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samedi 17 avril 2021
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Manifestation de Kidal: Hervé Ladsous dénonce et accuse

Dans un langage très clair et limpide, le secrétaire général adjoint des Nations unies chargé des opérations de maintien de la paix, Hervé Ladsous, n’a pas passé par quatre chemins pour dénoncer le récent incident survenu à Kidal ayant occasionné la mort de deux manifestants. Visiblement remonté contre ce qu’il appelle «une manipulation des femmes et des enfants contre les forces internationales dans cette localité», le responsable onusien pointe du doigt les groupes armés présents à Kidal et les accuse, dans cette opération autour de Kidal, de vouloir saboter délibérément le processus de paix.

Présent dans notre pays dans la perspective du renouvellement au mois de juin du mandat de la MINUSMA par le Conseil de sécurité des Nations Unies, le secrétaire général adjoint des Nations unies chargé des opérations de maintien de la paix, Hervé Ladsous, après ces trois jours de rencontre avec les autorités du pays, les représentants des groupes armés, a bouclé sa visite lundi par une conférence de presse au Quartier général de la MINUSMA. Si au cours de cet exercice auquel le responsable onusien a fait un tour d’horizon sur le processus de paix en cours dans notre pays et échangé sur les priorités de la MINUSMA, il n’en demeure pas moins que la sanglante manifestation de Kidal ayant occasionné la mort de deux manifestants et d’importants dégâts matériels s’est invitée dans cette rencontre avec la presse nationale et étrangère.
Anticipant sur les interrogations des journalistes sur le grave incident qui s’est produit à Kidal le 18 avril dernier et se disant choquer par des actes de vandalisme des manifestants, instrumentalisés pour les besoins de la cause, Hervé Ladsous n’a pas hésité à tirer le boulet rouge sur les responsables des Mouvements armés de Kidal qui seraient les véritables instigateurs de cette manifestation. Ce d’autant plus que cette fronde des femmes et des enfants orchestrée contre les forces étrangères basées à Kidal était menée par Zeina, la femme du N°2 du Haut conseil pour l’unité de l’Azawad (HCUA). Composante intégrante de la Coordination du mouvement de l’Azawad (CMA), ce mouvement armé est aussi connu pour son affinité avec le groupe terroriste Ansardine dont son leader Algabass Intalla était le Bras droit d’Iyad Ag Ghali.
Certes, depuis le vendredi 29 avril au soir, les campeuses sur le site de l’aérodrome de la ville ont levé le camp à la suite, dit-on, des discussions avec les leaders de la CMA, mais ces dernières restent sur le qui-vive quant à la satisfaction d’un certain nombre de doléances qu’elles ont porté de vive voix et que leurs maris pensent tout bas.
Par ailleurs, ces évènements, qui ont érigé Zeina en femme leader du clan HCUA à Kidal contre Aminatou, la sœur du député d’Abeibara Ahmada Ag Bibi, désormais ex-leader des femmes, auparavant à la tête de ces marches de protestation, sont symptomatique de la rivalité et de la division qui ont refait surface entre les groupes armés, notamment le MNLA et le HCUA.
En tout état de cause, au lendemain des manifestations, l’aéroport de Kidal est presque complètement détruit et sera inutilisable pour un bon moment. Il faudra injecter plusieurs dizaines de millions de dollars pour réparer les dégâts et faire repartir l’activité aéroportuaire. Et la MINUSMA semble être la seule organisation sur place capable de payer la facture des dégâts.
Hervé Ladsous, secrétaire général adjoint des nations-unis pour la paix au Mali, arrivé dimanche en hélicoptère à Kidal, a déclaré qu’il est nécessaire de trouver un accord entre les différentes parties, qui pourrait garantir que des évènements comme la manifestation de Kidal ne se reproduisent pas.
En entendant, le responsable onusien a tenu tout de même à se poser certaines questions sur les circonstances ténébreuses ayant entouré la manifestation de Kidal.
« Comment est-ce que tout cela a pu se passer ? Comment a-t-on pu mettre en avant des enfants comme boucliers humains ? Comment peut-on lancer des cocktails Molotov sur les Casques bleus ?», s’interroge-t-il avant de conclure par cette conviction selon laquelle « rien de tout cela, au fond, n’était innocent » au regard de l’aéroport qui a été détruit et mis sens dessus dessous alors qu’il y a eu « beaucoup d’argent qui ont été dépensé », sans compter le fait que la MINUSMA a mis « beaucoup de temps et de moyens pour le remettre en état ».
En sous entendant l’importance de l’aéroport de Kidal, qui est utile aux populations qu’à la MINUSMA et à Barkhane, parce que servant à acheminer les personnes, du matériel, des médicaments mais aussi à faire atterrir les gros porteurs militaires et leurs chargements, le diplomate onusien a pointé du doigt cette « irresponsabilité » des manifestants, téléguidés par des mains sous marines, consistant à s’attaquer à cette infrastructure de haute portée sécuritaire et humanitaire.
« Et maintenant, cet aérodrome est inopérant. Et cela obère considérablement l’action de terrain des agents humanitaires et des différentes agences internationales ou non-gouvernementales ; ça les empêche simplement d’emmener les moyens nécessaires à Kidal. Il va falloir le faire par la route avec les complications que cela entraîne ou par hélicoptère, ce qui atteint très rapidement ses limites ; et évidemment pour nous, autant nous souhaitons et nous comprenons bien l’intérêt qu’il y aura à reconstruire l’aéroport et le remettre en état de fonctionnement ; mais, ce n’est pas pour tout de suite parce que ça demande du temps et de l’argent. Mais deuxièmement, surtout, on ne le fera que si on a un accord de toutes les parties sur place pour qu’un tel incident ne se reproduise pas », a indiqué M. Ladsous qui a vu dans cette opération autour de Kidal « une volonté délibérée de saboter le processus ».

Par Mohamed D. DIAWARA




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