Manifestation pour la libération de Ras Bath: 1 mort et plusieurs blessés

Interpellé par la gendarmerie du Camp I, la nuit du lundi au mardi 16 août, l’activiste animateur de l’émission « Carte sur table » de la radio Maliba FM, Mohamed Youssouf BATHILY dit Ras Bath, devrait comparaitre, hier mercredi 17 août, au tribunal de grande instance de la commune IV pour être situé sur son sort. Cette comparution n’a pas finalement eu lieu à cause de la grande mobilisation de ses fans qui a fini par dégénérer et s’est soldée par 1 mort, des blessés et des véhicules calcinés.

Tôt le matin, les supporters de Mohamed Youssouf BATHILY dit Ras Bath ont pris d’assaut le tribunal de grande instance de la commune IV pour être des témoins oculaires de ce jugement. Ils étaient des milliers de jeunes garçons et jeunes filles à scander devant le tribunal des slogans : « Libérez Ras Bath », « Vive la liberté d’expression »… Aussi, les manifestants brandissaient des pancartes sur lesquelles on pouvait lire ces mêmes slogans.
Compte tenu de l’ampleur de la manifestation, les audiences du jour au tribunal ont été suspendues par le président du tribunal. Entre temps, des renforts à bord des pick-up de la police, de la gendarmerie et de la garde nationale arrivaient pour prêter main-forte afin que la situation ne soit pas hors contrôle.
Les compagnons de l’activiste du mouvement les Sofas de la République étaient également sortis en grand nombre. Malgré la détermination des forces de l’ordre, les manifestants étaient ne voulaient reculer devant rien. C’est le rappeur Ismaël DOUCOURE dit Master Soumi qui s’est déployé de toutes ses forces pour appeler les manifestants au calme et à la raison. Il a estimé que les manifestants devaient laisser la justice faire son travail dans la tranquillité, le calme et la sérénité. Le rappeur Master a affirmé comprendre l’excitation de la foule tant Ras Bath est un personnage public qui a toujours défendu la cause des plus faibles.
L’avocat de l’interpellé, Me Maliki Ibrahim MAIGA, du cabinet d’avocats ‘’Zahara NOOR’’ a lui aussi tenté en vain de calmer la foule. Il a fait comprendre que quand un citoyen fait l’objet d’interpellation, la première chose à faire est de chercher à savoir pourquoi ? L’avocat Me MAIGA a expliqué qu’il ne savait rien de ce motif d’interpellation de son client avant de promettre de tout faire pour prouver que son arrestation ne se repose sur aucune preuve fondée, dans cette affaire.
« Soyons responsables. Rasta n’est pas violent. Laissez-nous faire notre travail. Nous exigerons des autorités judiciaires de nous expliquer la raison de l’arrestation de Ras bath. Ne posez aucun acte susceptible d’aggraver la situation qui prévaut déjà dans notre pays », a lancé Me Maliki Ibrahim MAIGA.
Ces appels au calme ont été infructueux, car dans la foule, il existait certaines personnes qui ne cherchaient rien à comprendre. Leur seul objectif semblait être dégénérescence de la manifestation afin de s’adonner à des actes de vandalisme. Finalement, c’est ce qui fut fait, face à des forces de l’ordre qui ne tarderont pas à être débordées.
La situation a vite viré au vinaigre quand les manifestants sont parvenus à casser la grande porte du tribunal. Pour les arrêter, les forces de l’ordre ont fait usage de gaz lacrymogène qui a contribué à mettre davantage de l’huile sur le feu. Les manifestants ont répliqué par des jets de cailloux et en incendiant des véhicules militaires et d’autres véhicules se trouvant dans la cour du tribunal.
Les alentours du tribunal furent rapidement transformés en un champ de bataille. Des barricades ont été érigées un peu partout sur les goudrons pour barrer la route aux renforts qui devaient venir appuyer les agents de sécurité sur place. Des pneus ont été également brulés et des cailloux et morceaux de bois ont été utilisés pour barricader les goudrons.
Le bilan de cette matinée de manifestation du mercredi très mouvementée en commune IV est sombre : 1 mort, plusieurs blessés, des véhicules incendiés, selon des sources officielles. Par ailleurs, une grande psychose s’est installée chez les voisins du tribunal et les passants, du moins au moment des manifestations.

PAR MODIBO KONE

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