes ses chances au processus de pacification et de stabilisation que le Mali a signé (disons renouvelé) avec la France le Traité de coopération technique en matière de défense et de sécurité.

  1. La solidarité internationale

Loin des scandales financiers et des dénonciations tous azimuts qui ont ébranlé le régime, au plan sécuritaire, le Mali ratisse large et aligne encore en 2014 une unanimité sans aucune fausse note de l’ensemble de la Communauté internationale. Cette unanimité du Conseil de sécurité nous a valu hier et nous vaut aujourd’hui encore l’assurance et la garantie de « un Mali un et indivisible ».

Le régime du Président IBK aura réussi, contre vents et marrées, bien que trimballés dans la spirale des dénonciations et des scandales, à se maintenir grâce à tout le soutien et la solidarité du Monde autour de sa cause. C’est le Conseil de sécurité des Nations unies, lui-même, au complet, qui s’est déplacé en février pour venir à Bamako réitérer son soutien pour la stabilisation de notre pays. Le Mali d’IBK, soucieux de la paix et de la réconciliation nationale, plaidera pour la nécessité d’un dialogue inclusif avec l’ensemble des communautés nationales en vue d’aboutir à une paix réelle et définitive. A la communauté internationale qu’on a dépeint de lui l’image d’un va-t-en guerre, il martèlera comme à toutes les tribunes sa volonté de paix : «Nous avons un agenda; il ne sera pas celui qui bloquera. Mon ambition, ma seule ambition c’est d’être, pour le Peuple du Mali, un faiseur de paix, un rassembleur, un réconciliateur afin de sortir mon pays de la spirale des crises cycliques »

Le Mali n’a pas certes réussi dans le contexte du retour arrogant des terroristes au Nord du pays, que la Minusma ait un mandat plus robuste, mais les forces internationales sont là aux cotés de notre armée pour garantir encore l’intégrité du territoire national.

Le Conseil de sécurité renouvellera son appui de même que l’Union africaine, l’Union européenne, la CÉDÉAO, l’OCI qui accompagnement tous notre pays dans le processus d’Alger. Et notre pays, contrairement à certains discours, est loin d’être isolé, tant au plan multilatéral que bilatéral, comme en témoignent, outre le maintien de la coopération avec les grandes organisations et institutions ; la visite, au cours de l’année 2014, de plusieurs chefs d’Etat dont Sa Majesté le Roi Mohamed VI du Maroc, Van Rompuy de l’Union Européenne, Marzouki de Tunisie, Compaoré du Bourkina, etc.

  1. Le respect des engagements à travers

Le Mali du consensus ventre mou est bien mort et enterré. La nouvelle gouvernance démocratique se veut franche et sincère pour permettre à chaque composante de la société politique de jouer son rôle. Pour ce faire, la restauration du dialogue en vue de la restauration de la confiance est un impératif. Le régime du Président IBK ne s’en prive pas pour échanger avec son opposition chaque fois que de besoin pour que nul ne se laisse gérer par la rumeur.

La restauration du dialogue politique et social était l’une des promesses du candidat IBK. Elle est mise en oeuvre, avec des résultats tangibles. Sur tous les grands dossiers de la Nation, le Président a échangé avec l’opposition et les autres segments de la Nation : le problème du Nord, les affaires de l’avion, les relations avec le FMI, les pourparlers d’Alger.

Le dialogue politique et social engagé par le régime du Président IBK a eu le mérite de clarifier le jeu politique, de restaurer la vitalité démocratique de notre pays plongé dans le sommeil du consensus depuis plus de 10 ans, même si par le jeu de la transhumance le parti présidentiel a su se taper la majorité absolue à l’Assemblée Nationale. En tout cas, ce n’est pas l’Opposition qui s’en plaint, elle qui use et abuse de cette nouvelle liberté politique acquise au Mali à travers son nouveau statut.

Pour mémoire, le Conseil des ministres du 6 août 2014 a adopté le projet de loi portant sur le statut de l’opposition démocratique au Mali. Ce texte destiné à remplacer une loi adoptée en 2000 qui a révélé, à la pratique, «des insuffisances, devrait conférer, après le feu vert des députés, aux partis politiques de l’opposition un statut juridique, plusieurs droits et avantages, mais surtout (c’est l’objet) un «véritable statut» avec l’institutionnalisation d’un «chef de l’opposition qui en devient le porte-parole».

A ces reformes démocratiques, on peut ajouter d’autres plus structurelles comme celle dans le domaine de la bonne gouvernance et celui de l’armée. Chacun sachant que l’armée malienne doit être reformée et mise en condition pour faire face à ses missions traditionnelles et aux défis de la lutte contre le terrorisme. Les responsables de la défense et de sécurité en ont conscience et y travaillent en ce début d’aout 2014 avec les experts militaires de la Mission militaire européenne (EUTM).

Dans le cadre de la bonne gouvernance du secteur minier et pétrolier, l’Etat a procédé au cours de l’année à l’annulation de plusieurs dizaines de permis de recherche minière ainsi que plusieurs autorisations d’exploitation de carrières, et à l’arrêt de plus d’une centaine de procédures d’octroi de permis de recherche. Ce grand nettoyage, par exemple dans le domaine minier, concerne des projets sur lesquels aucun développement n’a été réalisé, et ne vise aucune mine actuellement en développement. Au total donc ce sont 130 titres à caractère minier qui auront été supprimés par les autorités, soit près d’un tiers des permis existants dans le pays, couvrant une superficie de 13 000 kilomètres carrés.

  1. La consolidation de l’autorité de l’Etat

L’un des engagements forts du Président IBK tient à la restauration de l’autorité de l’Etat. Sans le retour progressif de l’Etat, rien n’est en effet possible après la crise multidimensionnelle que notre pays a connue.

Face aux défis sécuritaire et politique, le régime a repris et multiplié les initiatives. Le « dossier Mali » est désormais géré, non plus par la Cédéao ou son médiateur, mais par le Mali, aidé, il est vrai, par les amis du Mali et la Communauté internationale. A l’intérieur, l’Etat restaure et réaffirme progressivement son autorité au quotidien naguère régenté par une Junte omniprésente et des injustices à tous les niveaux. Désormais, les Maliens savent que nul n’est au-dessus de la loi et qu’il y a une autorité qui veille à faire appliquer les lois de la République.

C’est dans ce cadre qu’il faut intégrer l’arrestation, l’inculpation et la mise sous mandat de dépôt pour complicité d’assassinat de  deux collaborateurs du Président IBK : l’ex-ministre de la Défense et Chef d’état-major particulier du Président de la République, le Général Yamoussa CAMARA et le général Sidy TOURE, ancien patron de la Sécurité d’État, qui relève aussi de la Présidence de la République. Une affaire qui, il faut le rappeler, rentre dans le cadre de l’enquête dite 3Affaire des Bérets rouges ».

  1. IBK le Président le plus populaire d’Afrique

A la veille du Sommet des Chefs d’État africains avec le Président américain Barack Obama, sommet tenu à Washington D.C du 04 au 06 août 2014, le très fameux institut GALLUP (très connu pour ses sondages pointus à travers le monde) a publié un sondage faisant ressortir la côte de popularité, et de confiance, des Chefs d’État africains auprès de leurs citoyens, notamment sur la façon dont ils accomplissent leur fonction de Président de la République.

Sur 26 Chefs d’Etat africains sondés, le Président IBK du Mali obtient le taux de popularité le plus élevé avec 86 %. Alors que Joseph Kabila du RD Congo occupe la dernière position avec 24 %.

Ce sondage est le résultat de la seule question (“Est-ce que vous approuvez ou désapprouvez la façon dont (untel) accompli sa fonction comme Président ?”) posée à un échantillon de 1.000 personnes âgées de 15 ans ou plus.

