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jeudi 6 août 2020
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Mamoudou Kassogue, Procureur du Pôle économique: ‘’nous devons sortir de la banalisation de la corruption’’

« Lutter contre la corruption c’est comme appuyer sur un ressort, garder le ressort bien appuyé jusqu’à atteindre un seuil critique où vous allez l’accrocher, sinon dès que vous relâchez il rebondit et il vous emporte avec lui », telle est la schématisation faite par le Procureur du Pôle économique près le Tribunal de la commune III, Mamoudou KASSOGUE, pour expliquer l’effort à déployer pour réussir la lutte contre la corruption. C’était hier mercredi, lors de la cérémonie de clôture de la semaine de la jeunesse contre la corruption, à l’hôtel Maeva Palace.

Après avoir félicité les jeunes de la Communauté de pratique en matière de lutte contre la corruption pour leur initiative, le Procureur KASSOGUE a déclaré que la lutte contre la corruption doit être un combat de tous les jours.

« Nous ne devons pas nous lasser  d’appuyer sur le ressort, d’appuyer encore et d’appuyer toujours. C’est pour dire que nous devons continuer nos efforts de sensibilisation jusqu’au moment où tous les Maliens ou du moins une grande majorité des Maliens comprennent que l’ascenseur de la corruption n’est qu’un raccourci sans issue », a soutenu le Procureur du Pôle économique.

Il renchérit en disant : « vous avez utilisé la corruption pour obtenir un poste, vous n’avez pas les compétences requises pour faire ce travail, peine perdue. Vous avez utilisé l’ascenseur de la corruption pour amasser des biens, des comptes vous seront demandés. Tôt ou tard, vous allez justifier tous vos biens mal acquis et si vous n’arrivez à le faire, ils seront confisqués et la case prison sera votre abri ».

Pour éviter cela, il a indiqué que l’accent doit être mis sur la sensibilisation pour que les gens arrêtent de s’adonner à cette pratique qui est sans lendemain.

« Il ne sert à rien d’amasser des fortunes colossales que vous ne pouvez pas mettre dans un compte bancaire, dont vous ne pouvez pas jouir au vu et au su de tout le monde. Vous vous cachez pour le faire. Donc vous n’êtes même pas fiers de ce que vous possédez. La sensibilisation doit continuer jusqu’à ce que les gens comprennent que la corruption ne mène nulle part », a insisté le Procureur du Pôle économique.

Pour lui, cette sensibilisation doit continuer jusqu’à ce que la plupart des Maliens comprenne et admette que l’argent de la corruption et les autres avantages issus de la corruption ne sont pas Halal.

« Il y a des gens qui utilisent l’argent de la corruption pour construire des lieux de culte, pour faire des œuvres de bienfaisance, pour amener certains faire le pèlerinage. Mais c’est peine perdue, cela ne les mènera pas au Paradis », fustige-t-il.

Il a encouragé les acteurs à continuer la lutte contre la corruption jusqu’à ce que tous les Maliens adoptent la posture prônée par la phrase magique : ‘’ la corruption ne passera pas par moi’’.

Le Procureur KASSOGUE a salué l’avènement de cette nouvelle ère où le Malien aura honte d’être taxé de corrompu. « Pour le moment, ça n’émeut personne, les gens sont corrompus, ils vivent avec l’argent de la corruption et les gens trouvent ça banal. Donc, nous devons sortir de la banalisation de la corruption et faire en sorte que les délinquants financiers soient vus comme des vrais criminels, parce qu’ils prennent en otage l’avenir de la jeunesse, l’avenir du pays et nous devons mener un combat sans merci contre tous ces délinquants à col blanc », a lancé le Procureur du Pole économique.

Selon lui, cette ère n’est plus lointaine, car des acteurs se sont déjà inscrits dans la dynamique de la redevabilité où chacun devra justifier son train de vie et ses avoirs à travers ses revenus légitimes. «Cette ère est arrivée et nous devons nous en accommoder et pour y arriver vous pouvez compter sur l’accompagnement du ministère de la Justice, du Pôle économique et de la Justice pour maintenir cette dynamique, pour la renforcer et maintenir le combat contre la corruption », a conclu le Procureur du Pôle économique près du tribunal de la commune III.

PAR MODIBO KONE




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