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samedi 11 juillet 2020
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Manif du 5 juin : l’Imam se dédie encore

Selon une publication de la CMAS de l’Imam Mahmoud Dicko : ‘’le Gouverneur du district de Bamako dans les meilleures dispositions : il est d’accord avec la tenue du grand rassemblement du sursaut national’’. Pauvre Gouverneur ! Le Boyz band de Boubou a décrété à l’unanimité des conjurés présents à un conseil des ministres clandestin de manger son piment dans sa bouche.

Pourtant, le Conseil Supérieur de la Défense nationale, au cours de la session extraordinaire du 17 mars 2020, a pris les mesures importantes suivantes à compter du jeudi 19 mars 2020, dont ‘’l’interdiction jusqu’à nouvel ordre, des regroupements à caractère social, sportif, culturel et politique de plus de cinquante (50) personnes, sous réserve du respect des gestes-barrières. Il s’agit des mariages, des baptêmes, des funérailles’’.
‘’Par ailleurs, en ce qui concerne les rassemblements à caractère religieux, le gouvernement engagera incessamment des consultations avec les responsables du Haut Conseil Islamique, de la Ligue des Imams, des Églises Catholiques et Protestantes ainsi qu’avec d’autres autorités religieuses et cultuelles du Mali afin de convenir des mesures appropriées pour assurer la santé des fidèles’’.
Point besoin de faire de la divination : le vendredi 5 juin, les manifestants, qui répondront à l’appel de la Coordination des mouvements, associations et sympathisants de l’Imam Mahmoud Dicko (CMAS), du Front pour la sauvegarde de la démocratie (FSD), et du Mouvement Espoir Mali Koura (EMK), se compteront par centaines dans une projection pessimiste, sinon par milliers, en se référant à de précédentes mobilisations. Le Gouvernement, dans sa capitulation, fait porter au Gouverneur la responsabilité de transgresser cette mesure du Conseil Supérieur de la Défense nationale par le dépassement prévisible du nombre de 50 manifestants.
Le Gouverneur ne peut pas non plus user de subterfuges en alléguant le caractère religieux de la ‘’manifestation’’ sur lequel le Gouvernement lui-même est resté vague jusque-là. Avec le Mouvement EMK, le FSD et la CMAS ensemble, il s’agit d’une manifestation politico-religieue qu’on ne saurait soustraire à la rigueur des mesures de distanciation sociale.
Pendant que le Gouvernement rendait les armes, Mahmoud DICKO, de son côté, comme à son habitude, hisse le drapeau blanc sur Renouveau TV : ‘’je n’ai pas demandé la démission d’IBK’’. Un pied de nez à ses adeptes pithiatiques déterminés à faire de ce vendredi 5 juin, le jour du jugement dernier. Les communistes d’alliés de circonstance ne le savent peut-être pas ; mais les religieux embusqués dans la peau du politique savent que l’Apocalypse est aux entournures de ce ‘’rassemblement’’ dont on sait un peu plus depuis hier, de ‘’sursaut national’’. La palinodie des adeptes du très vénéré Cheickh se mesurait déjà à l’aune de la viscosité du genou pour se prosterner devant le Gouverneur (idolâtrie qui renvoie au paganisme), après le tintamarre médiatique, pour obtenir l’exeat, mieux la réédition des fidèles lieutenants brusquement placés devant leurs limites en matière de gouvernance d’État. Un obstacle, on le surmonte ou on le contourne. Ils ont préféré le contourner. Chacun se bat avec les armes qu’il a, et apparemment les jeunes ne sont pas des foudres de guerre politique.




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