  1. Les mesures

incitatives en faveur du monde rural

Présidant la 5e session du Conseil supérieur de l’Agriculture, ce lundi 5 mai, le Chef de l’Etat annonce trois mesures fortes : l’accessibilité, et à prix abordable des tracteurs à nos producteurs ; l’affectation de 15 % du budget d’État désormais à l’Agriculture ; et la fixation du prix subventionné de l’engrais à 11 000 FCFA au lieu de 12 500 FCFA. Ces mesures incitatives sont conformes aux promesses faites dans son programme présidentiel, mieux, elles  vont au-delà des recommandations de la FAO qui demande de consacrer 10% à l’agriculture. Donc le Mali d’IBK, conscient du potentiel et en vue d’inciter nos producteurs, a décidé d’aller plus loin. L’ambition du Président IBK est de contribuer à l’avènement « d’un monde où chaque homme, chaque femme et chaque enfant disposeraient tous les jours d’aliments nutritifs et sains en quantité suffisante ». Le secteur fournit en effet 36 % du PIB et occupe environ 85 % des populations qui en tirent l’essentiel de leurs revenus.

Saluant « l’engagement et surtout l’adhésion des producteurs et productrices à oeuvrer inlassablement pour la modernisation du secteur agricole, gage de l’atteinte de la sécurité et de la souveraineté alimentaires au Mali’, le Président IBK décide de réduire le prix de l’engrais qui passe 12.500 à 11.000 FCFA parce qu’il «reste convaincu que le maintien de la politique de subvention aux intrants agricoles assortie de mesures de bonne gestion peut améliorer de façon significative la production et la productivité agricoles»

Toutefois, conseille le Président IBK, « pour renforcer de façon durable les performances actuelles de notre secteur agricole afin de le sortir du cercle vicieux de la précarité, nous devons continuer à promouvoir l’agriculture familiale tout en nous ouvrant de plus en plus et de mieux en mieux à l’agro-business ».

  1. Le retour à la confiance des bailleurs de fonds

C’est la première fois, de mémoire d’observateur, qu’un régime accepte, carte sur table, de jouer la règle de la transparence : en acceptant ses erreurs, en acceptant de se plier à des audits sur sa gestion, en acceptant la publication des résultats de ces audits, en acceptant de prendre des sanctions contre les auteurs des irrégularités commises. Un choix souverain pour la transparence qui s’avèrera payante pour le régime du Président IBK.

Après six mois (6) de tensions et d’incompréhensions, en cette mi-décembre, le Mali d’IBK est de retour dans les bonnes grâces des bailleurs fonds. Finies les incompréhensions, les divergences et les pressions, ainsi que les affaires fumeuses d’achat d’avion et d’équipements militaires qui avaient brouillé les relations entre le gouvernement et les partenaires techniques et financiers et qui avaient aussi empesté l’atmosphère politique laissant planer sur le régime de lourdes suspicions de corruption et d’affairisme.

Le FMI qui avait suspendu son appui à notre pays, suite aux affaires d’acquisition de l’avion présidentiel et des équipements militaires, a noté, lors de son conseil d’administration du 1er décembre dernier, avec satisfaction, la volonté des autorités maliennes de consolider la bonne gouvernance et leur détermination à respecter leurs engagements. Ont ainsi pesé fortement dans la balance de la décision du FMI : l’adoption du décret modifiant l’article n° 8 du Code des marchés publics, la publication des rapports d’audits du Vérificateur général et de la section des comptes de la Cour suprême ainsi que la communication du rapport sur l’état d’avancement du processus de prise de sanctions.

Ainsi se ferme le rideau sur les « sordides affaires » qui auront empesté un semestre durant l’atmosphère et le climat socio-politique.

En effet, outre le dégel de l’aide du FMI (8 millions de DUTS soit 12 millions de dollars ou 6 milliards de Fcfa en faveur du Mali au titre des deux revues),le Conseil des administrateurs du Groupe de la Banque mondiale a approuvé en faveur de notre pays, le 18 novembre dernier, un financement (décaissé en une seule tranche) composé d’un crédit de 36 millions de dollars et d’un don équivalant à 27 millions de dollars destinés à la Première opération de soutien à la reprise économique et à la réforme de la gouvernance. Et puisqu’il n’y a jamais deux sans trois, l’Union européenne décaisse 95 millions d’Euros  (62,32 milliards FCFA) au titre de son aide budgétaire à notre pays.

Après six mois d’efforts acharnés donc, le régime du Président IBK sort blanchi, en tout cas grandi, de l’épisode tumultueux d’incompréhension avec le FMI. Non seulement l’effondrement, le chaos et l’impasse prophétisés par les adversaires du régime du n’ont pas eu lieu, mieux le régime tourne cette douloureuse page avec les perspectives les meilleures pour le pays.

Comme quoi tout est bien qui finit bien.

  1. La gestion de

l’Épidémie d’Ébola

L’épidémie qui a déjà fait plus 3000 victimes à travers l’Afrique est entrée dans notre pays via la Guinée voisine, infestée depuis plusieurs mois déjà, dans la dernière décade du mois d’octobre. Le premier cas au Mali a concerné une petite fille (Fanta Condé) venue de la ville guinéenne de Kissidougou, admise à l’Hôpital Fousseyni DAOU de Kayes, s’est avéré positif après analyse de son prélèvement sanguin et qui a récemment séjourné en Guinée-Conakry avec sa grande mère pour rentrer au Mali.

L’enfant malade et les personnes qui ont eu un contact avec elle à Kayes ont été immédiatement identifiés et pris en charge selon les normes requises en la matière.

Malgré les dispositions frontalières prises par la Mauritanie voisine, le gouvernement qui s’y était déjà préparé rassure l’opinion sur le dispositif mis présentement en place qui permettrait d’éviter la propagation de la maladie et refuse de fermer sa frontière avec la Guinée.

Au moment où la quarantaine s’achève pour  108 personnes qui ont été en contact avec le premier malade d’Ebola, deux nouveaux cas mortels d’Ebola sont enregistrés à la Clinique Pasteur en plein coeur de Bamako. Depuis, c’est l’engrenage sur fond de panique et de mise à l’indexe.

Il faut agir, et agir vite. L’Etat qui a intensifié la campagne de prévention et de sensibilisation, «instruit la généralisation immédiate» des tests Ebola au niveau de tous les postes de contrôle des voyageurs à destination de Bamako et ouvre un centre d’isolement  à Kouremalé à la frontière guinéenne.

Les plus hautes autorités (le Président IBK et le Premier ministre Moussa MARA) qui se sont tous deux rendus sur le terrain à Kourémalé, annoncent que «aucun laxisme ne sera toléré sur l’ensemble de la chaîne, surtout de la part des personnels de santé» et que des «visites inopinées seront entreprises par des membres du gouvernement sur la base de la carte de prévention mise en place par le ministre de la Santé’’.

Tous les efforts déployés par les autorités sanitaires, avec l’appui de l’OMS et d’autres partenaires, sont couronnés de succès, à la fin novembre, avec la guérison d’un premier cas de malade atteint du virus Ebola dans un centre spécialisé à Bamako. Une première dont notre pays peut être fier, auquel on peut ajouter la guérison d’un second malade du virus Ebola le 11 décembre dernier. A la date du 15 décembre, toutes les personnes mises en observation n’ayant pas développé la maladie ont été libérées, le Mali d’IBK ne comptant plus de cas d’Ebola, a gagné une bataille. Mais la guerre contre Ébola se poursuit ; elle n’est gagnée que si le virus est totalement éradiqué partout dans le monde. C’est pourquoi, la vigilance doit être de mise et la prévention se poursuivre.

