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samedi 21 mai 2022
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« Manifeste de la Nation des Forces vives patriotiques »: la signature, en l’état, du pré Accord d’Alger est un acte de parjure et de haute trahison

Dans un document intitulé : « Manifeste de la Nation », des Forces vives patriotiques, réunies à la faveur d’une table ronde consacrée spécialement à l’examen critique du pré Accord d’Alger, et relevant l’analyse fausse et biaisée que le pré Accord d’Alger fait des causes profondes de la crise du Nord ainsi que les nombreuses contradictions et incohérences qui le caractérisent, sont montées au créneau pour dénoncer et rejeter le document de pré Accord d’Alger qui, en état actuel, hypothèque « l’unité nationale, l’indivisibilité du Mali ainsi que le caractère républicain, démocratique, unitaire et laïc de la République ».
Tout en mettant en garde les pouvoirs publics contre « l’acte de parjure et de haute trahison que consisterait la signature, en l’état, du pré Accord d’Alger », les forces vives patriotiques, constituées de la classe politique et des organisations de la société civile, opposent un niet catégorique à toute forme ouverte ou déguisée de partition du Mali, de légitimation de la rébellion armée comme mode d’expression politique ou de vassalisation de notre pays.
L’actualité étant aussi dominée par la crise sécuritaire au Nord et surtout par les événements survenus à Gao ayant occasionné la mort de trois personnes et de plusieurs blessés, suite à une manifestation contre la MINUSMA, le document condamne ce que ces forces vives appellent : « des connivences manifestes, néfastes et illégales entre certaines composantes de la MINUSMA et les groupes armés sécessionnistes ».
Nous vous proposons ci-dessous l’intégralité dudit Manifeste.

Table Ronde Globale de la Classe Politique et de la Société Civile sur le Processus d’Alger
Manifeste de la Nation
Nous, Nation malienne forgée à travers des siècles de brassage et de coexistence pacifique mutuellement bénéfique entre divers groupes ethniques et culturels ainsi qu’au cours d’une lutte héroïque commune contre le joug colonial étranger et pour la démocratie ;
Fermement décidés à défendre et à préserver notre souveraineté nationale et internationale ainsi qu’à restaurer l’intégrité territoriale de notre chère patrie, le Mali, dans ses frontières internationalement reconnues ;
Fidèles aux idéaux et aux valeurs du 22 septembre 1960 et du 26 mars 1991 ainsi qu’à la mémoire des martyrs de la lutte pour l’Indépendance, la construction nationale et la démocratie ;
Saluant la mémoire des victimes civiles et militaires tombées sur le champ de l’honneur dans la défense de la Patrie et de l’intégrité territoriale du Mali ;
Saluant la bravoure et l’engagement patriotique des populations des zones Nord du Mali, tout particulièrement les jeunes et les femmes de Gao qui se sont révoltés contre les plans machiavéliques des parrains extérieurs des groupes séparatistes visant à sanctuariser une ligne de partition du Mali;
Inlassablement dédiés à préserver et à renforcer l’unité nationale dans le respect et la valorisation de la diversité multiethnique et multiculturelle comme socle stabilisateur et fécondateur de la fraternité, de la concorde et de la solidarité nationales ;
Conscients des dimensions et des ramifications régionales et internationales de la crise multidimensionnelle qui secoue notre pays, particulièrement dans sa partie Nord ;
Résolument déterminés à défendre la Constitution du 12 janvier 1992 et le caractère républicain, démocratique, laïc et social de l’État et rappelant que le devoir premier de toute autorité publique est de respecter et faire respecter la Constitution de la République du Mali ;
Fermement convaincus que le cadre institutionnel démocratique qui prévaut en République du Mali autorise et favorise la recherche de solutions pacifiques et politiques à tous conflits internes ;
Conscients de ce que tout régime démocratique doit offrir des espaces d’épanouissement et d’expression pacifique pour tous les groupes acquis à l’unité nationale et au progrès social ainsi que des formules et mécanismes institutionnels d’accommodation d’intérêts spécifiques compatibles avec l’intérêt général;
Fermement attachés à rendre effective et opérationnelle une décentralisation conforme au principe de libre administration des collectivités, non gangrenée par la corruption, non ‘’captée’’ par des mafias locales et servant les intérêts réels des populations ;
Notant que la régionalisation telle que proposée, n’est qu’un cheval de Troie pour la Confédération comme antichambre de la partition ;
Notant que l’affaiblissement de l’État central sous l’effet corrosif de la corruption des élites politiques, militaires et économiques ainsi que des politiques et pratiques de certains partenaires extérieurs contournant l’État au profit de féodalités locales ou de groupes d’intérêt particulier, a suscité et favorisé l’émergence de forces centrifuges et de vides que des groupes extrémistes ou obscurantistes se sont empressés de chercher à occuper;
Convaincus que seul un État fort non prédateur, orienté vers le développement, motivé par l’intérêt général et capable de faire prévaloir l’intérêt national dans un partenariat bien compris avec la communauté internationale, peut impulser et conduire les indispensables réformes démocratiques, économiques et sociales ainsi que l’énorme effort de reconstruction et d’aménagement du territoire qu’appelle une gestion durable de l’après-conflit ;
Conscients de l’incontournable nécessité pour notre pays de se reconstruire sans délai un outil national crédible de défense et de sécurité et de reprendre l’initiative politique et diplomatique pour tout ce qui concerne le Nord, l’organisation administrative du Mali et le cadre institutionnel du jeu démocratique ;
Conscients en outre de l’importance du changement climatique comme facteur d’exacerbation des conflits et des luttes intra et intercommunautaires autour du contrôle des ressources naturelles ;
Notant que, sous couvert de ‘’régionalisation’’, le pré Accord d’Alger organise en réalité un système confédéral ouvrant la porte, en fait et en droit, à la partition du Mali ;
Notant, en outre, que ledit Accord foule aux pieds la Constitution de la République du Mali et tend à restaurer dans notre pays l’ordre politique colonial ;
Relevant l’analyse fausse et biaisée que le pré Accord d’Alger fait des causes profondes de la crise du Nord ainsi que les nombreuses contradictions et incohérences qui le caractérisent ;
Décidés à assurer l’effectivité du principe cardinal d’appropriation nationale démocratique et inclusive du processus de paix sous le leadership des autorités nationales légitimes, mais avec l’implication réelle des Forces Vives de la Nation représentées ou non au sein du Parlement ;