  1. Visite historique du Président IBK en Chine

Tandis que le régime avait le couteau du Fmi sous la gorge pour n’avoir pas respecté des règles de la simple bonne gouvernance et que les Maliens appréhendaient avec frayeur l’issue de la mission dépêchée par Washington pour statuer sur le « cas Mali », le Grand Frère Dragon chinois intervient pour l’ami en danger en mettant dans la cagnotte Mali : 5 500 milliards. Ce qui efface l’ardoise litigieuse et relance toutes les belles perspectives promises par le président IBK.

C’était au cours de la visite historique du Président IBK en Chine où il était le seul Chef d’Etat invité à la réunion annuelle des Nouveaux Champions du Forum Economique Mondial 2014 de Tianjin.

C’est au moment même où la mission Christian Josz débarque à Bamako que le Président IBK est invité par l’Ami chinois. L’exemplarité de la coopération entre nos deux peuples et l’excellence des relations d’amitié et fraternité des autorités chinoises à l’égard du « grand ami de la Chine » qu’est IBK se traduira par une solidarité concrète qui restera dans les annales de l’histoire : un don de 18 milliards de francs CFA et a consenti un prêt sans condition de 8 milliards de francs CFA. L’Ami chinois tient là une promesse qui avait été faite à IBK en 2011, au nom du Parti communiste chinois, d’aider le gouvernement du président élu (le RPM et le PCC sont liés par un accord de coopération).

Ça ne s’arrête pas là. Le Premier ministre chinois, Li Keqiang a assuré, lors de son entrevue avec IBK, que son pays aidera le nôtre pour explorer le sous-sol sur l’ensemble de notre territoire, accorder 600 bourses par an aux étudiants maliens, financera à hauteur de 10 millions de dollars par an pendant cinq ans le développement des Petites et moyennes entreprises maliennes, et d’autres chantiers, parmi lesquels la rénovation du centre de conférence de Bamako (CICB) et l’achèvement d’un centre de formation à l’agriculture, avant la fin de l’année.

Au cours de la même visite, les engagements et promesses d’investissement chinois se sont chiffrés à plus 5 500 milliards FCFA, pour tous les secteurs de développement socioéconomique du Mali, de l’agro-industrie en passant par les transports, le bâtiment, l’énergie, les mines, la santé et les finances.

Les Maliens poussent un grand ouf de soulagement. Très reconnaissants envers la Chine pour sa solidarité constante et généreuse envers leur pays, les Maliens réservent à leur Président un accueil triomphal, malgré l’heure tardive d’atterrissage de son avion.

Comme moisson, le Mali d’IBK en ce mois de septembre, ne pouvait rêver mieux.

  1. La non immixtion dans les affaires judiciaires

En promettant une justice implacable, le premier magistrat du Mali a aussi clairement indiqué qu’il ne protègerait ni ne couvrirait personne.

« Nul ne sera au-dessus de la loi. Elle s’appliquera de manière égale à tous. Je mettrai fin à l’impunité, aux passe-droits qui sont à l’origine du dévoiement des institutions judiciaires et étatiques. La restauration de l’autorité de l’Etat se conjuguera avec une lutte sans répit contre la corruption qui inhibe notre capacité à sortir du sous-développement économique et social. En tant que Président de la République, je veillerai à la bonne gestion des deniers publics. Je mettrai en place les mécanismes appropriés pour assurer la transparence et l’efficacité de la dépense publique. Nul ne pourra s’enrichir de manière illicite sur le dos du Peuple Malien. » (Extrait discours d’Investiture)

Pour le glaive de la Justice ne tremble pas, le Président IBK s’est abstenu d’interférer dans les affaires judiciaires confortant ainsi non seulement la séparation des pouvoirs, mais aussi l’indépendance de la Justice.

Il en a été ainsi lorsque le juge d’instruction chargé du dossier de l’affaire des Bérets rouges, sans informer même par courtoisie la Chancellerie, convoque, inculpe et met sous mandat de dépôt son Chef d’Etat-major particulier, le Général Yamoussa CAMARA.

L’exemple le plus marquant de ce fair-play présidentiel a été la mise sous mandat de dépôt controversé du député de son propre parti, Bourama Tidiane TRAORE. Quand on sait que par le passé, des députés ont, en toute impunité « étranglé », « boxé » et « insulté » des pauvres citoyens Maliens dans l’exercice de leur fonction, et que le RPM, parti présidentiel, ayant aujourd’hui la majorité absolue avec tout ce que cela comporte comme pouvoir, on peut dire que la démocratie, la justice pour tous font du chemin sous IBK.

les 12 échecs de l’année

2014 aurait dû être, après la normalisation, une année de stabilisation, de redémarrage et de renouveau ; elle aura été celle d’instabilité, de doute, de stagnation, voire de recul… avec le retour insolent des terroristes au Nord sur fond d’attaques et d’attentats aussi meurtriers les uns et que les autres. Conséquence : la facture est sanglante pour les forces internationales et les nôtres.

2014, aurait du être une année sabbatique, une année de grâce, de mise en chantier et de réalisation d’aspirations et d’ambitions profondes pour notre pays. Mais hélas, l’agenda des uns et des autres s’entrechoquant, elle aura été une année de pugilat politicien sur fonds de conjectures, d’invectives, de règlements de comptes, de dénonciations plus ou moins malveillantes d’une part ; une année de brouille et brouillards, d’incompréhension, d’interférence, d’imposition, de divergence sur les options stratégiques et la gouvernance et rupture circonstancielle entre le Mali et plusieurs de ses partenaires, d’autre part.

Avons-nous tout raté au cours de l’année qui s’achève ? Les cliquetis des « scandales infamants », par le biais d’une « ingénierie financière diabolique », de « lugubres affaires de malversations » et de « tonitruantes surfacturations », relatifs à l’acquisition d’un aéronef et d’équipements militaires au détriment des précautions de procédure, ont irrité et fait naitre le désespoir dans « l’opinion surtout (parmi) les citoyens vivant dans la précarité ». De même que la mauvaise articulation de la « hiérarchie des priorités » a pu créer le doute chez beaucoup de ceux qui ont mis leur signature sur le mandat du Président IBK comme « comme homme providentiel, comme solution».

Pourtant tout était si bien parti, et tout marchait comme sur des roulettes jusqu’aux fameuses, voire fumeuses affaires de l’Avion présidentiel et des contrats d’armements. Avec le FMI notre pays qui avait alors obtenu une ligne de crédit de 46 millions de dollars, déboursables par tranches successives, a vu l’interruption, en mai dernier, des versements après l’éclatement desdites affaires qui ont mis à jour de « graves irrégularités », de « nombreuses et importantes malversations » dans la gestion des finances publiques.

Désormais à l’indexe, accusé, raillé et moqué à travers le monde, à cause d’une ridicule affaire d’avion, le Mali, notre pays, montre patte blanche en mettant en berne son égo, non sans souveraineté effilochée, et se plie aux exigences du Fonds Monétaire international (Fmi).  Conformément aux injonctions du FMI, l’Etat « recadre » l’article 8 du Code des marchés publics, accepte de bonne grâce deux audits indépendants sur ces affaires et leur publication ainsi qu’un train de sanctions contre les auteurs des manquements graves révélés par les rapports de la Cour suprême et du Vérificateur général.

Les concessions faites, les engagements pris et respectés par l’Etat malien finissent par convaincre le FMI de la bonne foi des autorités et permettent le rétablissement des relations avec le Fonds. C’est le retour de la confiance, de notre pays en grâce auprès de la Communauté financière internationale et des bailleurs.

Ce n’est pas la seule crise à laquelle notre pays a du faire face. Si le Mali a vécu le drame, la tragédie en direct le 17 mai à Kidal, c’est toute la Nation d’honneur et de dignité qui, le 21 mai dernier, qui ingurgitera, jusqu’à la lie, la sébile de l’ignominie, de la honte et de l’humiliation de la déroute…

L’histoire de cette année de grâce 2014 retiendra que par la témérité et le singulier sens de responsabilité de son jeune, « dynamique et compétent » Premier ministre, le Mali a perdu le Nord, au propre comme au figuré, en laissant dans les sables de Kidal une cinquantaine de braves soldats « qui dorment sans tombeau », mais aussi perdu la face, face à « une poignée de bandits » comme le dirait l’autre ; pour se retrouver aujourd’hui à mendier un accord de paix que notre « sauveur » espère nous imposer en janvier prochain.

Entre « l’honneur du Mali » (restauration d’une souveraineté uniforme sur l’ensemble de son territoire) qui n’est plus entre les mains du Mali et « le bonheur des Maliens » qui se complexifie davantage, chez beaucoup de Maliens, l’assurance vacille et la conviction chancelle désormais.

Pourtant les oubliés du « Mali d’abord », qu’on désigne par une arrogante liberté et un mépris insolent de « aigris », n’attendaient et n’aspiraient qu’au « bonheur » qu’on leur avait promis. Hélas, mille fois hélas, au terme de ce cycle solaire de 365 jours, ils ont suivi avec beaucoup d’amertume la valse et foire aux milliards détournés, la libération des criminels et terroristes, des violeurs, des flagellateurs et des coupeurs de mains… au nom d’une prétendue restauration de la confiance, du dialogue, de la réconciliation, de la paix qui, hélas, ne seront pas dans leur besace de cadeaux de ce Noël.

Nous vous faisons grâce de toutes les autres attentes non comblées du corps social, des grèves à la grogne des ordures dans une capitale qui était hier la coquette du Soudan français par sa propreté. Bamako se noie sous les ordures dans le noir et dans la criminalité urbaine…

  1. La nommination de Moussa MARA

Pour fuir la tempête provoquée par l’Affaire Tomi et couvrir son incapacité à s’imposer à la tête d’un gouvernement politique dominé par de fortes têtes, le Premier ministre d’alors, Oumar Tatam LY choisit de jeter l’éponge en accusant le Président IBK d’obstruction dans la mise en oeuvre des reformes et des choix des hommes.

Il sera remplacé illico presto par un jeune leader politique : Moussa Joseph MARA, 39 ans, expert-comptable, ancien ministre de l’Urbanisme et de la Politique de la ville et ancien maire de la Commune IV.

Mais la succession de l’apolitique (Oumar Tatam LY) que le Président voulait imposer à la tête de sa majorité, se soldera par un coup d’Etat politique contre le parti majoritaire, le RPM qui a au moins 75 députés sur 147 à son compteur contre seulement 1 seul au parti Yéléma du nouveau Premier ministre, un rallié au second  tour de l’élection présidentielle avec 1,5% des suffrages. Si la nomination de Oumar Tatam LY pouvait se justifier par l’absence d’une majorité à la chambre, les législatives n’étant pas encore tenues ; celle de Moussa Joseph MARA l’est moins. En effet, dans les principes démocratiques, il est d’évidence que le Premier ministre est toujours choisi dans les rangs du parti qui a la majorité à la chambre. En choisissant un politique, fut-il membre de la majorité, le régime du Président IBK se met dans une logique de coup d’Etat politique contre le RPM, contre la démocratie.

  1. La visite

de MARA à Kidal

Conformément à sa promesse aux députés, lors de sa Déclaration de politique générale, le Premier ministre, Chef du gouvernement, Moussa Joseph MARA entreprend à partir du 17 mai une visite dans les régions nord du pays. La visite était-elle préparée ? MARA avait-il eu toutes les garanties sécuritaires ?

Contre tous les avis qui l’en dissuadaient, et le conjuraient de repousser afin de mieux la préparer et de garantir la sécurité de sa délégation, le Premier ministre s’entête et maintient son calendrier : le 15 mai 2014. Moussa MARA est accompagné d’une dizaine de ministres de la République, sa délégation, une quarantaine de membres. La première étape (Tombouctou et Gao) se déroule sans problème. Il reste Kidal.

Malgré les conseils et les réserves notamment de la chaine sécuritaire et de la Minusma, le Premier ministre maintient l’étape de Kidal. Les agitateurs du MNLA occupent la piste d’atterrissage. Rien à faire. Pour MARA qui veut trancher avec l’image du Premier ministre fuyard que Tatam LY a laissé lors de sa visite de Kidal, ce ne sont pas des badauds et des perturbateurs qui l’empêcheront d’atterrir à Kidal. Héliportée par la Minusma, la délégation du Premier ministre arrive à Kidal le samedi 17 mai. La tension est à son comble.

Après une visite au Camp des Famas, il tient une conférence de cadres dans les locaux assiégés du Gouvernorat et sous les balles des assaillants. Exfiltrés par les Famas, eux-mêmes couverts par les forces internationales, le Premier ministre passe la nuit à la belle étoile, dans le camp N°1 des Famas. C’est sous bonne escorte internationale que lui et sa délégation regagneront Gao le lendemain dimanche 18 mai. Se prenant comme chef de guerre, comme le chef suprême des armées, et en commandant en chef des armées du Mali qui ne recule point devant l’ennemi, Moussa MARA déclare la guerre la plus humiliante de l’histoire de ce pays depuis Ouagadou : «Les terroristes ont déclaré la guerre au Mali, le Mali est donc en guerre contre ces terroristes. Nous allons mobiliser les moyens pour faire cette guerre. Quand quelqu’un attaque la République, c’est un terroriste, quelles que soient son origine, son appartenance à un terroir. Nous allons donc mener une guerre sans merci à ces terroristes.».

Ne mesurant pas la gravité de la situation, le gouvernement verse imprudemment dans la litanie guerrière à travers un communiqué de presse rendu public pour exalter le patriotisme :

« Ce 17 mai 2014, le Gouvernorat de Kidal est soumis à des tirs nourris venant des positions tenues par une coalition de djihadistes, des terroristes prétendument sortis de l’Azawad.

Le gouvernement considère cette attaque inqualifiable et lâche comme une déclaration de guerre, qui ne lui laisse que le choix de la riposte.

Le gouvernement informe l’opinion publique nationale et internationale qu’il apportera la réponse appropriée à cet acte. »

  1. La défaite

et l’humiliation nationale du 21 mai

Un acte qui ne doit pas rester impuni, autrement dit. Mais de quelle manière ? Par quel « choix de la riposte » ? Toujours est-il que le 21 mai, forts des renforts dépêchés à Kidal, les Famas donnent l’assaut au Gouvernorat pour déloger les rebelles et y chasser les assassins des préfets et sous-préfets égorgés. Qui a donné l’ordre d’attaquer comme « réponse appropriée à cet acte » ? Le Mystère reste encore entier.

La suite, on la connaît : Et le Monde s’effondre.

Le bilan de triste mémoire se soldera par une cinquantaine de soldats maliens tués, une centaine prise en otages, l’ensemble du personnel de commandement de la région égorgé comme à la Tabaski, la réoccupation de l’ensemble de la région de Kidal et du reste du Nord, etc.

Le Mali est vaincu. Son armée est défaite et en débandade, une fois de plus. Les populations et l’administration à peine revenues reprennent le chemin de l’exil. La Nation subit l’une des pires humiliations de son histoire.

Prenant la mesure de la situation, le Président appelle au calme, à la réconciliation et au dialogue tout en réitérant l’indivisibilité du pays : «Nous allons donc au dialogue, convaincus que nous sommes que le salut passe impérativement par là. Le salut si, bien entendu, toutes les parties, le gouvernement du Mali, la communauté internationale, les mouvements armés, s’acquittent de leurs engagements, chacune à son niveau de responsabilité».