Manifestons solennellement devant le Peuple et devant l’Histoire :
1. Notre rejet total du pré Accord d’Alger parce qu’hypothéquant, en l’état, l’unité nationale, l’indivisibilité du Mali ainsi que le caractère républicain, démocratique, unitaire et laïc de la République ;
2. Notre mise en garde à toute autorité publique malienne contre l’acte de parjure et de haute trahison que consisterait la signature, en l’état, du pré Accord d’Alger ;
3. Notre opposition à toute forme ouverte ou déguisée de partition du Mali, de légitimation de la rébellion armée comme mode d’expression politique ou de vassalisation de notre pays ;
4. Notre dénonciation indignée des interférences extérieures hostiles à l’intégrité territoriale et au contrôle souverain de notre Peuple sur ses ressources naturelles terrestres, sous-terraines et aériennes ;
5. Notre condamnation des connivences manifestes, néfastes et illégales entre certaines composantes de la MINUSMA et les groupes armés sécessionnistes ;
6. Notre appel pressant au Conseil de Sécurité des Nations Unies pour qu’il honore et fasse respecter, y compris par les puissances extra-africaines et par la MINUSMA, ses propres résolutions relatives à la crise malienne, notamment le désarmement des groupes armés et la restauration de l’autorité de l’État malien sur l’ensemble du territoire de notre pays dans ses frontières internationalement reconnues ;
7. Notre rejet de toute notion de ‘’neutralité’’ de la MINUSMA entre l’Etat malien et les groupes armés, laquelle neutralité est une négation flagrante de la mission officielle de la Force onusienne ;
8. Notre exigence d’une clarification et d’un renforcement du mandat de la MINUSMA pour faire de celle-ci une véritable Force de combat chargée d’épauler sans équivoque les Forces Armées et de Sécurité maliennes dans la neutralisation des groupes armés et de toutes les forces négatives menaçant l’intégrité territoriale du Mali ou le caractère républicain et laïc de l’État malien;
9. Notre exigence d’un cantonnement immédiatement et d’un désarmement complet, vérifiable et sans conditions ainsi que d’une dissolution sans délai de tous groupes armés hostiles à l’intégrité territoriale du Mali et au caractère républicain, démocratique, laïc, unitaire et social de l’État malien ;
10. Notre demande pressante d’un redéploiement de l’Administration et des Forces Armées et de Sécurité du Mali sur l’ensemble du territoire national ;
11. Notre ouverture à tous partenariats gagnant-gagnant avec toutes puissances africaines ou extra- africaines respectueux de la souveraineté du Mali, du droit de notre Peuple à disposer librement et souverainement des nos ressources naturelles à caractère stratégique et s’engageant à cesser ou s’abstenir de tout appui direct ou indirect, politique, diplomatique, financier, matériel ou médiatique à tous groupes armés séparatistes, jihadistes ou terroristes ;
12. Notre rejet total de toute impunité pour les crimes de guerre et autres crimes contre l’Humanité commis dans le Nord de notre pays, y compris les graves violations des droits humains, les violences sexuelles et les destructions d’édifices culturels et de biens publics et privés;
13. Notre insistance que des mandats d’arrêt nationaux et internationaux soient lancés ou rétablis contre les leaders politiques et militaires des groupes armés ;
14. Notre exigence que tous élus nationaux ou locaux ayant rejoint les rangs de la rébellion ou des groupes jihadistes soient déchus de leurs mandats électifs et poursuivis pour haute trahison ;
15. Notre demande pressante que soit adoptée et fermement appliquée une législation dissuasive criminalisant l’apologie du terrorisme, du jihadisme et du séparatisme;
16. Notre insistance pour que les officiers déserteurs ayant rejoint les rangs des groupes séparatistes ou jihadistes soient traduits devant la justice militaire et déclarés inéligibles pour toute éventuelle réintégration dans les corps civils, militaires ou paramilitaires de l’État ;
17. Notre attachement à une solution politique fondée sur l’appropriation nationale du processus de sortie de crise, le dialogue intra et inter communautaire, le démantèlement des survivances féodales, esclavagistes et racistes, l’égalité des chances et des actions de développement durable bénéficiant à toutes les couches sociales et à toutes les zones du Mali, l’effectivité de la décentralisation en parallèle avec le renforcement des capacités de l’État central et le réarmement moral et matériel des Forces Armées et de Sécurité;
18. Notre détermination à assurer, dans des conditions humainement décentes, le retour des réfugiés et personnes déplacées internes et leur réinsertion harmonieuse dans le tissu économique, social et politique de leurs communautés d’origine ou d’adoption;
19. Notre condamnation de toutes activités criminelles liées au narco trafic, aux prises d’otages et au commerce illicite transfrontalier ainsi que de leurs auteurs, commanditaires, complices et clients ;
20. Notre exigence que les États d’origine, destinataires et ou/consommateurs de drogues et les établissements financiers dépositaires des flux financiers générés par ces trafics criminels et mafieux s’abstiennent de toute activité de blanchiment et luttent plus efficacement contre la criminalité transfrontalière ;
21. Notre demande que le blanchiment de flux financiers d’origine criminelle liés aux trafics mafieux dans la zone sahélo-saharienne soit internationalement déclaré crime de guerre et crime contre l’humanité ;
22. Notre exigence que les institutions financières internationales ainsi que l’ensemble des autres partenaires techniques ou financiers bila- téraux et multilatéraux révisent de fond en comble leurs conditionnalités et leurs modes opératoires ayant contribué à affaiblir et à décrédibiliser l’État central ainsi qu’à aggraver la pauvreté et la déstructuration de l’économie et de la société, faisant ainsi le lit des extrémistes et des forces obscurantistes et anti démocratiques ;
23. Notre exigence que l’aide extérieure, y compris celle distribuée par ou à travers les ONGs et autres ‘’Agences humanitaires’’ nationales ou étrangères, soit placée le sous contrôle de l’État central ;
24. Notre engagement à préserver l’environnement et à promouvoir une gestion durable et équitable des ressources naturelles, y compris la terre, les zones de pâturage et les eaux souterraines et de surface, notamment en faveur des couches les plus vulnérables et défavorisées ;
25. Notre détermination à promouvoir l’émancipation culturelle, économique, politique et sociale de la femme ;
26. Notre ouverture sur les valeurs positives de la mondialisation tout en en combattant les aspects et effets pervers en préservant nos valeurs positives de société ;
27. Notre attachement au dialogue des civilisations, au respect de toutes les confessions religieuses et de leurs symboles dans le rejet de toutes provocations et de toutes actions terroristes ;
28. Notre détermination à obtenir la convocation d’un Congrès Extraordinaire du Peuple malien / Cadre de concertation, de mobilisation et d’actions populaires autour de la crise du Nord chargé, entre autres, de convenir d’un Plan National de sortie de crise élaboré avec la participation concrète de toutes les parties prenantes qui se reconnaissent dans la Nation et dans la République du Mali, démocratique, laïque, une et indivisible;
29. Notre exigence d’un engagement solennel écrit des puissances africaines et extra africaines, y compris et en premier lieu, les États et Organisations membres de la Médiation internationale ainsi que tous pays et Organisations disposant de troupes sur notre territoire, à cesser immédiatement tout appui direct ou indirect, ouvert ou déguisé, politique, diplomatique, médiatique, militaire, logistique ou financier à tous groupes armés et à ne rien entreprendre ou encourager qui puisse mettre en danger le caractère républicain, démocratique, laïc, social et unitaire de l’État malien ;
30. Notre condamnation ferme de toute notion de ‘’neutralité’’ de la MINUSMA entre l’État malien et des groupes armés hostiles à l’intégrité territoriale et à la laïcité de la République du Mali ;
31. Notre exigence que tout projet d’Accord sur le Nord soit soumit avant toute signature à l’approbation préalable des forces vives de la nation dans un cadre approprié ;