Préoccupée par la détérioration rapide de la situation à Kidal l’ONU appelle à la cessation immédiate des combats et à la mise en place d’un cessez-le-feu. Le voisin mauritanien vient à la rescousse de la grande nation par terre. L’ensemble de la communauté internationale accourt au chevet d’un pays qui se relève à peine de l’occupation obscurantiste au Nord et de l’emprise des putschistes au sud. La France qui avait planifié son retrait diffère le basculement de l’opération Serval. Et les Nations unies estiment : « Il est absolument impératif que toutes les mesures soient prises pour éviter davantage de violences. Il est indispensable d’éviter que le nord du Mali ne sombre dans une spirale de violences qui risque de ramener le Mali dans la situation de crise qui a mis le pays à l’ordre du jour du Conseil de sécurité et pourrait déstabiliser la région toute entière »

Face à la situation, le Mali, qui dénonce la collusion clairement établie entre des partenaires du processus de paix et des terroristes, demande «un mandat beaucoup plus robuste (..), à même de faire face aux menaces sur le terrain, et le désarmement de tous les groupes armés, singulièrement le MNLA» et s’engage à « mener un dialogue sincère devant déboucher sur un accord de paix global et définitif avec la rébellion touarègue ».

Pas assez pour l’opposition qui demande la démission pure et simple du Premier ministre en raison de la situation créée par sa visite samedi à Kidal, visite qui «n’était pas bien préparée et constituait un risque inutile». Selon Soumaïla CISSE, le Premier ministre «a eu tort d’aller en ce moment à Kidal, surtout qu’il lui avait été déconseillé de ne pas s’y rendre (…). Le Premier ministre devait attendre d’ abord que le médiateur inter-maliens désigné par le Président de la République, les membres de la commission dialogue, vérité et justice s’y rendent».

Si l’Etat justifie la visite du Premier ministre dans le cadre régalien de ses fonctions, il reconnaît en revanche que la tentative de reprise du Gouvernorat occupé à la suite de la visite de MARA était une faute dont il faut situer la responsabilité. Parce que le gouvernement n’avait jamais donné son feu vert à l’offensive et qu’une enquête avait été ouverte. Le couperet tombe le 27 mai : le ministre de la défense, Soumeylou Boubèye MAIGA est limogé et remplacé par un Colonel à la retraite, Ba N’DAOU.

Blessé par les accusations directes du Président IBK et les supputations qui fusent de partout, l’ancien ministre de la Défense demande, dans une intervention devant un forum des femmes de son parti, ASMA-CFP, l’ouverture d’une enquête parlementaire sur les événements de Kidal. Requête qu’il obtiendra.

  1. Le retour des terroristes au Nord

La France n’est pas intervenue dans notre pays pour s’éterniser. Chacun le sait, et chacun se rappelle que les autorités françaises ont été claires là-dessus : les soldats français ont fait le boulot, ils rentrent à la Maison. Aussi, conformément au plan de déploiement et de lutte contre le terrorisme, la France qui est engagée sur d’autres théâtres d’opérations (RCA, Syrie), a réduit ses effectifs dans le Nord du Mali avant de les faire basculer. A partir du 1er Août donc, la France ferme le QG de Serval à Bamako dont les effectifs sous le commandement d’une nouvelle opération plus vaste appelée Barkhane (nom donné aux dunes en forme de croissant sculptées par le vent) qui est dirigée depuis Ndjamena. Le Nord du Mali se trouve donc de fait dégarni, malgré la présence massive des forces de la Minusma qui sont concentrées, exception faite des FATIM, dans les centres urbains.

La nature ayant horreur du vide, par vagues successives, les terroristes resurgissent de partout comme des champignons dans le désert malien. La boucle est bouclée avec le retour du Seigneur Iyad Ag Ghali, l’Emir d’Ansardine en aout qui appelle à combattre Paris et ses alliés, « à faire front contre cet ennemi historique et cet occupant qui déteste l’islam et les musulmans ».

Outre l’hypothèque que cela fait peser sur le processus de dialogue en cours, le retour des terroristes au Nord du Mali se soldera par le regain de la violence et l’intensification des attaques et attentats meurtriers contre les forces internationales qui subiront les pertes les plus lourdes depuis leur déploiement au Mali.

A qui la faute ? Ne pouvant mettre le Mali en cause en raison de l’effondrement de son outil de défense, l’ONU indexe la France pour s’être repliée trop tôt, avant que le travail ne finisse. La France de Jean Yves le Drian ne se laisse pas compter avec un réquisitoire en règle contre la passivité d’une Minusma qui se contente de se la couler douce au Sud tandis qu’elle est déployée au Mali pour être au Nord. La polémique enfle, sans régler le fond de la question : les terroristes sont de retour, et il va falloir les combattre. Pour respecter ses engagements, la France est de retour sur le terrain pour faire le ménage.

  1. La grève de l’UNTM, la Motion de censure,

Le dialogue politique et social engagé avec l’Opposition et les partenaires sociaux n’est pas une panacée. Il se heurte bien souvent à l’étroitesse de la marge de manoeuvre de l’Etat qui faute de moyens se retrouve partagé entre de multiples priorités dont l’agencement peut amener la rupture. Faute d’une priorisation et d’une anticipation idoines, l’Etat s’est retrouvé dans les cordes, coincés, faute de moyens et, pire, de solutions pour satisfaire les revendications parfois légitimes. Il en a été ainsi de la grève de l’UNTM.

Un partenaire incontournable en rogne dont les revendications sont loin d’être si maximalistes que ça, mais en plus qui, malgré les solides attaches et sympathies envers le Président, en dépit de plusieurs demandes d’audience, n’a jamais eu l’honneur d’être reçu pour le féliciter depuis son élection.

Faute donc d’accord avec le gouvernement, la Centrale syndicale, conformément à son préavis déposé le 31 juillet, déclenche le 20 août sa première grève de l’ère IBK. Une grève générale de 48 heures suite à l’échec des négociations avec le gouvernement. Mais somme toute, un échec du gouvernement qui a manqué d’anticipation et de tact, rouspète la Centrale. Et pour cause ?

Sur les 17 points de revendications de l’UNTM, seulement 5 points ont fait l’objet de désaccord : «le relèvement significatif du taux de la valeur du point d’indice, la diminution du taux de l’impôt sur les traitements et les salaires, le relèvement du salaire minimum inter-entreprise garanti (SMIG), l’augmentation du taux des allocations familiales et la baisse des tarifs d’eau et d’électricité conformément à l’accord signé en juillet 2007.

Le gouvernement pouvait, et devait éviter cette grève, qui logiquement pourrait en appeler d’autres.

Quid de la Motion de censure de l’Opposition ?

D’une part, insatisfaite de la gestion des évènements de Kidal (seul le ministre de la Défense a été limogé) notamment du refus de Moussa MARA de rendre le tablier, et d’autre part, intraitable sur les questions polémiques de la gouvernance se rapportant aux affaires de l’achat d’un aéronef et des équipements militaires, l’Opposition choisit de déposer une motion de censure pour «dénoncer les insuffisances actuelles constatées dans la conduite de l’Etat».

La Motion reproche notamment au régime du Président IBK «la gestion calamiteuse des finances publiques», «les mensonges au sommet e l’Etat sur l’achat d’un avion présidentiel et sur l’ouverture des hostilités à Kidal (nord du Mali)» et la mauvaise organisation des examens de fin d’année dans les lycées et collèges, émaillés de «fraudes graves sans précédent».

Après débats publics, ce qui était en fait l’Objectif de l’Opposition, la motion sera logiquement rejetée par la majorité confortable à laquelle est adossé le gouvernement. En effet, 123 des 147 députés de l’Assemblée nationale ont dit NON, estimant que leurs collègues de l’opposition «n’ont pas avancé d’arguments convaincants et palpables pour que le Premier ministre et son gouvernement démissionnent. Mieux, soutiennent-ils, ce gouvernement doit être soutenu pour la mise en oeuvre des ambitieux projets et programmes de développement du Président de la République Ibrahim Boubacar KEITA pour le Mali».

Mais pour l’Opposition, c’est déjà une victoire. Non seulement elle a réussi à imposer le débat à la majorité sur les affaires qui gênent, mais aussi à faire rallier à sa cause 2 députés de la majorité en plus des 22 qu’elle compte dans l’Hémicycle.

  1. Les affaires et les scandales

« Sulfureuses » et « tonitruantes », elles ont tenu en haleine une opinion gourmande de sensationnel, de rumeurs, et souvent de ragots. Insidieusement distillées et sournoisement entretenues, les affaires et scandales auront marqué de leur pollution l’année 2014. De leur nombre on peut retenir : l’affaire Tomi Michel, l’affaire du second avion présidentiel, l’affaire du contrat d’armement, l’affaire des audits. Elles sont toutes liées et ont en commun qu’elles ont toutes été instrumentalisées par le FMI qui s’est enivré des dénonciations dans les colonnes des journaux.

Et justement tout a commencé par un article du journal français Le Monde, qui restera, sans doute, dans les annales politiques du Mali, intitulé «La justice sur la piste du parrain des parrains». Dans lequel article, le Journal français, Le Monde, charge IBK et le lie à la Mafia corse.

L’homme qui n’a jamais fignolé avec la vertu et la probité est atteint, son régime, pris de surprise, est ébranlé et décide d’ester en justice contre le journal Le Monde pour diffamation.

A peine remis de ce coup de massue médiatique que l’institution financière internationale, le FMI, qui se croit en terrain conquis en Afrique, s’arrogera le rôle de Procureur et juge pour accuser et condamner le régime pour de « nombreuses et importantes malversations », une gestion douteuse et non transparente » de la mise en oeuvre des procédures de passation des marchés, « des surfacturations d’une grande ampleur ».

Pour avoir donc acheté un avion présidentiel et passé des marchés pour équiper son armée, le régime avait été accusé, jugé et condamné par le Fmi, entre autres, pour non respect de l’orthodoxie budgétaire, pour absence totale de sincérité dans la procédure de passation des marchés et monstrueuse surfacturation.

Plaidant sa bonne foi, le régime du Président IBK avait dès lors réaffirmé sa volonté de transparence en vue de trouver un dénouement heureux à la situation d’incompréhension qui allait s’agrandissant entre lui et la Communauté financière internationale, très réceptive aux dénonciations de l’Opposition.

En effet, après les plaintes du Fmi, c’était au tour de sa soeur jumelle, la Banque Mondiale, puis l’Union Européenne, et la plupart des gros bailleurs de fonds bilatéraux qui gèlent leur aide budgétaire au Mali. Or, sans aide budgétaire, le Mali (qui est dans le même cas que tous les pays africains), sait qu’il ne tiendra pas longtemps.

Comme une partition concertée, l’Opposition fait le relais, espérant porter l’estocade au régime. La satire de l’Opposition se résume à peu près ainsi concernant ces affaires : Une «diabolique » ingénierie financière dans des paradis fiscaux avec des mafieux corses mis en examen pour blanchiment et corruption d’agents publics étrangers, des sociétés écrans et un douteux « conseiller du gouvernement » à la manette qui empoche la coquette somme de 145.350.000 FCFA au titre de frais de recherche. Et devant la confusion et la gène dans lesquelles s’est mis le gouvernement sur ces dossiers, l’opposition se moque : Combien a-t-il réellement coûté au Trésor public malien ? 7 milliards 470 millions selon l’ancien ministre de la Défense ? 17 milliards selon le Président IBK ? 20 milliards selon le Premier ministre ? 2& milliards selon Mme le ministre de l’Économie et des finances ?

Menés par le FMI, les partenaires techniques et financiers coupent le robinet et suspendent leur aide budgétaire à l’Etat malien.

Sans aucune défense, pendant six longs mois, le régime du Président subit, se justifie sur les «lugubres affaires de malversation», «les tonitruantes surfacturations se rapportant à l’acquisition d’un avion présidentiel et à l’achat d’équipements militaires», montre sa volonté de clarifier le malentendu et de mettre fin à la polémique en promettant des sanctions contre les auteurs des irrégularités.

Le régime du Président IBK a du ravaler sa fierté, avaler les couleuvres, agir sous la dictée des bailleurs de fonds pour retrouver sa place dans le giron des bons élèves. Pour cela, il renonce désormais au secret défense en purgeant l’article 8 du Code des marchés publics, en annulant une dizaine contrats militaires conclus en bonne et due forme, en se soumettant à deux audits indépendants dont les résultats catastrophiques pour l’image du régime sont partout sur Internet, mais aussi et surtout en promettant de sanctionner les coupables des graves irrégularités qui lui valent le courroux des bailleurs de fonds.

C’est au terme de toute cette soumission qui s’apparente à un véritable aplatissement durant lequel la souveraineté de notre pays a été en congé, que la vertueuse Fmi qui n’épingle que les pays pauvres a décidé de desserrer l’étau et d’ouvrir à nouveau le 1er décembre les robinets qu’il avait coupés.

L’image du Président IBK est atteinte, celle de son régime aussi. De hautes personnalités du gouvernement sont indexées, aussi bien que les bailleurs de fonds, l’Opinion et la société civile exigent la démission ou la révocation de ceux qui sont trempés dans les magouilles. La Majorité demande elle aussi avec insistance au Président IBK de démettre les « traitres » qui sont à l’origine de ces scandales.

Au terme de concessions et moult exercices de transparence (audits de la Cour suprême et du Bureau du Vérificateur général), les bailleurs de fonds desserrent l’étau financier, avec la ferme volonté de suivre le gouvernement dans l’application effective des sanctions contre le régime.

  1. L’affaire Boulkessi

Un McDonnell Douglas MD83 affrété auprès d’une société espagnole par Air Algérie qui assurait la liaison Ouaga-Alger «  a disparu » (s’est écrasé) le jeudi 24 juillet 2014, 50 minutes après son décollage avec à son bord 118 personnes, dont 54 Français, 23 Burkinabé et 8 Libanais.

L’annonce de la disparation de l’avion, en début de journée, fait craindre le pire. Le Président Hollande appelle IBK et conviennent «de mettre en place une étroite coopération pour établir la vérité sur la tragédie du vol AH5017, faciliter l’enquête et assurer dans les meilleures conditions le rapatriement des corps des victimes». Le chef de l’Etat français a également remercié son homologue pour «la collaboration» du Mali dans la «sécurisation du site où l’épave a été localisée».

Les recherches sont lancées, logiquement dans la zone du Nord de notre pays. Sans succès jusqu’en milieu d’après-midi où, recevant les institutions dans le cadre du dialogue et de l’échange qu’il a engagé avec l’ensemble des acteurs publics, politiques et sociaux, le Président IBK annonce que l’avion a été localisé aux environs de Kidal.

En fait, il s’agissait d’une fausse information qui avait circulé sur les réseaux sociaux reprise par un important site français que ses conseillers lui avaient imprudemment et maladroitement balancé dans la salle, sans recouper avec les services de recherche sur le terrain. L’information est reprise en boucle.

Quelques minutes plus tard, la France, pays le plus touché par la catastrophe, qui a pris les opérations en main pour retrouver l’épave, annonçait par la voix de Laurent Fabius que l’avion a été localisé aux environs de Gossi, à proximité d’un village qui s’appelle Boulkessi. Aucune des 118 personnes n’a survécu à la catastrophe mais une boîte noire retrouvée au milieu des débris de l’avion désintégré aidera à déterminer les causes de sa chute.

C’est une catastrophe en termes de Communication pour le Président IBK dont on se moque sur toutes les plateformes Internet (réseaux sociaux et forums de discussion) pour avoir non seulement donné une mauvaise information, mais aussi pour le manque total de maitrise de son territoire.   Paris qui avait aussi annoncé le déplacement de son Président sur les lieux du crash, décide d’envoyer finalement Mme Fleur Pellerin, secrétaire d’Etat aux Français de l’étranger.