32. Notre ferme conviction que l’indispensable mutualisation régionale des efforts et des forces dans la lutte contre le crime transfrontalier et les menaces séparatistes et terroristes ne peut être efficace que si elle s’appuie sur des Forces Armées nationales crédibles, bien équipées, hautement motivées et convenablement encadrées ainsi que sur des services de renseignements nationaux efficaces, sans préjudice de coopération internationale avec tous pays et Organisations respectueux du principe d’appropriation et de leadership africains;
33. Notre détermination à tout mettre en œuvre pour qu’aucune base militaire étrangère ne subsiste dans notre pays dans un délai maximum de cinq ans qui sera mis à profit pour concevoir et mener à bien une véritable reconstruction de nos Forces Armées et de Sécurité suivant un concept stratégique et opérationnel de défense et de sécurité conçu et élaboré par le Mali lui-même en fonction des menaces et défis immédiats ou à moyen et long termes, pouvant intégrer des composantes de coopération militaire et sécuritaire avec tous pays et Organisations respectueux de la souveraineté et de l’intégrité territoriale du Mali;
34. Notre opposition à l’installation de toute ligne de partition du Mali sous le couvert de ‘’gel’’ ou de zone-tampon ;
35. Notre volonté d’entreprendre des actions de re-légitimation de l’État (lutte vigoureuse contre la corruption dans les milieux tant civils que militaires, solution à la crise de l’école et du chômage des jeunes, lutte contre l’accaparement des terres rurales et la spéculation dans l’immobilier urbain et péri urbain, lutte contre la fraude fiscale et douanière, assainissement, transparence et préférence nationale dans les marchés publics, amélioration de l’accessibilité économique et géographique de la santé et des autres services sociaux de base, plus grande justice sociale, amélioration significative du pouvoir d’achat, amélioration nette des incitations à l’investissement productif, préservation des intérêts des générations futures, promotion politique, économique, sociale et culturelle de la femme en milieux urbain et rural, plus grande protection de la diaspora, amélioration du cadre de vie et du niveau scientifique, technique et technologique du monde rural, assainissement et accessibilité de la justice et des services de police, etc.) comme moyens de neutralisation de la campagne des groupes hostiles à la démocratie et au progrès social ;
36. Notre détermination à reformer l’État dans le sens d’une plus grande efficacité ainsi que d’une transparence et une responsabilité (reddition de comptes) accrues dans la gestion des affaires et des ressources publiques au bénéfice du Peuple ;
37. Notre reconnaissance à la CEDEAO et à l’Union Africaine pour leur présence aux côtés du Mali dans la recherche de solutions de sortie de crise et notre appel afin qu’elles jouent plus pleinement leur rôle d’organisations au service exclusif de l’Afrique.

La Table ronde décide de la mise en place d’un Cadre de concertation de mobilisation et d’actions populaires. Un groupe de réflexion est chargé d’en proposer le format et les termes de référence.

Elle demande à tous les participants d’entreprendre une large sensibilisation et une grande médiatisation du Manifeste de la Nation.
Nous remercions la communauté internationale pour sa mobilisation en faveur de notre pays depuis le début de la crise et l’invitons instamment à soutenir plus franchement et sans subterfuge les efforts du Mali pour le retour de la paix, pour la réconciliation nationale et l’amélioration des conditions de vie des Maliens. Toutefois, nous engageons les pouvoirs publics à reprendre sans délai l’initiative politique et diplomatique du processus de sortie de crise et à faire preuve de vigilance et de discernement par rapport aux enjeux réels de cette crise.
Prenant notre Peuple et la communauté internationale à témoin, nous accomplirons notre devoir de génération en réalisant la libération totale du Nord, la restauration de l’intégrité territoriale et de l’unité nationale ainsi que le retour de la concorde nationale dans le cadre d’un Mali laïc, plus fort, plus uni, plus démocratique, et offrant des chances égales à tous ses enfants et dans toutes nos régions.

Vive le Mali uni, unitaire, démocratique, laïc et prospère !




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