Camouflet pour le Mali, Mme Annink Girardin choisit de passer par Ouaga et non Bamako. Et Blaise qui devait rejoindre son grand frère IBK, accompagné de ses ministres des Transports et de la Défense, à Gao pour aller ensemble à Boulkessi, lui fait faux bond pour se rendre seul sur les lieux.

Transporté par un coucou de la Minusma, le Président, IBK laissé en rade à Gao, fait cap sur Boulkessi. Mais voilà, un malheur n’arrivant jamais seul, les conditions atmosphériques empêchent le Président du Mali d’atterrir sur les lieux du crash. Au finish, c’est Blaise COMPAORE, accompagné de Mme Fleur Pellerin, secrétaire d’Etat aux Français de l’étranger, qu’on voit en boucle sur les lieux du crash, tandis qu’on n’a aucune image d’IBK sur les lieux du crash (avec son casque colonial ou de touriste se moquent les internautes), diffusée sur l’ORTM ou sur un quelconque média.

  1. Les gros mots

Dur, dur, voir très dur d’être au front. Sous les feux roulants d’une actualité qui ne laisse aucun répit et face à des adversaires qui ne font pas toujours dans le fair-play, avec des arbitres qui tapent souvent dans le ballon, on arrive souvent à perdre patience. Sous la pression, le poids des critiques, des dénonciations malveillantes, des rumeurs et des commérages insidieux, la moutarde peut aussi monter au nez. Résultats, ce sont de gros, bien gros mots qui valsent.

Connu par ses volées de bois vert, le Président IBK n’a pas hésité face aux critiques qu’il essuyait de partout dans les affaires et scandales (Tomi, Avion, Armement), de confier à Jeune Afrique que sa communication était « lamentable ». Plus tard, quand le FMI avait exigé et obtenu du gouvernement la publication des audits et attendait les sanctions promises contre les auteurs des «malversations », le Président IBK a déploré « l’incompétence » de ses collaborateurs. Tout dernièrement, lors de la série de rencontres qu’il a initiée avec la classe politique. En Père fouettard, le Président IBK a tancé sa majorité pour son manque de réactivité, sa mollesse et son incapacité à faire face à la clameur qui pourchasse le régime. C’est un mauvaise quart d’heure que le président Boulkassoum et ses camarades ont passé entre les mains d’un Président qui dit être resté sur sa faim quant au dynamisme qu’il était légitimement en droit d’attendre de la grosse majorité amorphe et aphone.

Mais comme le dit l’adage, on sait toujours où on jette une pierre, mais jamais où elle tombe. Le jeune ministre CAMARA, qui a le virus de la parlote, champion de gaffe verbale et des gros mots cette année, l’apprendra à ses dépends. Le Ministre Mahamadou CAMARA de la Communication qui aime « chogobi » sur tout et tweeter sur tout,  a cru devoir, en septembre dernier, en pleine polémique de l’avion présidentiel (parti en révision en Suisse), rabattre le caquet à ceux qui ont dit que l’oiseau d’IBK a été confisqué en Suisse par le fisc en postant gaillardement : le Boeing 737 présidentiel est de retour de révision. « Tant pis pour les aigris ».

C’est dans une fabuleuse unanimité que la blogosphère malienne, la presse nationale, la société civile et l’opinion malienne ont volé dans ses plumes. Le pauvre ! Après 48 heures de pilonnage, il demande l’armistice à travers un autre Tweet qui fera plus de vagues que le premier. Confondu, attaqué et traqué de toute part, le jeune ministre, avant d’être obligé de présenter des excuses exigées de tout le monde, invente une excuse commode : le piratage de son compte Tweeter !

Dans une démocratie qui ne caresse pas l’impunité dans le sens du poil, cette méprise injurieuse devrait couter son fauteuil  au ministre. Ailleurs, à travers le monde, les ministres chouchoutés ont été grillés pour moins que ça. Manuels Valls en sait quelque chose, lui qui en 2007, pensait pouvoir faire de l’humour sur le compte de Ségolène Royal.

  1. Le lourd bilan humain

2014, aura été en plus des affaires et des scandales, une année meurtrière. Non pas seulement pour les forces internationales déployées dans le nord de notre pays qui dénombrent plus de 30 morts. Le bilan est aussi macabre pour le Mali qui, outre ses dizaines de soldats tués (au moins 60 au cours de 2014), aura perdu en plus une bonne centaine de ses fils dans des catastrophes qui doivent nous interpeller tous.

Il s’agit d’une part des 86 Maliens qui sont morts dans le naufrage d’une embarcation de fortune survenu dans la nuit du 27 au 28 juillet 2014, au large de la ville de Al-Khoms en Libye.

Il y avait 110 à 115 personnes à bord de cette embarcation parmi lesquelles 87 Maliens, (dont un seul a survécu) pour la plupart, originaires de la région Kayes.

Il faut aussi noter, d’autre part, les 16 orpailleurs qui sont morts dans l’effondrement d’un site d’orpaillage à Niaouléni (près de 100 km de Bamako) à cause de la non-observation d’un arrêté de juin 2014 portant sur l’interdiction de l’activité d’orpaillage pendant la période hivernale au Mali.

L’immigration clandestine fauche chaque année des dizaines de jeunes maliens à la famille malienne. L’orpaillage traditionnel est en train creuser la tombe du Mali rural. Il est temps de se pencher sérieusement sur ces deux phénomènes qui autant ils rapportent, autant ils tuent les bras valides du pays.

10.Le sentiment d’impunité généralisée

L’introduction du virus Ebola dans notre pays a fait polémique. Faut-il tenir pour responsable le Président IBK pour avoir décidé de maintenir la frontière ouverte avec le Guinée ? Faut-il faire porter le chapeau à la Guinée ? Simplement situer les responsabilités au niveau de la chaine sanitaire dont la vigilance est fortement mise en mal malgré le lourd tribut payé par le corps médical ?

Comme à l’accoutumée, les vacarmes de la rue cherchent un bouc émissaire. Au lieu de suivre les consignes de sécurité, d’adopter les bons réflexes, on se disperse à vouloir chercher un coupable. Celui par la faute duquel Ebola est arrivé dans notre pays. Déjà, lors du cas de la fillette décédée à Kayes, une opinion versatile s’était fortement attaquée à la veille «sorcière » qui a délibérément introduit la maladie dans notre pays. D’aucuns s’en étaient allés jusqu’à demander des poursuites judiciaires contre la vieille grand-mère qui, par manque d’information, avait cru bien faire.

La tentation était grande dès le premier cas. La grand-mère qui a trimballé la fillette de la Guinée forestière à Bamako a été traitée de tous les noms d’oiseau pour son « irresponsabilité » et son « insouciance ». Et le refus du Président IBK de fermer la frontière avec la Guinée dans les mêmes proportions. En ne le faisant donc pas, comme Macky SALL, le Président IBK devrait être tenu comme le premier responsable de la situation périlleuse.

Il parait que les juristes appellent ça la commission par omission dans l’établissement de la chaine de responsabilité. Sauf, voulant coûte que coûte trouver des poux sur la tête d’IBK on théâtralise une tragédie qui ne fait que commencer. L’argument est simpliste et tient difficilement la route : la frontière n’est pas fermée, IBK, est le premier responsable du pays, il est le premier coupable.

Même si chacun sait que la fermeture des frontières est loin d’être la panacée. Les pays comme les Etats-Unis d’Amérique qui n’ont pas des frontières poreuses comme les nôtres n’ont pu empêcher l’introduction de la maladie chez eux. Et qu’une telle mesure contre-productive est loin d’être dans l’intérêt d’un Etat enclavé comme le Mali.

Mais ce qui est par contre regrettable, c’est le sentiment du laisser-aller qui a prévalu à la frontière guinéenne jusqu’à la visite du Président IBK et l’absence de sanctions contre les responsables de la clinique Pasteur qui ont accueilli le second malade (le vieil Imam) soit pour faute professionnelle (sans se renseigner sur ses antécédents), soit pour incompétence (ils auraient du se renseigner auprès de leur collègues guinéens qui du reste ont envoyé un rapport dans ce sens).

Cela donne un sentiment d’impunité comme dans le cas des de grands médecins et professeurs soustraits à la quarantaine ou des responsables des malversations financières décelées par le FMI.

  1. L’atteinte aux valeurs républicaines

L’élection de Miss Mali, prévue vendredi 21 novembre dernier, a été purement et simplement annulée le jeudi 20 novembre (soit la veille de l’événement) à la suite d’une décision unilatérale prise sur base du fait du Prince du Ministre des Anti-Aigris en charge de la Communication, de l’information, de l’Economie numérique, donc patron des médias d’Etat. Le Ministre Mahamadou CAMARA, puisque que c’est par lui que la controverse arrivera, instruit au DG de l’ORTM d’arrêter la diffusion du spot annonçant l’événement et de ne pas le diffuser sur les antennes de la télévision nationale. Arrêtant ainsi nette une vieille tradition, ancrée dans les moeurs télévisuelles au Mali.

Informé, le syndicat de Bozola demande et obtient une audience avec le Ministre. Après explications, ce dernier se permettra dans un communiqué, au nom du gouvernement, de saluer la décision « responsable » du Comité syndical de l’ORTM qui a été mis devant le fait accompli. C’est donc un Comité syndical, très furax, qui, contrairement à la prose ministérielle, n’a été associé à la décision gouvernementale et n’a adhéré à aucun moment aux « arguments avancés par le gouvernement et qui concernent le contexte social actuel du Mali », qui tient une conférence de presse pour cracher ses vérités et brandir une menace légitime de grève.

Pour marquer leur désapprobation du diktat ministériel, le Comité syndical de la Télévision, victime expiatoire du fait du prince, se réunit d’urgence le vendredi pour se liguer et protester : la décision est prise de déclencher une grève illimitée et il l’a fait savoir au ministre.

Face à la colère syndicale, le ministre CAMARA évoque la raison d’Etat et se défausse sur son boss. Le secrétaire du Comité syndical de l’ORTM, Abdourahamane TOURE, raconte à nos confrères du Procès-verbal : « Nous l’avons effectivement rencontré et lui avons demandé pourquoi il voulait interdire un événement de cette importance à quelques heures seulement de sa tenue. Le ministre nous a répondu que c’était en vertu une raison d’Etat contre laquelle lui-même ne pouvait rien; puis il a évoqué, sans convaincre, les risques de transmission du virus Ebola et la nécessité de respecter la gravité de la situation qui règne au nord du pays. Nous avons objecté au ministre que l’Etat avait peut-être ses raisons mais que nous ne comprenions pas qu’il ait laissé se dérouler, à grands frais, les compétitions régionales pour sélectionner les candidates Miss de l’intérieur du Mali. Nous lui avons exprimé notre mécontentement».

Dans sa logique du refus d’une inexpliquée raison d’Etat qui tient mal face à d’autres attroupements, le Comité syndical maintient son mot d’ordre de grève.

Par la suite, un responsable du Haut Conseil Islamique fait des révélations quant au bien-fondé des pressions des islamistes pour l’interdiction de Miss ORTM à la télévision dans les colonnes du même confrère du Procès-Verbal: «IBK nous a demandé, il y a quelques semaines, de prier à la grande Mosquée de Bamako pour qu’Ebola n’entre pas au Mali, que la pluviométrie s’améliore et que les pourparlers d’Alger aient une issue favorable. A cette occasion, il a publiquement demandé aux leaders religieux de lui faire dénoncer toute mauvaise pratique, leur disant qu’ils répondraient devant Dieu de leur éventuel silence face au mal. Nous avons décidé de l’éprouver en lui demandant d’interdire l’élection Miss ORTM, qui est indécente et contraire aux valeurs musulmanes. Demain, nous lui demanderons aussi de faire interdire, à la télévision publique, les feuilletons obscènes».

Au moment où nous mettons sous presse, nous n’avons pas connaissance d’un démenti officiel des propos de ce responsable du Haut Conseil Islamique. Toute chose qui revient à dire que c’est le Président IBK qui tient à la laïcité comme à la prunelle de ses yeux qui a décidé de porter atteinte à cette valeur cardinale inscrite dans la Constitution malienne.  Même si, sous la pression d’une menace de grève, le ministre CAMARA a fait retro pédalage et laissé diffuser Miss Ortm 2014 en direct, il n’en demeure pas moins que le principe de la laïcité républicaine a été écorné durant au moins le temps de cette polémique.

  1. L’Affaire Lazarevic

Après trois ans de captivité, le dernier otage français, Serge Lazarevic, a été libéré, le mardi 9 décembre quelque part non loin de Kidal par une Katiba du groupe terroriste Al Qaeda au Maghreb Islamique (Aqmi). Derrière le soulagement et la joie affirmés et affichés, les interrogations pleuvent ; et sans réponse. En effet, au-delà de quelques intervenants et entremetteurs connus par le biais de la presse, c’est officiellement l’impasse. Une impasse qui soulève une pluie de questions et nourrie une grosse polémique quant aux conditions effectives de la libération du français.

Une polémique bien engagée pour les uns, mais bien embêtante pour le régime. Le Mali d’IBK devait-il libérer 4 terroristes pour sauver la vie d’un Français ? Surtout quand on sait que un de ses terroristes a tué de sang-froid un surveillant de prison lors son évasion de la prison centrale de Bamako ? La réponse à cette question n’est pas aisée, tout comme on peut l’imaginer l’a été sûrement la décision de libération de Mohamed Ali ag Wadoussène et Haïba Ag Achérif. Une décision au sujet de laquelle le Ministre BATHILY assure : « Ce n’est pas de gaieté de coeur » qu’elle a été prise et l’Opposition qualifie comme une « opération de promotion de l’impunité qui ne crédibilise pas la lutte contre le terrorisme ».

En effet beaucoup, comme elle, estime que ces terroristes « auraient dû répondre devant la justice du Mali des crimes qu’ils ont commis, (dans le cas échéant) le Président aurait pu alors, s’il y était contraint, exercer son droit de grâce ». Toutes choses qui poussent l’opposition à estimer : « en agissant en dehors des règles de l’État de droit, le Président fragilise davantage notre pays et met à nu l’incompétence et le manque d’anticipation qui caractérisent l’action de son gouvernement ».

Depuis l’annonce de l’échange de 4 terroristes contre la libération intervenue le mardi 9 décembre 2014, la polémique enfle, la controverse s’installe. L’émotion cède à la colère de l’opinion. Après les gorges chaudes défenseurs des droits de l’homme, les gardiens de prison qui menaçaient d’aller en grève sont reçus par le Président de la République samedi suivant la libération.

Réagissant pour la première sur les antennes de RFI à la libération des 4 terroristes en contrepartie de celle de Serge Lazarevic, le dernier otage français, le Président IBK, depuis Dakar où il participe au sommet sur la paix et la sécurité, a mis les points sur i et remis les pendules à l’heure. De la manière la plus claire et la plus ferme, le Président IBK ouvre la chasse à l’homme contre les 4 terroristes coupables, dit-il, des pires ignominies. Un « devoir d’honneur » assure le Président qui dit que toutes les forces seront lancées dans la traque pour retrouver ces 4 terroristes afin que la mort de Kola SOFARA ne soit pas vaine. Pour cela, armées malienne, française et nigérienne mettront tout en oeuvre pour les traquer et les retrouver.

Affaire donc à suivre.

La Rédaction

 

 




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